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Avdat - Cite nabateenne du Neguev

23 Nov 1999
 SITES ARCHEOLOGIQUES NO. 4
 INTRODUCTION | HATSOR | TABGHA | HAMMAT GADER | BELVOIR | RAMLA |
 LA CITADELLE | EQRON | EIN GUEDI | BEER SHEVA | AVDAT
 
     
Avdat: Cité nabatéenne du Néguev
 
 
 

Située sur un éperon rocheux du centre du plateau du Néguev, au carrefour des routes de Petra, d'Eilat et de la route menant vers le littoral méditerranéen, Avdat, l'Oboda antique avait été fondée par les Nabatéens sur l'itinéraire de leurs caravanes.

Le peu de détails que nous connaissons sur les Nabatéens nous est fourni par les historiens et les géographes romains. Il s'agit de tribus nomades originaires de l'Arabie septentrionale qui vivaient de leur commerce, devinrent sédentaires au fil du temps et finirent par créer un royaume indépendant dans les montagnes d'Edom, avec Petra pour capitale. A l'acmé de leur gloire - du Ier siècle av. au Ier siècle de l'ère actuelle - les rois nabatéens régnèrent sur les régions qui forment de nos jours la Jordanie, la Syrie et Israël. Leurs relations avec le monde hellénistique ont eu une influence déterminante sur leur culture matérielle, en particulier sur leur remarquable architecture.

Les Nabatéens accumulèrent de grandes richesses grâce au transport des aromates et des épices précieux qu'ils assuraient par caravanes chamelières partant d'Afrique orientale et d'Arabie et qui atteignaient le
littoral méditerranéen. Le port de Gaza était leur principal comptoir. Le Néguev étant la région la plus proche du littoral méditerranéen, les Nabatéens y installèrent sur leurs itinéraires des comptoirs qui devinrent des villes. Dans ce milieu inhospitalier, les Nabatéens surent créer une agriculture fondée sur l'exploitation en terrasses aménagées sur des collines. Pour capter les eaux des orages, ils construisirent des digues dans les vallées et pour les eaux de pluie, ils creusèrent des citernes dans la roche. Ces mesures, initiées par l'administration nabatéenne, garantissaient leur contrôle sur le Néguev et assuraient la sécurité des caravanes.

Le royaume nabatéen fut conquis par Rome en l'an 106 de l'ère actuelle et annexé à l'empire romain. Dépourvue de son commerce caravanier, Avdat déclina, au point qu'au IIIe siècle elle n'était plus qu'une minuscule localité dont un tremblement de terre précipita la destruction en 363. Au VIe siècle les Byzantins érigèrent sur son acropole une citadelle et un monastère comprenant deux églises, ainsi que des quartiers d'habitation sur les versants de la colline. Un nouveau tremblement de terre provoqua au VIIe siècle son abandon définitif.

Les principales fouilles d'Avdat ont été menées entre 1958 et 1961. Depuis, et jusqu'en 1993, des fouilles de portée plus limitée y furent entreprises, qui se soldèrent par la mise au jour de nombreux objets, notamment des dizaines d'inscriptions qui livrent de précieux renseignements sur l'histoire et la culture de la ville au cours des différentes étapes de son existence.

La citeé nabatéenne

Fondée au Ier siècle av., Avdat porte le nom du roi nabatéen divinisé Obodas (Abdah en arabe) qui y serait enterré.

Sur l'acropole d'Avdat, les Nabatéens érigèrent un ensemble d'édifices comprenant un temple et des bâtiments publics qui, visibles de loin, servaient de repère aux caravaniers. Au sommet de l'éperon de l'est de l'acropole, la ville nabatéenne comportait également un quartier résidentiel, un camp militaire et divers enclos où étaient parqués des chameaux, des moutons et brebis, ainsi que des chevaux appelés à devenir célèbres comme chevaux de course.

Le premier temple d'Obodas fut construit à la fin du Ier siècle av. sur l'extrémité sud de l'acropole. Couvrant une superficie de 14 x 11 mètres, il est resté partiellement préservé par la tour sud-ouest du fort byzantin. Ce temple consistait en un porche, une salle et un adyton (sanctuaire) à l'angle nord. Ce dernier était divisé en deux pièces consacrées au culte des deux principales divinités nabatéennes : Dushara et Allat.

Vers la fin du Ier siècle de l'ère actuelle fut construit un nouveau temple dont seul nous est parvenu le podium, formé de trois puissants murs de soutènement qui entouraient les versants nord, ouest et sud de l'éperon rocheux. Un narthex élaboré de 10 x 6 mètres fut édifié à l'angle inférieur sud-ouest du podium, dont l'accès se faisait par un escalier en spirale aménagé autour d'un épais pilier. Dans les débris de l'entrée ont été mises au jour plusieurs inscriptions dont certaines évoquent le roi nabatéen Aretas. De nombreuses sections de colonnes portant des marques inscrites par les terrassiers et réutilisées pour ériger des édifices postérieurs appartenaient apparemment aux colonnades de l'exèdre (partie garnie de sièges) du temple. De ce dernier il ne reste que les quelques pavements de pierre du podium.

