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Revue israélienne des arts et des lettres - 1998/107-8
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Jérusalem est un manège
Yehuda Amichai
Jérusalem est un manège qui tourne, qui tourne
Part de la Vieille Ville, passe par tous les quartiers,
sen revient à lAncien.
Impossible den descendre. On en saute en marche au péril de sa vie
Celui qui en descend au bout de tous ses tours doit repayer
Afin deffectuer sa montée pour des tours qui nont jamais de fin.
En guise déléphants et de chevaux de couleur à enfourcher
Il y a des religions qui montent et qui descendent et qui tournoient
Sur leur axe au son de mélodies bien huilées des maisons de prière.
Jérusalem est une balançoire ; parfois je suis en bas
Au tréfonds des siècles passés ; parfois je monte au ciel, alors
Je hurle comme un enfant, les jambes ballant au firmament,
Je veux descendre, papa, je veux descendre,
Papa, fais-moi descendre.
Et tous les saints montent ainsi au ciel.
Eux, comme hurle un enfant : papa, je veux rester là-haut,
Papa, ne me fais pas descendre, notre père, notre roi,*
Laisse-nous en haut, notre père, notre roi.
Traduit de lhébreu par Francine Kaufmann
* Avinou Malkenou Refrain dune ancienne litanie juive récitée les jours de péritence et de jeûne
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