|
Zoom sur Israel- Le Kibboutz |
|
|
|
|
| |
| |
|
|

Le Kibboutz
Où, pourquoi, quand, comment
Octobre 1999
|
 |
|
| |
| |
|
|
par Jon Feldler, journaliste, membre du kibboutz Beit Ha'emek
|
| |
| |
Ein Harod
W. Braun
|
|
Un instantané
Il y a un siècle environ, un petit groupe de jeunes immigrants juifs originaires d'Europe de l'Est, mus par les idéaux sioniste et socialiste, fondaient sur les rives du lac de Tibériade la première kvoutza ( groupe en hébreu, groupement auquel fut ultérieurement donné le nom de kibboutz, communauté basée sur l'adhésion à un même mode de vie rural).
Leur kvoutza, ils la voulaient cohérente et égalitaire, fondée sur la propriété collective des moyens de production et de consommation. Un cadre de vie où tous les membres prenaient les décisions de concert et à la majorité, et se partageaient équitablement les droits et les devoirs.
|
| |
| |
Ashdot Ya'acov
AYT -
Archives Yad Tabenkin (Mouvement kibboutzique unifié)
|
|
En dépit de ses revers économiques et du déclin de ses grands idéaux, l'institution du kibboutz demeure, de nos jours encore, le plus grand mouvement communautaire au monde.
A l'heure actuelle, près de 120 500 personnes vivent dans les 269 kibboutzim d'Israël disséminés depuis le plateau du Golan au nord jusqu'à la mer Rouge au sud. Leurs effectifs varient entre moins de 100 membres à plus de 1000 pour certains, la majorité recensant une population de quelques centaines de membres.
Si chaque kibboutz jouit de son autonomie sociale et économique, un certain nombre de fédérations coordonnent les activités de leurs affiliés, auxquels elles fournissent leurs services. A la principale le Mouvement kibboutzique unifié, connu sous l'acronyme hébreu TAKAM sont affiliés environ 60 pour cent des kibboutzim. Quelque 32 pour cent appartiennent au mouvement du Kibboutz Artsi. La troisième fédération, celle du Kibboutz Dati (kibboutz religieux), rallie six pour cent des kibboutzim. Enfin, deux kibboutzim ultra-orthodoxes sont affiliés au parti Poalei Agoudat Yisrael.
Physiquement parlant, la plupart des kibboutzim sont conçus sur le même modèle : au centre se déploient les édifices communs tels que réfectoire, auditorium, bureaux et bibliothèque, entourés par des jardins et les maisons de leurs membres ; légérement décentrés sont les bâtiments et les équipements sportifs ; les champs, vergers et bâtiments industriels enfin se trouvent à la périphérie.
Le kibboutz est, par définition :
... une communauté délibérément formée par ses membres, à vocation essentiellement agricole, où il n'existe pas de propriété privée et qui est censée pourvoir à tous les besoins de ses membres et de leurs familles.
(Encyclopedia Judaica, 1969)
... une unité de peuplement dont les membres sont organisés en collectivité sur la base de la propriété commune des biens, préconisant le travail individuel, l'égalité entre tous et la coopération de tous les membres dans tous les domaines de la production, de la consommation et de l'éducation.
(Définition juridique figurant dans le Registre des sociétés coopératives)
Les débuts
|
| |
| |
Guivat Brener
YTA
Ashdot Ya'acov
YTA
|
|
En 1909, un groupe de jeunes pionniers qui asséchaient des marais près de Hadera et vivaient en communauté, décidèrent d'établir à Degania une exploitation agricole autonome dont les membres en seraient co-propriétaires. Ce fut la première kvoutza. D'autres groupes suivirent cet exemple et, à l'époque de la Deuxième Guerre mondiale, la Palestine recensait plus de trente communautés de ce genre.
Les pères fondateurs du kibboutz étaient arrivés essentiellement de Russie vers la fin du XIXe et au début du XXe siècle. Imbus des idéaux socialistes et de l'esprit d'une époque qui déboucha sur la Révolution russe, ils étaient aussi profondément sionistes, préconisaient le retour au pays d'Israël et l'amendement de ses terres, et partageaient la conviction qu'ils hâteraient par ce moyen la création d'une nouvelle identité juive. Leurs initiatives exprimaient leur visée politique : l'établissement de colonies juives en Palestine.
