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Beer Sheva - Des sites d-un habitat prehistorique

23 Nov 1999
 SITES ARCHEOLOGIQUES NO. 4
 INTRODUCTION | HATSOR | TABGHA | HAMMAT GADER | BELVOIR | RAMLA |
 LA CITADELLE | EQRON | EIN GUEDI | BEER SHEVA | AVDAT
 
     
Béer Shéva: Des sites d'un habitat préhistorique
 
   

Les vestiges de plusieurs sites d'occupation humaine datant du chalcolithique (IVe millénaire av.) ont été mis au jour à proximité l'un de l'autre sur les deux rives du nahal Béer Shéva, dans un secteur situé à l'heure actuelle dans les limites municipales de cette ville. Les fouilles ont été menées en 1951-1960 à Beer Matar, Beer Safad et Horvat Batar. Près de ce dernier, un site supplémentaire, Neve Noï, a été fouillé en 1982.

La spécificité de ces sites consiste en leurs dix niveaux de peuplement, voire davantage, enfouis dans le loess tendre des rives du nahal Béer Shéva. Ils ont acquis la célébrité du fait des vestiges très particuliers qui y sont associés, au point que les spécialistes les désignent désormais sous le terme générique de Culture chalcolithique de Béer Shéva.

 
 
 

L'unité standard de logement consistait en des pièces circulaires ou ovales creusées sous terre, d'une superficie d'environ vingt mètres carrés. On y accédait par des galeries inclinées creusées dans des cavités de faible profondeur et d'un diamètre de trois mètres. Selon les archéologues, ces cavités servaient aussi de cours où se déroulaient les activités journalières puisqu'elles contenaient des silos en forme de cloche, des bassins et des fours. Dans les pièces souterraines, les niches de différentes tailles ménagées dans les parois servaient d'entrepôt. Des pièces de forme elliptique reliées par des galeries ont également été mises au jour. L'entrée principale de ces galeries se faisait par un boyau souterrain creusé à une profondeur de plusieurs mètres et comportant sur ses parois de petites cavités sur lesquelles les habitants s'agrippaient pour monter et descendre. Le danger permanent d'effondrement explique les soutènements de pierre mis en place sur les parois de certaines pièces, ainsi que les poutres de bois étayant les toitures.

Le grand nombre d'objets de toute sorte et en matériaux divers exhumés dans les sites du nahal Béer Shéva attestent d'une culture matérielle relativement élaborée. En revanche, la poterie de cette période reste plutôt rudimentaire. Fabriqués à l'aide d'une argile locale de couleur claire et contenant beaucoup de sable, les ustensiles ont des formes simples, parfois décorés d'un simple trait rouge. De nombreux outils de pierre ont été mis au jour, notamment de grands burins et des haches confectionnés à l'aide de galets, des outils de silex tels des racloirs, des forets, des couteaux, des lames de faucilles et quelques têtes de lance.

Particulièrement intéressants sont les ustensiles de basalte, roche qui devait être transportée de loin, notamment des coupes de forme conique à base plate d'une facture exceptionnelle et dont les parois étaient poncées et décorées de dessins à chevrons. Les articles de cuivre destinés à l'usage quotidien tels les haches, burins et alènes étaient fabriqués par les habitants. Le minerai était vraisemblablement importé d'Edom. Quant aux enclumes de pierre servant à broyer le minerai et les âtres dont les scories nous sont parvenues, elles indiquent que des activités métallurgiques étaient menées sur ces sites.

 
 
 

Les découvertes les plus remarquables de la culture chalcolithique de Béer Shéva sont des figurines d'ivoire, dont certaines ont plus de 30 cm de hauteur. La présence d'un atelier atteste qu'elles étaient confectionnées sur place à partir d'une matière première importée. L'attention portée aux moindres détails anatomiques est révélatrice de l'habileté des artisans locaux. Certaines figurines, longilignes, ont les bras tendus le long du corps. Les nombreux trous percés sur les joues et le menton indiquent que des poils y étaient insérés par souci de réalisme.

Selon les archéologues, l'habitat souterrain étaitune solution à la chaleur ambiante dans la vallée de Béer Shéva. La population comprenait plusieurs grandes familles semi-nomades vivant du produit d'une agriculture rudimentaire et de la domestication des animaux, un mode de vie qui facilita leur sédentarité.

Les découvertes prouvent que les céréales - blé et orge - et les légumes secs constituaient un élément essentiel du régime alimentaire des habitants de la région. Les surplus de grains étaient entreposés dans des silos souterrains. Les occupants élevaient des chèvres et des moutons comme l'attestent les ossements d'ovins mis au jour sur les sites, le produit de la chasse ne jouant qu'un rôle mineur dans leur alimentation.

Les troupeaux étaient conduits vers des terres plus grasses pendant la saison chaude et ramenés sur place au début de l'hiver. Pendant ces migrations les habitants des lieux scellaient les entrées de leurs habitations avec des pierres et de la terre. A l'évidence, certains ne sont jamais revenus et c'est la raison pour laquelle certaines pièces ont été découvertes scellées. D'autres étaient pleines de gravats ou s'étaient écroulées.

Les fouilles de 1951-1960 ont été menées par Jean Perrot pour le compte de la Mission archéologique française en Israël. Celles de 1952-1954, par M. Dothan, pour le compte du Département des antiquités d'Israël (la Direction des antiquités d'Israël de nos jours) ; celles de 1982 par I. Eldar et Y. Baumgarten pour le compte des Relevés archéologiques d'Israël.

 
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