Sites Archיologiques d’Israכl - Jיrusalem- sites funיraires et tombes de l-יpoque du deuxiטme Temple

10 Nov 1999
 SITES ARCHEOLOGIQUES NO. 2
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Jérusalem: sites funéraires et tombes de l'époque du deuxième Temple
 
 
Yad Avshalom

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le tombeau de Zacharie

 

 

 

 

 

 

 

 

Le tombeau de la reine Hélène d'Adiabène

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La tombe de Jason

 

 

 

 

Les Tombes du Sanhédrin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La tombe de Simon le bâtisseur du Temple

 

 

 

 

 

 

 


Le tombeau de Abba

 

 

 

 

 

 

 

La grotte de Jehosef fils de Caïphe
 

Les nombreux sites funéraires et tombes de l'époque du deuxième Temple (second siècle av. - premier siècle de l'ère chrétienne) découverts à Jérusalem ont fait l'objet d'une recherche intensive et ininterrompue. Des centaines de tombes, travaillées et simples, étaient taillées sur les pentes des collines entourant la ville, principalement sur le mont des Oliviers et le mont Scopus.

Les grottes funéraires étaient utilisées pendant plusieurs générations pour les membres de la même famille. Les simples tombes avaient une ouverture étroite, scellée par une pierre carrée. Plusieurs dizaines de tombes particulièrement grandes présentent de superbes façades, décorées de colonnes couronnées de pignons aux motifs floraux. Dans les tombes principales, les corps étaient placées dans des niches (kuhim) ou sur des bancs (arcosolia) taillés dans les murs des chambres funéraires. La caractéristique essentielle que présentent les tombes juives de cette époque sont les coffres de pierre avec couvercles (ossuaires). On en a retrouvé plusieurs milliers à Jérusalem, certaines décorées et portant des inscriptions. Elles témoignent de la pratique en vigueur de recueillir les ossements des défunts pour un second enterrement, une coutume se fondant sur la croyance juive en la résurrection des morts. Nous présentons par la suite la description de quelques tombes parmi les plus importantes.

Il existe trois célèbres tombeaux dans la vallée du Kidron :

  1. Yad Avshalom (monument consacré à Absalon, attribué traditionnellement au fils rebelle du roi David) est le caveau funéraire le plus complet de l'époque du second Temple. D'une hauteur de 20 mètres, le monument est constitué d'un soubassement carré taillé dans le roc et contenant une petite chambre funéraire. Ses quatre côtés extérieurs sont ornés de colonnes ioniques soutenant une frise dorique. La partie supérieure du monument est ronde et construite en pierre soutenant un toit conique concave. Le monument était probablement destiné à servir de nefesh (mémorial) pour la grotte voisine de Josaphat (roi de Juda, qui a donné son nom à cette partie de la vallée du Kidron) ; il contient huit chambres funéraires et sa façade est décorée de feuilles de vignes et de grappes de raisins en relief.


  2. Le tombeau de Zacharie (selon une première tradition, le prophète Zacharie ou, selon une autre tradition, le père de Jean le Baptiste) est un monument monolithique taillé dans le roc environnant. C'est un édifice carré de 5 m x 5 m, orné de colonnes ioniques et couronné d'une pyramide. Il servait probablement de nefesh pour la tombe située au-dessous.


  3. Le tombeau des Benei Hezir se caractérise par une façade libre comportant deux colonnes doriques, le tout taillé dans le roc. Une longue inscription en hébreu est gravée sur l'architrave au-dessus des colonnes, l'identifiant comme le tombeau et le nefesh de plusieurs membres de la famille Hezir, des prêtres du Temple qui furent enterrés dans la tombe creusée plus bas dans le roc. Ce nom apparaît dans la liste sacerdotale du premier Temple : ... le dix-septième à Hezir (I Chroniques 24 : 15) ainsi que dans celle du deuxième Temple (Néhémie 10 : 20).

  4. Le tombeau de la reine Hélène d'Adiabène, le plus grand tombeau de Jérusalem, est situé au nord de la Vieille Ville. Un long et large escalier entièrement taillé dans le roc sous-jacent au terrain environnant, mène à une vaste cour (27 x 26 m). La façade de la tombe elle-même comporte deux colonnes ioniques soutenant une architrave ornée de feuilles sculptées et, au-dessus, une frise décorée d'une grappe de raisins et de feuilles d'acanthe. L'entrée de la grotte funéraire, qui contient plusieurs chambres, est bloquée par une grande pierre amovible. L'un des sarcophages décorés porte l'inscription "Reine Tseddan". Le tombeau est attribué à Hélène, reine d'Adiabène (au nord de l'actuel Irak), qui se convertit au judaïsme au premier siècle de l'ère chrétienne et construisit un palais à Jérusalem. Selon Flavius Josèphe (Antiquités judaïques 20: 95; La Guerre des Juifs 5: 55, 119, 147) elle mourut à Adiabène, mais sa dépouille et celles des membres de sa famille furent transférées pour être enterrées dans le mausolée qu'elle avait construit pour sa famille à Jérusalem.