Les premières communautés, qui se considéraient comme des familles au sens large, ne se souciaient pas particulièrement d'accroître leurs effectifs : Degania, par exemple, recensait en 1913-1914 à peine 28 membres, aussi démunis les uns que les autres. La vie était dure, les travaux centrés sur l'agriculture, laquelle impliquait l'assèchement des marais, l'épierrage des collines et la fertilisation de terrains désertiques. Le tout sur fond de chaleur torride, de paludisme endémique et de maladies intestinales.
La vie sociale se déroulait au réfectoire, où tous les membres se retrouvaient pour prendre leurs repas et discuter. Les décisions étaient prises par l'assemblée générale, au vote majoritaire. Au cours des débats, qui souvent se poursuivaient tard dans la nuit, les membres décidaient de l'attribution des travaux quotidiens, des corvées de cuisine et autres, et traitaient également des problèmes d'actualité.
La croissance
|
| |
| |
Elrom
W. Braun
|
|
Dans les années vingt et trente, ces jeunes pionniers, célibataires au départ, étant devenus pères et mères de famille, il fallut créer des écoles et des logements collectifs pour leurs enfants. Les petits ateliers, essentiellement agricoles, qui commencèrent à faire leur apparition à cette époque, devinrent vite des entreprises rentables. Ce fut une période d'émergence, la kvoutza se fit kibboutz, avec pour visée de devenir une grande communauté autonome combinant agriculture et industrie.
Les années trente virent aussi les débuts du mouvement kibboutzique religieux qui, à l'instar de ses prédécesseurs laïques, prônait des idéaux basés certes sur l'égalité, la solidarité entre tous les membres et la construction du pays, mais avec une finalité différente : la réalisation d'un mode de vie spécifiquement juif.
Vers 1948, lors des années cruciales de la création de l'Etat, les kibboutzim étaient non seulement parvenus à créer une structure sociale spécifique, mais encore jouaient un rôle majeur dans la hiérarchie civile et militaire. Ils occupaient une place décisive en matière de peuplement des régions isolées et des zones frontalières du pays, participant activement à l'intégration des immigrants, ainsi qu'à la défense et au développement agricole du jeune Etat. Quand ces fonctions passèrent sous la coupe du gouvernement, les interactions entre les kibboutzim et le reste de la société israélienne se firent moins fréquentes, sans toutefois cesser complètement. De nos jours, elles sont devenues marginales.
Les premières décennies qui suivirent la création de l'Etat, si elles connurent des fortunes diverses, se traduisirent toutefois par une croissance accélérée des kibboutzim, sur le plan démographique comme sur le plan économique. Une troisième, puis une quatrième génération de kibboutzniks, vinrent agrandir les unités familiales. Le niveau de vie s'améliora à un rythme, qui, au cours des années soixante, dépassait celui du reste de la société israélienne. Pendant les 75 années qui suivirent sa création, la population des kibboutzim s'est constamment accrue, tandis que depuis 1990, elle accuse un lent déclin.
La crise des annees 80 et 90
Au cours des années quatre-vingt, une inflation galopante (à trois chiffres !) et des taux d'intérêt exorbitants provoquèrent une récession quasiment fatale pour les usines des kibboutzim (au même titre d'ailleurs que pour leurs partenaires des villes), avec des incidences regrettables pour toutes les collectivités dont ces entreprises assuraient la survie. L'inflation (qui atteignit le chiffre record de 450 % en 1984 !) provoqua une hausse spectaculaire des dettes des kibboutzim aux banques. Cette instabilité entraîna de graves difficultés de trésorerie pour les kibboutzim, lesquels avaient emprunté massivement pour créer des industries et modifier leurs structures internes.
Le gouvernement, les banques et les fédérations kibboutziques parvinrent à deux grands accords censés restructurer, voire annuler, les dettes des kibboutzim. Le prix fut exorbitant : certains kibboutzim furent contraints de vendre des terres arables pour couvrir leurs dettes, d'autres durent opérer des coupes claires dans leurs budgets de fonctionnement : restrictions des dépenses, ainsi que l'abandon des anciennes convictions idéologiques, essentiellement pour ce qui concerne le principe d'égalité entre les membres.
Des facteurs d'ordre international et national ont exercé leur influence sur l'idéologie kibboutzique, en particulier la chute de l'Union soviétique. Les membres des kibboutzim passent plus de temps en voyage à l'étranger et se trouvent exposés aux nouvelles technologies de communications globales ; la télévision par câble ou par satellite a été introduite dans de nombreux foyers ; l'utilisation d'ordinateurs et la généralisation de l'Internet, au travail comme dans les foyers, augmente rapidement.
