Apprendre la langue dans un oulpan
L'apprentissage de la langue dans un oulpan implique la participation des élèves. L'enseignement est bâti sur le principe de la conversation. Les élèves parlent, pratiquent et répètent, intégrant les règles de la langue au fur et à mesure de leur progression. Le vocabulaire est acquis, non par la traduction mais par la démonstration, et souvent sous la forme de tournures idiomatiques et d'expressions plutôt que sous la forme de mots isolés. La grammaire est assimilée grâce à la pratique quotidienne intensive des structures de la langue, et non par un apprentissage par cur.
Chaque chapitre du programme d'étude dans un oulpan est construit autour d'une situation pratique voyager en autobus, se rendre au bureau de poste, au restaurant ou au supermarché. Les élèves utilisent la langue de façon naturelle en reproduisant ces situations en classe, en étudiant le vocabulaire approprié, les structures de la langue et le comportement social.
L'objectif premier de l'oulpan est d'ordre pratique : aider les nouveaux arrivants à fonctionner le plus rapidement possible dans un environnement qui parle l'hébreu. Les premières leçons dispensées sont aussi les plus utiles et non les plus faciles. L'accent est mis sur le dialogue et les tactiques de conversation, et l'étude de l'actualité dans le pays d'après les journaux, la radio et la télévision constitue une partie importante du programme.
Le contexte culturel
L'hébreu est enseigné non seulement comme une clé pour ouvrir les portes de la société israélienne mais également comme le moyen de se relier à l'héritage juif. La langue est présentée comme faisant partie intégrante de l'histoire et du patrimoine religieux et culturel du peuple juif. Les fêtes juives sont célébrées dans l'oulpan ; les élèves participent à des représentations théâtrales en hébreu ; et des excursions à travers le pays figurent au programme.
Ce cadre culturel intense d'enseignement de la langue a fait de l'oulpan un modèle attrayant pour d'autres nations tentant de ressusciter les langues perdues de leurs propres cultures. L'Azerbaïdjan, le Pays de Galles, la Catalogne et la Nouvelle Zélande ont tous calqué leur enseignement de la langue sur l'exemple de l'oulpan, les Gallois ayant même conservé le mot "oulpan" pour désigner leurs écoles de langues.
Particularités pratiques et pédagogiques
Depuis 1949, 1 220 000 personnes ont étudié dans des oulpanim.
L'apprentissage en oulpan est intensif. Une session classique dure cinq mois, à raison de 28 heures de cours par semaine. Le nombre des élèves par classe est généralement limité à 20 et les cours comportent trois niveaux : débutant, intermédiaire et avancé. L'accent est mis autant sur la conversation que sur la lecture et l'écriture.
En dépit de la cordialité et de son caractère apparemment informel, la classe d'oulpan typique est sous-tendue par une solide philosophie de l'enseignement reposant sur trois hypothèses de base :
- l'acquisition d'une nouvelle langue requiert l'acquisition de nouvelles habitudes
- les nouvelles habitudes s'acquièrent grâce à une pratique intensive
- l'adulte débutant, contrairement à l'enfant, doit apprendre la nouvelle langue progressivement et de façon cohérente ; le vocabulaire et notamment les structures de la langue doivent être enseignés de façon systématique et renforcés par des exercices.
A la fin de l'oulpan, les débutants peuvent espérer maîtriser un vocabulaire de base de 2 000 mots qu'ils savent lire, écrire et prononcer. Les élèves des niveaux intermédiaire et avancé seront dotés d'outils linguistiques plus sophistiqués pour exprimer leurs opinions et leurs sentiments, tout en connaissant mieux l'histoire, la géographie, la structure politique et la culture d'Israël. Des tests oraux et écrits conçus dans le cadre du programme permettent aux enseignants de suivre les progrès de chaque élève.
Variations sur le thème de l'oulpan
Le succès retentissant enregistré par l'approche de l'oulpan en tant que porte d'entrée linguistique et culturelle pour les nouveaux arrivants a conduit à son expansion et à son adaptation. Les premiers oulpanim étaient des internats. Aujourd'hui, les élèves peuvent choisir d'être internes ou externes. Ils ont également le choix entre l'oulpan traditionnel ou l'un des nombreux types d'oulpanim spécialisés. Il existe désormais des oulpanim spéciaux pour :
- les personnes âgées appelés "oulpanim en or"
- les malentendants et les sourds
- les mal-voyants et les aveugles
- les handicapés mentaux
Il existe encore des oulpanim à plein temps ("Premier foyer dans la patrie") et associés à des programmes de travail et d'étude ("oulpan-kibboutz") pour ceux qui veulent connaître la vie au kibboutz ; les oulpanim et oulpaniot (de moindre durée) sont destinés aux hébraïsants désireux d'améliorer leur maîtrise de la langue ; certains oulpanim sont conçus spécialement pour les membres de professions requérant un vocabulaire spécialisé (comme les médecins, les enseignants et les comptables) ; d'autres programmes d'oulpan, en internat ou en externat, s'adressent aux non-juifs partiellement hébraïsés, désireux de se convertir au judaïsme.
L'Oulpan Akiva, situé à Netanya, est unique en son genre. Son programme d'enseignement comporte un volet supplémentaire : il vise à rassembler les juifs israéliens et ceux de la diaspora, ainsi que les juifs de ces communautés et les Arabes et Druzes israéliens.