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Sites Archeologiques- Exploration sous-marine le long des cotes mediterraneennes d-Israel

23 Nov 1999

 SITES ARCHEOLOGIQUES NO. 3

 INTRODUCTION | FORTERESSE | ROGEM HIRI | TIBERIADE | SHAAR HAGOLAN |  SOUS-MARINE | VOIE | EGLISE | MASSADA | EIN HATSEVA | TROUVAILLES
 
     

Exploration sous-marine le long des côtes méditerranéennes d'Israël

 
 

 

La côte méditerranéenne d'Israël a toujours connu une importante activité maritime, tant commerciale que militaire. La preuve en est fournie par les nombreuses épaves qui gisent dans les fonds sous-marins proches de la rive.

La ligne côtière d'Israël étant dépourvue de ports naturels profonds, les petites embarcations de l'antiquité devaient fuir les tempêtes en se réfugiant dans les embouchures des rivières. Dès le premier millénaire avant J.-C., la jauge des bateaux voguant en Méditerranée avait considérablement augmenté, nécessitant la construction de ports en eau profonde, pouvant abriter des vaisseaux doté d'un fort tirant d'eau.

Depuis les années 60, des études et explorations sous-marines de grande envergure ont été menées le long des côtes d'Israël, afin de retrouver des vestiges de ports, épaves et cargaisons.

Atlit - un village néolithique englouti

Atlit, situé à une quinzaine de kilomètres au sud de Haïfa, est surtout connu pour les ruines de son château datant des Croisades. A la période néolithique, le niveau de la Méditerranée était de quelque 20 mètres inférieur à celui d'aujourd'hui, et la plaine côtière beaucoup plus étendue.

A près de 400 mètres du rivage actuel, à une profondeur de huit à douze mètres, un village néolithique de huit millénaires, aux constructions et objets façonnés remarquablement préservés, a été découvert sous une couche de sable accumulée par les vagues et les courants.

Douze structures, séparées par des cours pavées et des piacettes, ont été découvertes sur ce site. A l'extrémité du village, s'élevait un long mur de briques, sans doute une digue protectrice contre les eaux de ruissellement coulant en hiver dans l'oued voisin. Un puits de 5,5 mètres taillé dans le grès, bordé de pierres dans sa partie supérieure, fournissait de l'eau aux villageois. Le bronze n'était pas encore en usage à cette époque, et ce site fournit le plus ancien exemple connu d'un puits creusé à l'aide de cognées et de marteaux en pierre. Entre les maisons du village, plusieurs fosses bordées de pierres de deux ou trois mètres de diamètre, servaient de silos pour le stockage des aliments. Quinze tombes, parfois situées à l'intérieur des maisons, ont également été découvertes.

De nombreux objets façonnés, en silex ou en os, ont été récupérés du fond marin, ainsi que des bols en pierre utilisés en cette ère qui ne connaissait pas encore l'usage de la poterie. Des os d'animaux attestent que l'économie du village reposait sur les cultures, des rudiments d'élevage, la chasse et la pêche.

La fonte des neiges consécutive à la dernière période glaciaire provoqua une élévation du niveau de la mer, réduisant l'étendue de la plaine côtière méditerranéenne. Des infiltrations d'eau de mer dans les puits entraîna probablement l'abandon du village, qui fut alors englouti.

Atlit - le port phénicien

Les fondations submergées de ce port phénicien datant des VIIe-VIe siècles av. J.- C. sont sans doute les vestiges du plus ancien port connu construit avec des brise-lames. Ces derniers étaient faits de murs droits entourant la baie naturelle. Leurs fondations, de larges moellons, reposaient sur un fond marin et le long d'un petit îlot. Une muraille avec portail séparait le port de la cité.

De nombreuses épaves ont été découvertes au fond du port et alentour. Dans ces vestiges d'embarcations, on a trouvé des ancres de pierres et de larges amphores utilisées pour transporter le vin le long des îles grecques.