En conséquence on assiste à un mouvement sans précédent de remise en question, de réexamen des grands principes fondateurs et des valeurs dont les remous se produisent même de nos jours.
|
| |
| |
Guivat Haïm Ihud
YTA/Palphot
Barkai
W. Braun
Revivim
W. Braun
Ma'aleh Hahamisha
YTA/Palphot
|
|
Les sources de revenu
Autrefois
Au début, l'économie du kibboutz était entièrement fondée sur l'agriculture ; plus tard, sur l'agriculture et l'industrie.
Maintenant
La production agricole des kibboutzim continue de tenir une place considérable sur le plan national, mais son importance relative a diminué. A l'heure actuelle 15 % seulement des membres travaillent dans l'agriculture.
Le taux de production industrielle s'est stabilisé. Ces dernières années, le nombre de membres travaillant à l'extérieur du kibboutz dans les services a augmenté.
De plus en plus de kibboutzim gèrent des entreprises commerciales telles que laveries, restaurants, jardins d'enfants et piscines. Ils sont devenus des pôles d'attraction du tourisme rural, pour les emplettes de fin de semaine et les loisirs.
L'égalite
Autrefois
Plusieurs décennies durant, les kibboutzim préconisèrent une égalité totale entre leurs membres, fondée sur le principe : à chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins . Le kibboutz fournissait tout un éventail de prestations à ses membres : de la pâte dentifrice au logement, de la lune de miel aux jeunes mariés à l'aide financière aux parents de ses membres vivant à l'extérieur. En échange, les nouveaux membres étaient censés transférer dans la caisse commune tous leurs biens, à l'exception de leurs effets personnels.
Maintenant
Le principe de l'égalité absolue entre tous les membres a fait long feu. Les kibboutzim s'efforcent dans la mesure du possible de minimiser les inégalités en matière de prestations communes à l'égard de leurs membres nourriture, soins médicaux et éducation. Mais dans la réalité, le kibboutz ne cherche plus à éviter les sources essentielles d'inégalité entre ses membres : les revenus privés tels que les héritages ou les loyers perçus sur des appartements en ville ne sont plus systématiquement reversés dans la caisse commune.
Rétributions et revenus
Autrefois
Les membres des kibboutzim recevaient une allocation mensuelle calculée en fonction du nombre de membres de l'unité familiale, quelle que fut la nature de leur travail. Cette allocation était destinée à des achats particuliers : vêtements, journaux et congés (v. plus bas Besoins élémentaires ).
Maintenant
Un nombre restreint mais croissant de kibboutzim a désormais adopté une échelle de salaires différenciés, chose qui jusque récemment, était considérée comme une véritable hérésie.
Les nouvelles options prévoient un salaire minimum pour tous et des rétributions nettement supérieures pour les membres âgés, pour ceux investis de responsabilités à l'intérieur du kibboutz ou ceux qui travaillent à l'extérieur. Les allocations accordées aux membres ont été considérablement augmentées, permettant d'acquérir plus de biens de consommation. Les membres peuvent choisir entre prendre leurs repas chez eux ou au réfectoire où ils sont subventionnés.
Travail
Autrefois
Le principe directeur essentiel de l'époque : tout faire soi-même, éviter à tout prix d'employer des travailleurs salariés. Par rotation, la gestion était partagée entre les responsables des différents secteurs d'activité élus pour une période donnée puis remplacés par d'autres membres du kibboutz. Qu'ils fussent dirigeants chargés notamment de la répartition des tâches - ou simples ouvriers, tous les membres étaient considérés à parité. Seules activités professionnelles autorisées hors des limites du kibboutz : l'activité au profit de la fédération à laquelle était affilié le kibboutz.
Maintenant
De façon générale, les membres ont désormais le droit de refuser les emplois qui leur sont proposés par le kibboutz. Ils peuvent travailler à l'extérieur et il n'existe plus de limitations au travail salarié, voire au recrutement de travailleurs étrangers. A l'heure actuelle, les membres ne représentent plus que 40 % de la main-d'uvre des usines des kibboutzim. Quant au système de la rotation, sacro-saint à l'époque, il a quasiment disparu.
Besoins élémentaires
Autrefois
Les membres du kibboutz se soumettaient aux principes de responsabilité mutuelle et de solidarité, de satisfaction des besoins fondamentaux de l'individu : emploi, logement, nourriture, transport, soins médicaux et éducation.
