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Tabgha - L-eglise de la Multiplication des pains et des poissons

23 Nov 1999
 SITES ARCHEOLOGIQUES NO. 4
 INTRODUCTION | HATSOR | TABGHA | HAMMAT GADER | BELVOIR | RAMLA |
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Tabgha: L'église de la Multiplication des pains et des poissons
 
   

Pour commémorer les grands événements du ministère de Jésus et les miracles qui lui sont attribués, les chrétiens des débuts de l'époque byzantine érigèrent des monastères, des églises et des sanctuaires, en Galilée et sur les rives du lac de Tibériade. Tabgha, altération arabe du mot grec Heptapegon ( sept sources ), site traditionnel du miracle de la Multiplication des pains et des poissons (Saint Matthieu XIV, 13-21), est située dans une vallée étroite et fertile de la rive septentrionale du lac, alimentée par plusieurs sources.

Le premier édifice érigé au IVe siècle sur le site fut une petite chapelle (18 x 9,6 m), dont une partie seulement des fondations a été exhumée. Il s'agit probablement du sanctuaire décrit dans ces termes par Egérie, pèlerine de la fin du IVe siècle :

Dans ces lieux même (non loin de Capharnaum), face à la mer de Galilée, est une terre où l'eau abonde, où pousse une végétation luxuriante, aux nombreux arbres et palmiers. A proximité se trouvent sept sources qui fournissent de l'eau en abondance. Dans ce jardin fertile Jésus nourrit cinq mille personnes avec cinq pains et deux poissons. La pierre sur laquelle le Seigneur déposa le pain devint un autel. Les nombreux pèlerins venus sur le site la brisèrent en pièces pour soigner leurs maux.

 
 

 

Au Ve siècle, un grand monastère et une église ornée de ravissants pavements de mosaïque furent érigés sur le site. L'ensemble couvrait une superficie de 56 x 33 mètres, comprenant des cours intérieures ainsi que plusieurs pièces servant d'ateliers manufacturiers et de logement pour les moines et les nombreux pèlerins de passage.

Détruits au VIIe siècle, vraisemblablement au cours de la conquête arabe, le monastère et l'église de Tabgha furent ensevelis sous une couche épaisse de boue et de pierre. Après les fouilles menées pendant les années quatre-vingt, l'église fut restaurée dans sa forme byzantine et des fragments des pavements originels de mosaïque y furent incorporés.

 
 

 

 

 

 

 

 

L'église, en forme de basilique, est divisée en trois nefs séparées par deux rangées de colonnes. Au centre de la paroi orientale se trouve une abside flanquée de deux pièces réservées aux officiants. L'estrade ménagée à l'avant de l'abside est clôturée par un jubé où se dresse, au centre, un autel recouvrant le rocher sur lequel Jésus avait posé les pains. C'est le site vénéré du miracle de la multiplication des pains et des poissons. La célèbre mosaïque exhumée à l'arrière de ce rocher représentant un panier de pains entouré de deux poissons et datant du VIe siècle a été placée devant l'autel lors des travaux de restauration de l'église.

La basilique de Tabgha est célèbre pour ses pavements de mosaïque, les plus célèbres des églises byzantines de Terre sainte. La plus grande partie est formée de motifs géométriques. Les pavements les plus remarquables décorent les deux côtés du transept, celui situé à gauche de l'estrade (6,5 x 5,5 m) présente dans son pourtour des fleurs de lotus.

Les autres sont des représentations polychromes de la flore et de la faune locale, agrémentées d'édifices. Les fleurs et les animaux, essentiellement des oiseaux, sont figurés avec un réalisme tel qu'il est aisé d'y identifier les lotus, oléandres et nénuphars, canards, francolins, hérons, oies, colombes, cygnes, cormorans, flamands et cigognes. Un instrument rond en forme de tourelle représenté sur le pavement permettait de mesurer le niveau des eaux de la mer de Galilée (un nilomètre , utilisé à l'origine dans le delta du Nil) comme le prouve sa graduation en lettres grecques.

L'église bénédictine de Tabgha est ouverte aux visiteurs et pèlerins qui, comme le faisaient leurs prédécesseurs de l'époque byzantine, viennent toujours nombreux la visiter de nos jours.

Les fouilles menées en 1968 furent dirigées par B. Bagatti et S. Loffreda pour le compte du Studium Biblicum Franciscanum. Celles menées en 1979-1980 le furent par R. Rosenthal et M. Hershkovitz pour le compte du Département israélien des Antiquités et des Musées (désormais Direction des antiquités d'Israël), de l'Université hébraïque et de l'abbaye de la Dormition à Jérusalem.

 
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