  5. La tombe de Jason, dans le quartier de Rehavia, consiste en une cour et une unique colonne dorique (au lieu de deux habituellement) décorant le porche à l'entrée de la chambre funéraire, au-dessus de laquelle une pyramide a été construite. Plusieurs bateaux ont été dessinés au fusain sur les murs du porche et l'une des inscriptions en grec et en araméen, pleure la mort de Jason : "Une puissante lamentation pour Jason, fils de P.. (mon frère) paix ... tu t'es construit une tombe, Aîné, repose en paix".

  6. Les tombes du Sanhédrin sont situées au nord-ouest de la Vieille Ville, dans le quartier encore appelé Sanhédria. Au-dessus de l'entrée, un pignon est décoré de fruits parmi des feuilles d'acanthe stylisées. La vaste grotte contient plusieurs dizaines de niches funéraires, approximativement le nombre des membres du Sanhédrin (120), qui a donné son nom aux tombes.

  7. L'inscription funéraire du roi Ouzia a été retrouvée dans la collection du couvent russe du mont des Oliviers, mais sans la moindre mention de l'endroit d'où elle a été enlevée. L'inscription en araméen est gravée sur une tablette en pierre (35 x 34 cm) et le style de l'écriture date de la fin de l'époque du deuxième Temple. Elle rapporte la réinhumation de la dépouille d'Ouzia, roi de Judah (769-733 av.) :

    Ici ont été apportés
    les ossements d'Ouzia
    roi de Judah
    et ne pas ouvrir

    La Bible rapporte les actes et les conquêtes du roi Ouzia et décrit également son enterrement : Ouzia reposa avec ses pères dans le champ de la sépulture des rois, car on allégua qu'il était lépreux (II Chroniques 26 : 3).

    De toute évidence, le roi Ouzia ne fut pas enterré dans les tombes royales à l'intérieur de la cité de David. Flavius Josèphe écrit (Antiquités judaïques 9 : 10,4) "qu'il fut enterré seul dans son jardin". La nécessité de retirer les ossements d'Ouzia de leur lieu d'inhumation premier fut probablement liée à l'expansion de la ville pendant le règne d'Hérode.

  8. La tombe de Simon le bâtisseur du Temple, située au nord de la Vieille Ville est toute simple. L'un des ossuaires trouvés dans la tombe porte une inscription en araméen disant : "Simon le bâtisseur du Temple". L'ossuaire contient vraisemblablement les restes d'un homme qui participa à la construction du Temple d'Hérode à Jérusalem. Il semble que ce fut un motif de fierté qu'il souhaitait léguer à la postérité.

    Parmi les ossements conservés dans un autre ossuaire, signalons la présence de deux os de talon, percés d'un grand clou en fer et indiquant une crucifixion. Cette découverte rare a fait l'objet de nombreuses publications et revêt un intérêt particulier dans la perspective de la description que donne le Nouveau Testament de la crucifixion de Jésus.

  9. Le tombeau de Abba a été découvert au nord de la Vieille Ville. Sur le mur au-dessus du dépôt se trouve une inscription en anciennes lettres hébraïques (très inhabituelles à l'époque du deuxième Temple) annonçant:

    Moi, Abba, fils du prêtre
    Eleaz(ar), fils dAaron le grand (prêtre),
    Moi, Abba, l'opprimé
    et le persécuté (?)
    qui suis né à Jérusalem,
    et fus exilé à Babylone
    et j'ai rapporté (à Jérusalem)
    Mattathi(ah),
    fils de Jud(ah), et l'ai enterré dans
    une grotte que j'ai acquis par contrat en
    bonne et due forme.

    Cette étrange inscription a suscité bien des spéculations sur l'identité de la personne enterrée là. Selon une théorie, la dépouille reposant dans l'ossuaire décoré est celle du dernier roi de la dynastie asmonéenne, Mattathias Antigone qui, pour tenter de recouvrer l'ancienne indépendance des Asmonéens, avait recherché l'aide des Parthes. Il fut vaincu et tué par les Romains en 37 avant l'ère chrétienne.

  10. La grotte de Jehosef fils de Caïphe est une petite tombe située au sud de Jérusalem. Cet ossuaire qui est le plus travaillé des ossuaires de la ville porte l'inscription en hébreu : "Jehosef bar [fils de] Caifa [Caïphe]". Le nom Caïphe apparaît ici pour la première fois en hébreu et dans un contexte archéologique. C'était un surnom comme en témoigne Flavius Josèphe : "Joseph qui est appelé Caiaphas" (Antiquités judaïques 23: 35, 39). C'est aussi le nom du grand prêtre mentionne dans le Nouveau Testament (Matthieu 26: 3, 57): c'est de sa maison que Jésus fut livré au procurateur romain Ponce Pilate qui ordonna sa crucifixion.


La tombe no 5 a été découverte par I.Y. Rahamani ; les tombes no 8 et 9 par V. Tzaferis et la tombe no 10 par Z. Greenhut. Tous travaillaient pour le compte de l'Office des antiquités d'Israël. Les autres tombes sont situées au-dessus du sol ou ont fait l'objet de publications scientifiques il y a plusieurs décennies.