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Sites Archeologiques- Ein Hatseva – Une forteresse israelite a la frontiere d-Edom

23 Nov 1999

 SITES ARCHEOLOGIQUES NO. 3

 INTRODUCTION | FORTERESSE | ROGEM HIRI | TIBERIADE | SHAAR HAGOLAN |  SOUS-MARINE | VOIE | EGLISE | MASSADA | EIN HATSEVA | TROUVAILLES
 
     

Ein Hatseva
Une forteresse israélite à la frontière d'Edom

 
 
Le portail de la forteresse
 

A Ein Hatseva (Ein signifie source' en hébreu) les vestiges de plusieurs forteresses sont situés sur une colline basse de la vallée de la Arava, à quelque 35 km au sud de la mer Morte. La source - réserve d'eau fraîche dans cette région désertique - et la position stratégique de la colline à l'intersection de la route principale de l'Arava et de la voie Neguev-Edom constituent les deux raisons principales de la construction consécutive de forteresses sur ce site durant plus d'un millénaire. Chacune de ces forteresses servait de centre militaire et administratif de la région ainsi que de gite d'étape pour les caravanes.

Les ruines de Hatseva, ayant déjà fait l'objet de fouilles au début du siècle, ont été identifiées à la Tamar biblique : ...la frontière ira de Tamar, par les eaux de Meribat-Kadêch... (Ezéchiel 48, 28) et à la romaine Tamara. Cette identification a été confirmée au cours des fouilles menées entre 1987 et 1995.

LA FORTERESSE DU Xe SIECLE AV.

Cette petite structure fortifiée, datant du règne du roi Salomon, faisait partie du réseau de fortifications visant à protéger la frontière sud du royaume (avant le schisme entre les royaumes d'Israël et de Juda) et à contrôler les voies commerciales menant au golfe d'Eilat. (I Rois IX, 16-18)

LA FORTERESSE DES IXe-VIIIe SIECLES AV.

La précédente forteresse se révélant inadaptée à ses objectifs, une nouvelle place forte fut construite et entourée d'un mur d'enceinte fortifié de 50 x 50 m. Peu après, elle fut agrandie pour devenir une citadelle aux défenses massives, atteignant l'acmé de son importance en tant qu'élément central de la défense des frontières du royaume de Juda. Elle servait également d'étape sur les voies commerciales par lesquelles des marchandises précieuses (épices et parfums) étaient transportées depuis l'Arabie jusque dans cette région. La forteresse, une structure de 100 mètres sur 100, pouvait se comparer à l'époque et dans cette région, à une véritable ville comme Béer Shéva.

La forteresse antérieure devint alors une citadelle intérieure. C'est dans sa cour que se trouvaient les entrepôts et silos royaux, où étaient conservées les denrées alimentaires en cas de siège. Des traces de froment et d'orge furent découvertes au fond de l'un de ces silos.

Les murailles de cette place forte agrandie avaient quelque trois mètres d'épaisseur, des remparts protégeaient ses fondations, et les casemates étaient emplies de terre battue pour mieux les renforcer. Aux angles, s'élevaient des tours massives séparées par des contreforts. A l'angle nord-est de la forteresse, une porte fortifiée se dresse encore aujourd'hui à l'impressionnante hauteur de trois mètres. Chose courante à l'époque, ce corps de garde comprenait quatre salles distribuées deux par deux de chaque côté d'un passage de quatre mètres de long. Une rampe dallée menait de l'extérieur à la porte, et de son sommet, les alentours étaient visibles jusqu'à une grande distance.

 
1. Porte
2. Fortifications
3. Tours
  4-5. Silos
6. Entrepôts

Cette forteresse des IXe -VIIIe siècles est l'une des plus importantes de l'époque des rois de Juda. Elle fut sans doute construite sur l'initiative de Josaphat, roi de Juda (867-846 av. J.- C.), qui tentait de renouer les liens commerciaux avec l'Arabie en passant par le golfe d'Akaba (I Rois XXII, 49). Mais elle a également pu être édifiée par le roi Amacia (798-769 av. J.- C.) ou par son fils Ouzzia (769-733 av. J.- C.) qui lutta contre Edom et renforça les fortifications le long de la frontière méridionale du royaume de Juda. (II Rois III, 4-15 ; XIV, 7 ; II Chroniques XXVI,2, 10)

Cette forteresse a dû être endommagée par le tremblement de terre qui secoua Juda au milieu du VIIIe siècle av. (Amos I,1). L'affaiblissement du contrôle royal sur le Néguev rendit possible l'expansion édomite, provoquant la destruction de la forteresse à la fin du VIIIe siècle av.

LA FORTERESSE DU VIIe SIECLE AV.

La forteresse de Hatseva fut rebâtie à une échelle réduite au cours de cette période, mais seuls quelques éléments de sa partie est, y compris la muraille et des tours, ont été préservés. La majorité de cette structure fut détruite au moment de la construction de la forteresse romaine.

 
 

 

 

LE TEMPLE EDOMITE DU VIIe SIECLE AV.

Un ensemble unique de récipients rituels a été découvert dans l'entrepôt d'un lieu de culte à ciel ouvert situé au nord de la forteresse. Au fil des ans, des dizaines de récipients rituels en argile et plusieurs autels de pierre s'accumulèrent dans ce temple édomite. Parmi eux, se détachent des porte-encens en forme de bols reposant sur des bases arrondies, hautes, à claire-voie. Sur l'un de ces bols, de minuscules grenades en argile, symboles de fertilité, sont suspendues en grappe. Les supports anthropomorphiques sont particulièrement remarquables. Les membres et les traits de ces représentations humaines étaient façonnés séparément, puis fixés aux récipients et peints dans des teintes rouges. Sur les têtes de ces personnages, des bols destinés à offrir et à brûler l'encens. L'un des supports représente deux chèvres face à face, séparées par des personnages humains. Un bol portant des colombes en vol est fixé au sommet de cet objet cultuel exceptionnel.

Il semble que la Hatseva du VIIe siècle av. ait été un lieu cultuel édomite en plein air, fréquenté par les marchands venus d'Edom en direction du Néguev. Ce temple fut sans doute détruit - et les objets rituels brisés - lors des réformes religieuses de Josias, à la fin du VIIe siècle av.. La Bible relate (II Rois XXII-XXIII) que durant la purification du Temple à Jérusalem, la Tora (Pentateuque) fut redécouverte et que le roi Josias ordonna la destruction de tous les lieux de culte païens.

 
 

 

 

 

LA FORTERESSE DES PERIODES ROMAINE ET BYZANTINE

Elle faisait partie d'un réseau de fortifications gardant la frontière du Neguev pour empêcher les incursions des tribus nomades et protéger les voies commerciales menant aux ports méditerranéens. Près de la forteresse, un grand établissement de bains avait été édifié au troisième ou quatrième siècle, destiné sans doute aux soldats ou aux voyageurs qui s'arrêtaient là pour prendre du repos.


Après les fouilles, les vestiges de la forteresse de Hatseva ont été partiellement restaurés et le site est aujourd'hui ouvert aux visiteurs qui, se rendant à Eilat ou en revenant, empruntent la route de la Arava.


Les fouilles ont été dirigées par R. Cohen et Y. Yisrael pour le compte de la Direction des antiquités d'Israël.

 

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