|
|
 |
SITES ARCHEOLOGIQUES NO. 4
|
|
INTRODUCTION |
HATSOR |
TABGHA |
HAMMAT GADER |
BELVOIR |
RAMLA |
LA CITADELLE |
EQRON |
EIN GUEDI |
BEER SHEVA |
AVDAT
|
| |
| |
|
|
|
Eqron: Cité philistine
|
 |
|
| |
| |
|
|
Le site de Tel Mikné, situé à la limite entre Juda et le pays des Philistins, est identifié à la localité biblique d'Eqron. La butte carrée qui se dresse à quelques mètres à peine au-dessus d'une plaine fertile, consiste en un petit tertre supérieur et un grand tertre inférieur, au sud.
Les vastes campagnes de fouilles menées à Tel Mikné entre 1981 et 1996 ont livré de précieuses informations sur l'histoire et la culture de la ville philistine d'Eqron au cours de ses six siècles d'existence (XIIe-VIIe siècle av.). Une inscription identificatrice du site a été exhumée dans les ruines de son temple.
Au second millénaire avant l'ère actuelle Eqron était une grande ville cananéenne qui occupait au départ toute la superficie du tertre avant de se réduire à l'acropole. Là a été mis au jour un édifice public qui fut totalement incendié au XIIIe siècle. Il était occupé par des entrepôts à grains, comme l'attestent les jarres à céréales et la nourriture retrouvées carbonisées. L'une de ces jarres contenait un chapelet de figues, évoquant le verset biblique (I Samuel XXX, 12) ... une tranche de gâteau de figues.
Sous les décombres de cette localité cananéenne a été mise au jour la cité philistine du XIIe siècle av. : une ville grande, soigneusement planifiée et fortifiée qui perdura 200 ans et recouvrait l'intégralité de la superficie du tell.
|
| |
| |
|
|
Eqron est l'une des cinq grandes cités philistines fréquemment mentionnées dans la Bible. Peuples de la mer, les Philistins quittèrent au début du XIIe siècle la Grèce méridionale et les îles de la mer Egée pour s'installer sur le pourtour méditerranéen. Ils occupèrent le littoral de la Méditerranée orientale, à l'époque où les Israélites s'installaient sur les hauteurs du territoire de Juda. Politiquement indépendants, ils préservèrent leurs traditions spécifiques, lesquelles présentaient de nombreuses analogies avec celles de la culture mycénienne. La facture de leurs édifices et des objets qu'ils ont laissés est révélatrice de ces ressemblances, en particulier leur poterie agrémentée de nuances brunes et noires, qui évoluèrent au fil du temps en décorations noires et rouges sur enduit blanc.
|
| |
| |
|
|
Eqron, cité philistine protégée par de solides murailles de trois mètres d'épaisseur, fut florissante aux XIIe et XIe siècles av. Au milieu de la ville basse s'étendait le centre administratif royal composé de grands édifices soigneusement planifiés, notamment des palais et des temples dont on a découvert une multitude de vestiges.
Particulièrement intéressante est une vaste structure qui s'étend sur 240 mètres carrés et dont les imposantes parois extérieures étaient conçues de façon à soutenir un deuxième étage. Son entrée, large et élaborée, ouvrait sur une grande salle en partie recouverte par une toiture soutenue par une rangée de piliers. Le sol de cette salle est un âtre circulaire garni de pavés, typique des édifices mycéniens.
|
| |
| |
|
|
Autres caractéristiques inattendues du site : des bancs et des podiums pavés. Les fouilles ont mis au jour trois petites roues de bronze à huit rayons qui servaient au transport d'autels portatifs sur le littoral de la mer Egée à cette époque. Il s'ensuit que ce bâtiment était vraisemblablement consacré au culte.
Les nombreux articles de fer trouvés dans cet édifice - entre autres un couteau au manche en ivoire sculpté, mettent en évidence l'affirmation du verset biblique (I Samuel XIII, 19) relatif au monopole de la production d'armes et du travail du fer par les Philistins.
Si la Bible relate que la ville d'Eqron fut attribuée à la tribu de Juda (Josué XV 45-46 ; Juges I, 18) et
plus tard à la tribu de Dan (Josué XIX, 43), les découvertes archéologiques attestent toutefois l'existence d'une cité philistine florissante au cours des XIIe et XIe siècles av. Quand l'Arche d'Alliance tomba aux mains des Philistins, elle fut exposée d'abord au temple de Dagon à Ashdod, avant d'être transportée à Eqron (I Samuel V, 10). Après que David eût vaincu Goliath dans la vallée de l'Elah ( Térébinthe ) qui séparait Juda du pays philistin, les Israélites poursuivirent les Philistins jusqu'aux portes d'Eqron (I Samuel XVII, 52).
La ville d'Eqron, qui fut probablement détruite par le roi David au début du Xe siècle av., se limita pendant les trois siècles suivants à son acropole. Au VIIIe siècle, le prophète Amos prédit sa destruction (Amos I, 8). En 712 av., Sargon II, souverain d'Assyrie, conquit la ville et immortalisa sa victoire sur les bas-reliefs de son palais de Khorsabad.