 
 

 

 

 

Atlit - l'éperon d'un ancien vaisseau de guerre

L'éperon d'un vaisseau de guerre hellénistique a été découvert dans la partie septentrionale de la baie d'Atlit, à une profondeur de quatre mètres seulement. Moulé en bronze, cet éperon de 2,26 mètres pèse presque une demi-tonne. A sa base, se trouve encore le bois de l'étrave auquel il était attaché. Cette rostre comprenait trois ailerons horizontaux en saillie, un progrès par rapport à l'éperon primitif, puisqu'on améliorait ainsi la capacité d'éperonnage du navire ennemi.

Elle est décorée de symboles mythologiques faisant partie de l'iconographie grecque : l'aigle (sur chaque face), le trident ou signe de la foudre ; un gouvernail surmonté de l'étoile à huit branches des Dioscures, protecteurs des marins ; et le caducée ou kerkion, symbole d'Hermès. Ces emblèmes attestent de la provenance et de la datation de ce navire, qui, pense-t-on, a été construit à Chypre pour le roi Ptolémée VI (204-184 av.).

 
 

 

 

Le port de Césarée

Le port en eau profonde construit par le roi Hérode le Grand à Ceasarea Maritima est décrit en détail par Flavius Josèphe (in La Guerre des Juifs, I). La construction du port, constitué par trois bassins contigus, fut parachevée vers l'an 10 avant J.-C.. Les recherches et les fouilles sous-marines ont fourni la preuve d'un haut niveau d'ingénierie, le plus ancien exemple connu de constructions portuaires sophistiquées, ainsi que d'une connaissance approfondie des courants sous-marins et du mouvement des sables.

Le grand bassin extérieur a été créé en édifiant deux brise-lames enclosant une vaste étendue de mer. Plus tard, suite à des mouvements tectoniques, les fondations de ce port extérieur s'enfoncèrent dans le soubassement marin. Un brise-lame en arc, de quelque 500 mètres de long, fut édifié sur les côtés sud et ouest du port. Au nord, un brise-lame plus modeste de quelque 180 mètres, construit vers l'ouest, se trouvait à angle droit avec la côte. Ces digues étaient constituées en partie d'énormes moellons, pesant plusieurs tonnes chacun et posés sur le lit de la mer. D'autres portions furent édifiées avec de gigantesques tronçons agglomérés de mortier hydraulique et de pierres encastrées dans des structures de bois et enfoncées dans le soubassement marin. Le grand brise-lame, large de 40 à 60 mètres, supportait des équipements de service et de stockage. La portion intérieure plus étroite, faisant face au port, servait de jetée pour le chargement et le déchargement des navires.

A l'extrémité septentrionale du grand brise-lame, s'élèvent les fondations d'une structure composée de blocs particulièrement énormes et préservée presque jusqu'au niveau de la mer. Ce sont probablement les vestiges du gigantesque phare "Drusion" qui selon Flavius Josèphe s'érigeait à l'entrée du port.

Le bassin central, de dimensions plus restreintes (220 x 200 m), épousait les contours de la baie. Son quai, de 4,5 mètres de largeur, était constitué de moellons, et les vestiges d'une forteresse croisée, ainsi que l'appontement des pêcheurs d'aujourd'hui, sont visibles dans sa partie sud.

Le bassin intérieur, entouré sur trois côtés par la ville, était le plus petit. Utilisé dès la période hellénistique, il fut développé par Hérode le Grand avant de tomber en désuétude à la période byzantine, en raison de son perpétuel ensablement.

 
 

 

 

Le port d'Akko (Saint-Jean-d'Acre)

L'ancien port de Saint-Jean-d'Acre se trouvait à l'emplacement de l'actuel port de pêche, au sud du promontoire sur lequel s'élève la vieille ville d'Akko. La construction la plus ancienne remonte à la période perse (VIe-Ve siècles avant J.-C.). A l'époque, un brise-lame courait d'est en ouest, entourant un bassin de quelque cent dounams (dix hectares à peu près), qui offrait mouillage et équipements portuaires à un nombre grandissant de marchands. La digue, de 260 mètres de long et 12 mètres de large, étaient constituée d'énormes moellons disposés en boutisses sur une couche de cailloux et de coquillages. Durant la période romaine, elle fut reconstruite avec des blocs de 12 x 2 x 2 mètres, placés à un mètre l'un de l'autre.

