Entre 1975 et 1995, plusieurs campagnes de fouilles furent menées à Ketef Hinnom (en hébreu 'l'épaule d'Hinnom'), une colline dominant la vallée de Hinnom, au sud-ouest de la Vieille Ville de Jérusalem. Dans la zone proche de l'église Saint-André, des éléments allant de l'Age du fer à la période ottomane devaient être mis au jour.
La principale découverte des fouilles de Ketef Hinnom est constituée par un ensemble de grottes funéraires creusées dans le roc et datant de la fin de la période du Premier Temple (Vlle siècle avant). Bien que ces grottes aient été pillées et endommagées dans le passé, elles recélaient quantité de petits objets façonnés. Les chambres mortuaires comprenaient de larges banquettes taillées dans la pierre, certaines avec un repose-tête surélevé. Les corps y étaient déposés, et l'espace creusé sous les banquettes servait de caveau pour les ossements lors d'un enterrement ultérieur, dégageant ainsi la place pour les corps d'autres membres de la famille.
L'une des tombes les plus importantes, appartenant sans doute à une famille aisée, fut découverte presque intacte, avec plus d'un millier d'objets : petits récipients en poterie, objets de fer et de bronze, entre autres des pointes de flèches, des aiguilles et des épingles, des objets en os et en ivoire, des bouteilles en verre, et des joyaux, y compris des boucles d'oreilles en or et argent. Cette tombe fut utilisée durant plusieurs générations vers la fin de la période du Premier Temple et durant quelques temps après la destruction du Temple en 587-6 avant.
Les deux objets les plus importants trouvés dans cette grotte funéraire sont deux petits rouleaux d'argent. Quelque peu endommagés, ce qui n'a rien d'étonnant étant donné qu'ils avaient été placés dans la tombe au Vlle siècle avant, ils furent précautionneusement déroulés par les spécialistes des laboratoires du Musée Israël. Ils portaient au revers une inscription en écriture paléo-hébraïque, qui fut déchiffrée - non sans mal.
La plus large de ces deux plaques mesure 97 sur 27 mm, et la plus petite 39 sur 11 mm. La grande plaque contient une inscription de dix-huit lignes, lisible pour l'essentiel. L'une et l'autre contiennent des formules de bénédictions en écriture paléo-hébraïque, presque identiques à la bénédiction biblique des prêtres figurant dans Nombres VI, 24-26. Ce texte biblique, qui remonte au Vlle siècle avant, constitue le plus ancien connu ce jour et précède de quelque cinq siècles les manuscrits de la mer Morte. Le mot yhwh (le nom du Seigneur en hébreu) y apparaît écrit pour la toute première fois. La bénédiction citée dans le livre des Nombres était récitée par les prêtres du Temple lorsqu'ils bénissaient la congrégation, et voilà qu'on la découvre ici par écrit et pour un usage individuel. Ces minuscules rouleaux d'argent étaient sans doute portés en amulettes autour du cou.
Les fouilles ont été dirigées par G. Barkay pour le compte de l'université de Tel-Aviv.