Maintenant
|
| |
| |
Bror Hayil
YTA/Palphot
|
|
Les principes de gestion des besoins élémentaires des membres des kibboutzim sont toujours en vigueur, bien que de portée nettement plus restreinte. La contribution du kibboutz aux frais de nourriture, d'énergie, d'habillement, de transport, d'entretien des ménages, d'éducation informelle et de certains frais médicaux considérés comme accessoires est certes définie, mais les membres sont désormais tenus d'y participer dans la mesure où ils outrepassent les budgets qui leur sont attribués.
Démocratie
|
| |
| |
|
|
Autrefois
Le système de gestion autonome était concrétisé par l'assemblée générale prenant les décisions importantes et procédant à l'élection des commissions et des responsables.
Maintenant
De nombreux kibboutzim continuent d'organiser des assemblées générales. Mais le système démocratique de participation directe a été remplacé par des délégués et par le vote au ballotage.
La propriété commune
Autrefois
La propriété commune de tous les biens et la maîtrise collective des moyens de production étaient des principes directeurs que nul ne remettait en question. Les décisions importantes relatives à tous les aspects de la vie au kibboutz étaient prises en assemblée générale, en présence de tous les membres du kibboutz.
Maintenant
Les biens du kibboutz sont toujours la propriété commune de tous les membres. Mais le contrôle par les membres des moyens de production s'est considérablement réduit, résultat inévitable de l'expansion industrielle et du nombre croissant d'entreprises à risques partagés établies avec des partenaires privés dans les secteurs manufacturier, agricole et touristique. Autre facteur : le nombre croissant de directeurs commerciaux et de cadres de la production en provenance du marché privé embauchés dans les usines des kibboutzim.
La vie de famille
|
| |
| |
Ein Harod
YTA
B. Lamir
|
|
Autrefois
Partie intégrante d'une idéologie prônant l'éducation en commun, les enfants vivaient dans des maisons séparées de leurs parents, où ils jouaient, étudiaient et dormaient sous le même toit. Les adultes s'occupaient de leurs enfants une fois achevées les tâches quotidiennes au kibboutz.
Maintenant
Depuis les années soixante-dix, la vie au kibboutz est focalisée sur l'unité familiale. Les enfants sont désormais élevés par leurs parents et toute la famille vit sous le même toit.
Vie sociale et culturelle
Autrefois
Avant l'établissement de l'Etat d'Israël, à une époque où les kibboutzim étaient encore de petites entités, leur vie sociale et culturelle était caractérisée par un esprit de camaraderie et un sentiment d'appartenance à une même famille qui s'exprimaient dans les implications de chaque membre en matière de planification et d'organisation des activités : feux de camp, randonnées, chorales et danses folkloriques. Chaque kibboutz nommait un responsable chargé d'organiser et de coordonner ses activités culturelles. Les kibboutzim " laïques " adaptaient le rituel des fêtes juives à leur idéologie, en particulier quand il s'agissait de fêtes à vocation agricole comme Pâque, Shavouot ou Souccot. Depuis la fondation de l'Etat, la célébration du Jour de l'Indépendance et l'observance de la Journée du Souvenir pour les morts de la patrie et du Jour de la Shoah ont été ajoutées au calendrier annuel.
Maintenant
Avec l'avènement de la télévision par câble et satellite, du magnétoscope et des micro-ordinateurs, les loisirs sont devenus plus familiaux.
Parallèlement, plusieurs conseils régionaux proposent à l'heure actuelle un large répertoire de manifestations culturelles aux kibboutzim et aux localités placées sous leur juridiction. En général, les kibboutzim non religieux continuent de célébrer en commun les fêtes juives, les bar-mitsva et bat-mitsva (confirmation religieuse). Les mariages, quant à eux, sont devenus des fêtes de famille, célébrés en présence de quelques invités. Ce phénomène est partiellement lié au déclin du sentiment de solidarité, mais aussi au fait que la contribution financière du kibboutz prévue pour ces cérémonies a été réduite.
|
| |
| |
U. Nevo
|
|
La Compagnie de danse contemporaine du kibboutz
Fondée en 1970, la Compagnie de danse contemporaine du kibboutz est devenue l'une des principales troupes de ballet d'Israël. Sa fondatrice, Yehudit Arnon, avait créé un Centre de danse au kibboutz Ga'aton avant d'établir sa propre compagnie, en recrutant les jeunes les plus doués de tous les mouvements kibboutziques du pays. La troupe se produit régulièrement à l'étranger, où elle rallie tous les suffrages. Tout en ayant noué des liens étroits avec de grands chorégraphes de renommée mondiale, elle continue de travailler sous la direction de Rami Be'er, son directeur artistique, né et élevé au kibboutz Ga'aton. La Compagnie de danse contemporaine du kibboutz a été parmi les premières à introduire des cours spéciaux de danse dans les écoles israéliennes.