A l'entrée du port, 70 mètres environ à l'est de l'extrémité du brise-lame, s'élève la Tour des Mouches, (appelée également Manara, phare'). La base de cette antique construction, élargissant l'affleurement rocheux, reste encore visible aujourd'hui.

 
 

 

 

L'Epave de Maagan Michaël

Une embarcation datant de la période perse a été découverte à quelque 70 mètres du rivage où s'élève le kibboutz Maagan Michaël. Couverte d'une épaisse couche de sable, cette épave exceptionnellement bien conservée d'un bateau construit en bois de pin avec mortaise et tenons, se trouve presque à fleur d'eau. Sa quille, faite d'une seule poutre, est elle aussi en excellent état de conservation. Le navire avait à l'origine 13,5 mètres de long, un bau de 4 mètres et un tonnage de 25 tonnes.

Une ancre de bois intacte, à une seule barre, a été trouvée à côté de l'étrave. Parmi les objets contenus dans l'embarcation figuraient un jeu d'outils de charpentier, plusieurs grands récipients, des ustensiles en céramiques, des cordes, des restes de nourriture, ainsi qu'une lourde charge de pierres de lest. Ce bateau de commerce a dû sombrer durant un voyage et être abandonné.

 
 

 

 

L'Epave aux Figurines

Eparpillées le long d'un haut fonds sableux et riche en calcaire proche de Shavei Sion, un village côtier situé au nord d'Akko, des centaines de figurines d'argile furent découvertes en 1974 par un plongeur pratiquant la pêche sous-marine. L'embarcation transportant cette cargaison de statuettes votives en terre cuite a sans doute coulé alors qu'elle se dirigeait vers l'un des sanctuaires de la côte. Ces statuettes moulées, d'une taille variant de dix à trente cm, représentent la déesse Tinit, la plus importante du panthéon punique. Son emblème, composé d'un triangle surmonté d'une barre horizontale et d'un disque, reste nettement visible sur les socles de quelques-unes de ces figurines, qui datent du cinquième siècle avant J.-C.

La présence d'une telle collection de statuettes de la déesse Tinit sur la côte orientale de la Méditterranée invite à un questionnement d'ordre culturel et historique sur la nature des liens unissant les grandes villes phéniciennes et leurs colonies au cinquième siècle avant l'ère chrétienne.

 
 

 

 

 

Armes abandonnées par l'armée napoléonienne

Un canon, un mortier et quelques armes de dimensions plus restreintes furent jetés à la mer par les soldats de Napoléon fuyant Akko vers le sud en mai 1799. Cet armement fut découvert au nord de Maagan Michaël, sur la côte de Dor. Le canon de bronze, d'origine turque, mesurant 1, 60 m de long, fut pris en butin par l'armée napoléonienne se dirigeant vers Akko. Le mortier pose une énigme : fabriqué à Séville en 1793 (comme l'atteste l'inscription qu'il porte), comment cette bombarde de 333 kilos et d'un diamètre de 6 pouces s'est-elle retrouvée dans l'arsenal de Napoléon ?


Les recherches et fouilles sous-marines ont été menées par le Département des civilisations de la mer, de l'université de Haïfa, la Société d'exploration sous-marine d'Israël et la Direction des antiquités d'Israël, sous la direction de : E. Galili (le village néolithique) ; E. Linder et A. Raban (port d'Atlit) ; A. Raban (port de Césarée) ; E. Linder (port d'Akko, l'éperon, l'épave de Maagan Michael et les découvertes de Shavei Sion) ; S. Wachsman et K. Raveh (l'artillerie napoléonienne).

 

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