Au VIIe siècle av., Eqron recouvra une partie de sa grandeur passée, comme le prouvent les annales des rois néo-assyriens qui mentionnent les noms des souverains de la cité-Etat d'Eqron. Soumise à l'Assyrie, la ville jouissait d'une prospérité économique notoire, dont témoigne l'expansion de la ville basse et l'édification d'un nouveau quartier au nord. A son apogée, elle s'étendit sur une superficie d'une trentaine d'hectares, ce qui la place au rang des plus grandes villes de l'époque biblique. Soigneusement planifiée, elle était divisée en quartiers résidentiels, entre autres celui réservé au souverain et à la classe dirigeante, ainsi qu'en zones industrielles et commerciales.
Sa principale activité économique était la production et le commerce de l'huile d'olive. La zone industrielle formait une épaisse ceinture le long du périmètre intérieur des murailles de la ville. Un relevé atteste de quelque 115 ateliers de production, dont quelques-uns seulement ont été exhumés pour l'heure. Ces ateliers, de plan quasiment uniforme, consistaient en trois pièces : l'une au fond, pour le broyage et la presse des olives ; l'autre, intermédiaire, pour la mise en pots et l'entreposage ; celle enfin qui donnait sur la rue pour la production de textiles. La production de l'huile d'olive étant limitée à quatre mois dans l'année, les huit autres étaient consacrés à la fabrication d'étoffes.
|
| |
| |
|
|
La technique de production de l'huile impliquait d'abord le broyage des olives à l'aide d'une pierre circulaire dans un grand bassin rectangulaire de pierre. Sur les côtés du bassin de broyage se trouvaient les presses à huile : des cuves creusées dans de grands monolithes pouvant contenir plusieurs dizaines de litres, comportant une ouverture sur la partie supérieure. Des paniers en fibres contenant les olives broyées étaient disposés l'un sur l'autre sur les lattes de bois qui recouvraient les cuves, avant d'être très fortement compressés par une poutre longue et épaisse dont l'une des extrémités était insérée dans une niche creusée dans le mur et l'autre, libre, retenait de grosses pierres carrées percées d'un grand orifice par où passaient des cordages. L'huile qui se déversait dans la cuve était recueillie dans des jarres où surnageait, au bout d'un certain temps, les résidus aqueux. Un tesson de jarre découvert sur le site porte l'inscription huile consignée à l'encre noire. Les chercheurs estiment qu'à cette époque Eqron produisait au moins 500 tonnes d'huile par an, ce qui fait de ce site le plus grand centre de production d'huile d'olive de l'Antiquité jamais mis au jour.
La culture philistine des habitants avait subi des influences judaïques et phéniciennes : ainsi des autels de pierre mis au jour à proximité des presses à huile dont la partie supérieure était creuse et qui était surmontée de protubérances aux quatre coins, rappelant les autels à cornes de la Bible.
|
| |
| |
|
|
Vers la fin du VIIe siècle avant l'ère actuelle, la ville connut un déclin et, en l'an 604, fut conquise et démantelée par Nabuchodonosor, roi de Babylone. A l'approche des conquérants, les habitants d'Eqron dissimulèrent leurs objets de valeur : leurs trésors ont été mis au jour sous les décombres. L'un comprenait plusieurs dizaines de bijoux d'argent, des pierres précieuses, des pièces d'argent taillé et des lingots d'argent qui servaient de monnaie d'échange à cette époque.
|
| |
| |
|
|
Au cours de la dernière saison de fouilles, une inscription royale unique, retrouvée dans son intégralité, a été exhumée sous la couche de ruines du temple situé dans le quartier d'habitation des élites de la ville. Ce temple, vaste structure de 57 x 38 mètres de conception architecturale assyrienne, était composé d'une grande cour intérieure entourée de chambres. Une vaste salle qui servait vraisemblablement de salle du trône comme l'indique la plate-forme surélevée en son centre, séparait la cour d'un sanctuaire à colonnes.
Gravée sur une pierre rectangulaire de 60 x 39 x 26 cm, cette inscription a été mise au jour dans la cella ou Saint des saints du sanctuaire. Voici son contenu :
Le temple qu'il érigea, kys (Akhish, Ikausu) fils de Padi fils de Ysd, fils de Ada, fils de Ya'ir, souverain d'Eqron, pour Ptgyh son épouse. Puisse-t-elle le bénir et le protéger, et prolonger ses jours, et bénir sa terre.
Cette inscription est unique en ce qu'elle atteste du nom d'une ville biblique et de cinq de ses gouvernants, dont deux d'entre eux sont cités comme des souverains dans d'autres textes que la Bible. Elle est la seule inscription de ce genre jamais découverte in situ dans un contexte archéologique défini et datable. Le titre souverain d'Eqron confirme l'identification de Tel Mikné à l'Eqron biblique.
Les fouilles de Tel Mikné - Eqron ont été dirigées par T. Dothan de l'Université hébraïque et S. Gitin du W. F. Albright Institute of Archeological Research, Jérusalem.
|
| |
|
|
|
|
|
|
Also available in
|
|
|
|