L'Orchestre du kibboutz
Créé lui aussi en 1970, l'Orchestre du kibboutz recense 40 musiciens et donne plus de cent concerts par an, dont une série de concerts pour abonnés et pour enfants. Il se produit également au Festival Musica Sacra de Nazareth ainsi qu'avec des chorales de kibboutzim et de grands churs étrangers. Il accompagne également des opéras montés en Israël et à l'étranger et accueille de grands chefs d'orchestre et solistes étrangers. Il part souvent en tournée à l'étranger et a enregistré des uvres de Haydn, Vivaldi et de compositeurs israéliens.
La population des kibboutzim en chiffres
| Année |
Nombre de kibboutzim |
Population des kibboutzim |
| 1910 |
1 |
? |
| 1920 |
12 |
805 |
| 1930 |
29 |
3 900 |
| 1940 |
82 |
26 550 |
| 1950 |
214 |
67 550 |
| 1960 |
229 |
77 950 |
| 1970 |
229 |
85 100 |
| 1980 |
255 |
111 200 |
| 1990 |
270 |
125 100 |
| 1998 |
269 |
116 500 |
Distribution géographique
Nombre de kibboutzim

Source: Yad Tabenkin, Centre de recherche et de documentation du Mouvement kibboutzique unifié
L'Emploi dans les entreprises du kibboutz
Les industries des kibboutzim
|
| |
| |

Guesher
YTA
|
|
Par rapport à l'ensemble du secteur industriel israélien, les industries kibboutziques réalisent 8 % des ventes, 8 % des exportations, 4 % des investissements et emploient 8 % de la main-d'uvre industrielle d'Israël.
Les 377 usines implantées dans des kibboutzim et les 11 coopératives appartenant à des kibboutzim fabriquent des produits métallurgiques, de l'électronique, des plastiques et du caoutchouc, de l'agroalimentaire, de l'optique, des cuirs et textiles, des médicaments et produits chimiques, des équipements de bureau, du matériel de construction, des jouets, bijoux et instruments de musique.
Le total des ventes du secteur industriel kibboutzique a atteint 3 milliards de dollars US en 1997, dont 1,1 milliard en exportations. Les branches leaders sont les plastiques et le caoutchouc (37 % du total des ventes), la métallurgie (17 %) et l'agroalimentaire (16 %). Les industries kibboutziques exportent 36 % de leur production, contre 25 % en moyenne pour l'ensemble de la production industrielle d'Israël. 66 % des exportations israéliennes de plastiques et caouchouc proviennent des usines des kibboutzim, ainsi que 25 % des exportations agroalimentaires.
| Année |
Nombre d'employés |
| 1988 |
17 976 |
| 1989 |
18 362 |
| 1990 |
18 791 |
| 1991 |
19 248 |
| 1992 |
20 223 |
| 1993 |
21 794 |
| 1994 |
22 958 |
| 1995 |
24 430 |
| 1996 |
25 673 |
| 1997 |
25 878 |
| 1998 |
26 843 |
| Année |
Proportion d'employés salariés |
| |
1990 |
29,9% |
| 1991 |
34,9% |
| 1992 |
40,7% |
| 1993 |
47,8% |
| 1994 |
48,6% |
| 1995 |
51,8 |
| 1996 |
56,4% |
| 1997 |
60,1% |
| 1998 |
62,0% |
Source: Association des industries du kibboutz
Perspectives d'avenir
|
| |
| |
Beit Ha'emek
YTA/Palphot
Ayelet Hashahar
W. Braun
|
|
A l'orée du troisième millénaire, le secteur kibboutzique est en pleine évolution. Dès l'origine, les kibboutzim n'ont jamais été perçus comme des clones. Ils différaient déjà profondément les uns des autres, notamment par l'origine de leur population, leurs convictions politiques et leurs performances économiques. Dans les années quatre-vingt-dix toutefois, plusieurs kibboutzim ont opéré des réformes structurelles radicales. À l'heure actuelle, ils se distinguent collectivement, voire individuellement, entre riches et pauvres. Le fossé se creuse de plus en plus entre ceux qui s'efforcent d'adhérer aux dogmes d'antan - et qui sont souvent les mieux nantis et les plus indépendants sur le plan économique - et ceux qui optent pour des solutions plus adaptées à l'air du temps.