Au nord-est de l'acropole se trouvait une caserne qui abritait les soldats montés sur chameaux et préposés à la garde des routes caravanières. Leur campement (100 x 100 m) était entouré d'une muraille garnie de tours de guet et percée d'une porte.

 
 
 

Vestige unique de la période nabatéenne : un atelier de potier. Couvrant une superficie de 140 mètres carrés, il comportait une pièce réservée à la préparation de l'argile et une pièce avec un tour et un four. De nombreuses poteries, notamment de la vaisselle nabatéenne, finement décorée de motifs floraux de couleur brique, ont été exhumés dans cet atelier.

La cité romaine

Vers le milieu du IIIe siècle Avdat fut repeuplée pour assurer la défense des régions situées au sud de la Palestine romaine. La ville devint un avant-poste important occupé par des nomades sédentarisés originaires d'Arabie qui furent incités à s'y installer. Sur l'acropole, le temple de Zeus-Oboda (Zeus de la cité d'Oboda) fut érigé en 267-268, avant d'être détruit. Ses pierres servirent à la construction d'édifices byzantins.

Les quartiers résidentiels de la cité romaine, érigés sur le saillant du sud-est de l'acropole, englobaient plusieurs dizaines d'habitations à cour intérieure le long de voies étroites qui se coupaient à angle droit. La toiture de ces maisons est particulièrement intéressante : deux à quatre arches soutenant de longues dalles plates, la distance entre les arches étant déterminée par la longueur des pierres - solution fort originale en l'absence de bois !

La cité byzantine

 
 
 

L'apogée de la prospérité de la ville advint au VIe siècle : avec ses quelque 3000 habitants, la ville continuait à servir d'avant-poste pour la défense du Néguev. Des efforts furent engagés à la même époque pour renouveler le commerce des caravanes arabes, et de nouvelles cultures introduites. Les nombreux pressoirs à vin exhumés dans la région attestent de la culture intensive de la vigne. L'acropole fut totalement remanié, après destruction et ensevelissement des temples et des édifices des périodes nabatéenne et romaine. Il fut alors divisé en deux parties : à l'ouest la partie religieuse - le monastère ; à l'est la citadelle.

Deux églises et leurs dépendances furent érigées dans le monastère de l'acropole. On parvenait à celle du nord, de facture basilicale et à abside unique, par un atrium où était creusée une citerne. A l'arrière, se trouvaient un baptistère cruciforme et des fonts baptismaux de taille réduite.

L'église du sud, plus grande, présentait trois absides sur sa paroi est. Des reliquaires contenant les ossements de saints locaux étaient enterrés sous les absides. Les tombes des dignitaires ecclésiastiques des lieux étaient creusées dans la nef principale.

Les épitaphes figurant sur les pierres tombales, datant de 542 à 618, fournissent d'intéressantes informations sur la communauté chrétienne d'Avdat à l'époque byzantine. L'une d'elles évoque le nom de l'église : Martyrion de saint Théodore , lequel Théodore, enterré dans l'église du sud, est mentionné sur d'autres épitaphes comme abbé du monastère d'Avdat.

A l'est de l'acropole fut érigée une citadelle au début de l'époque byzantine, destinée à protéger la ville contre les maraudeurs nomades. La forteresse (60 x 40 mètres) était encerclée d'une muraille flanquée de trois tours sur chacun de ses côtés et d'une porte qui la reliait au monastère.

Au centre de la cour de la citadelle se trouvait une citerne creusée dans le roc. Au nord, une petite chapelle à l'usage des garnisons.

 
 
 

Avec la reprise des fouilles, dans les années quatre-vingt dix, il a été mis au jour une longue portion d'une muraille massive de pierre longeant le versant est du site (non protégé par la falaise). D'une épaisseur de 1,20 m, cette muraille était percée d'une porte de facture élaborée.

Les édifices du quartier résidentiel byzantin s'étageaient sur des terrasses, à flanc de coteau. Chaque habitation consistant en une grotte creusée dans du calcaire tendre était précédée d'une bâtisse en pierre servant de logement. Les habitations mises au jour comportaient des cours et des pièces à la toiture en arcatures recouverte de dalles de pierre. Les grottes étaient utilisées comme magasin ou cellier; un pressoir à vin fut même exhumé dans l'une d'elles. Certaines étaient gravées de têtes de taureau. Des inscriptions à la peinture rouge où figure une croix ont été mises au jour sur le site. L'une d'elles requiert la protection contre le mauvais il de saint Théodore, patron de la ville.

Fouilles de 1958 - M. Avi-Yonah et 1959-1961 - A. Negev pour le compte de la Direction des parcs nationaux et de l'Université hébraïque ; 1975-1977 - A. Negev et R. Cohen pour le compte de la Direction des antiquités d'Israël et de l'Université hébraïque ; 1989 - A. Negev pour le compte de l'Université hébraïque ; 1992-1993 - G. Tahal, O. Katz et P. Fabian pour le compte de la Direction des antiquités d'Israël ; 1999 - nouvelles fouilles par P. Fabian pour le compte de la Direction des antiquités d'Israël.

 
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