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Sites Archeologiques d-Israel - Le monastere de Martyrius

23 Nov 1999
 SITES ARCHEOLOGIQUES NO. 1
 INTRO | DAN | BARQUE ROMAINE | TSIPPORI | MARTYRIUS | CITE DE DAVID |  BENEDICTION | MUR OCCIDENTAL | SAINT-SEPULCRE | BEERSHEVA | EILAT
 
     
Le monastère de Martyrius
 
 
Vue aérienne du monastère

 

 

 

 

 

 

 

Le sol en mosaïque du réfectoire
 

Lorsque débuta la construction de la nouvelle ville de Maalé Adoumim sur les collines de Judée, à l'est de Jérusalem, (1982-1985) les vestiges du monastère byzantin de Martyrius furent mis au jour sur une colline située au centre même de la nouvelle agglomération. Comme aux temps anciens, cette colline surplombe la route reliant Jéricho à Jérusalem.

Le monastère de Martyrius comptait parmi les nombreuses communautés, abritant des centaines de moines, qui furent fondées dans le désert de Judée à l'époque byzantine. Selon une source de l'époque, Martyrius, né en Cappadoce, dans l'actuelle Turquie, arriva en l'an 457 au monastère d'Euthymius, à l'est de Jérusalem. Quittant cette communauté surpeuplée, il vécut en ermite dans une grotte voisine. Il devait devenir par la suite prêtre de l'église du SaintSépulcre, et patriarche de Jérusalem (478-486). C'est à cette période qu'il fit sans doute construire le monastère qui porte son nom.

Le site du monastère de Martyrius forme un carré presque parfait qui s'étend sur 2,5 acres, entièrement clos de murs qui ont été conservés jusqu'à une hauteur de deux mètres.

Le portail donnant sur ce monastère, situé dans son mur oriental, porte encore des gonds en fer (pour des vantaux de bois). Découverte à l'intérieur du portail, une pierre ronde pivotante, de 2,5 mètres de diamètre, assurait sans doute une protection supplémentaire. De nombreuses citernes taillées dans le roc, ainsi que tout un réseau de canaux, collectant les eaux de pluie et les amenant aux citernes, procuraient les ressources en eau indispensables dans cette zone semi-aride.

Construit autour d'une large cour intérieure, le monastère incluait de nombreuses pièces, une église, plusieurs chapelles, un réfectoire, des cuisines, une resserre, un établissement de bains, un enclos avec des stalles et des mangeoires pour les animaux et, enfin, de l'autre côté de la muraille, une auberge.

L'église principale, de 25,5 sur 6,6 mètres, était pavée de mosaïques multicolores dépeignant des animaux dans des cadres ronds ou hexagonaux. Il n'en reste malheureusement plus grand chose. Une inscription en grec mentionne les abbés Genesius et Johannes, en mémoire desquels avait été construite cette église.

Sur le côté septentrional du monastère, une grotte, à laquelle on accède par plusieurs marches, contient des squelettes. Une inscription en mosaïque, libellée en grec, mentionne les noms de trois prêtres enterrés là. On pense que le moine Martyrius vécut dans cette grotte avant d'occuper des fonctions ecclésiastiques à Jérusalem.

L'immense réfectoire, de 31 sur 25 mètres, est entouré de bancs de pierre et divisé par deux rangées de colonnes soutenant un second étage. Le sol est couvert de magnifiques mosaïques multicolores aux motifs géométriques, en parfait état de conservation. Une inscription libellée en grec précise : "Au temps de notre saint père Genesius, doyen (de la communauté) et archimandrite, ce travail a été réalisé pour son salut et celui de ses frères en Christ, et terminé au mois de mars, la première année de l'indiction."

La cuisine (21 sur 6 mètres), adjacente au réfectoire et également pavée de mosaïques, contenait des tables de marbre. On y découvrit des centaines d'ustensiles de céramiques et de métal, de pilons, de marmites et de coupes à vin en terre. L'établissement de bains était doté d'une piscine ainsi que d'une chambre chaude, dont le plancher reposait sur de petits piliers de briques.

A l'extérieur du monastère, près de l'entrée principale, une auberge de 43 sur 20 mètres, dotée d'une chapelle, de dortoirs et d'étables, pourvoyait aux besoins des nombreux pèlerins. De telles hôtelleries sont mentionnées dans les sources de l'époque comme un élément important dans la vie monastique byzantine.

Le monastère fut endommagé lors de l'invasion perse de 614 et abandonné au milieu du VIIe siècle, après la conquête arabe.


Les fouilles sur ce site ont été réalisées par Y. Maguen pour le compte de la Direction des antiquités d'Israël.

 
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