Avec la mise en uvre des récents accords, signés avec le gouvernement et les banques, annulant les dettes considérables accumulées par les kibboutzim, certains, ceux qui restent non rentables, vont devoir prendre des mesures radicales pour garantir leur survie. D'autres, vivant désormais aux côtés des résidents de lotissements installés sur des terrains qui appartenaient autrefois à leur kibboutz, se trouvent placés face à une crise identitaire. Souvent, ces voisins sont les fils et les filles de membres du kibboutz qui, ayant choisi de vivre à proximité de leur famille sans pâtir des contraintes sociales du kibboutz, jouissent d'un niveau de vie bien supérieur.
En général, cependant, tout porte à croire que les kibboutzim vont surmonter la crise actuelle et continuer à représenter un mode de vie unique où l'idéologie se mêle au pragmatisme, témoins d'un rêve qui a subi quelques métamorphoses.
Le volontariat au kibboutz
Le volontariat est l'une des facettes du kibboutz, dont il a, au fil du temps, enduré les hauts et les bas. Tous les ans, des milliers de jeunes étrangers se portent volontaires dans les kibboutzim. En échange de leur travail, ils reçoivent de l'argent de poche, sont logés et nourris et peuvent utiliser tous les équipements du kibboutz, notamment la piscine et la discothèque. Tout le monde y trouve son compte : pour le kibboutz ces travailleurs saisonniers représentent une économie ; les volontaires de leur côté ont là une occasion unique de vivre une expérience inédite et de visiter Israël.
L'avenir du kibboutz...
L'avenir économique de la plupart des kibboutzim est pour le moins discutable. Le secteur agricole n'est plus ni suffisamment profitable ni suffisamment séduisant pour attirer les jeunes. Les bénéfices des usines implantées dans les kibboutzim ne suffisent pas à assurer l'ordinaire. La viabilité économique et sociale des kibboutzim exige une réévaluation radicale de tout le concept de kibboutz en tant qu'entité sociale et économique. (Freddy Kahana, architecte, urbaniste et chercheur, membre d'un kibboutz)
Vraisemblablement, chaque kibboutz va finir par trouver sa propre combinaison d'ancien et de nouveau... (Henry Near, spécialiste de l'histoire des kibboutzim)
Les kibboutzim sont en pleine phase de fragmentation. Certains ont opté pour l'introduction des salaires et des prix... Le sentiment que la fin de l'institution collective est proche est assez répandu. (David Bailey, sociologue à l'Université de Birmingham)
... les kibboutzim sont en pleine évolution, en plein processus d'adaptation aux réalités sociales, économiques et culturelles d'une nouvelle société israélienne conforme au modèle occidental... Ils sont la concrétisation d'une vision nouvelle qui exprime la vie humaine et la réalité sociale dans des termes qui seront ceux du XXIe siècle... (Site Internet du kibboutz Cabri)
Adresses utiles et renseignements sur l'Internet:
Annuaire des kibboutzim
Site web:
www.mishkei.org.il/english/ekibutz.htm
Mouvement kibboutzique unifié
1, rue Yasmine
Ramat Efal 52960
Tel: 972-3-5301555
Fax: 972-3-5347360
Site web: www.kibbutz.org.il
Kibboutz Artzi
13, rue Leonardo da Vinci
Tel Aviv 64733
Tel: 972-3-5925222
Fax: 972-3-6925215
Site web: www.kibbutz.org.il/eng/kbaeng.htm
Hakibboutz Hadati.
7, rue Dubnov
Tel Aviv.
Tel: 972-3-6957231
Fax: 972-3-6957039
Site web:
www.virtual.co.il/kibzdati
E-Mail: kibz-dati@virtual.co.il
Association des industries des kibboutzim
8, bd Shaul Hamelekh
Tel Aviv 61400
Tel: 972-3-6955413
Fax: 972-3-6951464
Site web: www.kia.co.il
Programmes de volontariat dans les kibboutzim:
Kibbutz Program Center
18, rue Frishman
Tel Aviv 61030
Tel: 972-3-5278874 or 5246154
Fax: 972-3-5239966
Site web: www.kibbutz.org.il
E-mail: kpcvol@inter.net.il
|
| |
|
|
|
|
|
|