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Moshe Dann - Les sept phases de la renaissance juive

6 Sep 1999
 Revue israélienne des arts et des lettres - 1998/107-8
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  Les sept phases de la renaissance juive

Moshé Dann


Si lhistoire juive se définit par la foi, elle a également été modelée par la réaction du peuple juif aux épreuves tragiques endurées au fil du temps. En dépit des persécutions récurrentes dont il a pâti, le peuple juif a apporté un tribut exceptionnel à la civilisation. La dynamique de lhistoire juive est unique, non seulement parce que ce peuple a subi dinnombrables tentatives de destruction, mais surtout parce quil a survécu à toutes les vicissitudes. Les juifs ont maintenu leur identité au sein de cultures étrangères tout en sadaptant à leur pays daccueil et en adoptant ses particularités culturelles. En dépit dune assimilation à grande échelle, les valeurs fondamentales et les traditions juives ne furent jamais compromises. Aucun autre peuple nen fut capable pendant de si longues périodes.

Depuis leur esclavage par les Egyptiens et jusquà nos jours, la réaction à la tragédie a défini la survie des juifs ; leur énergie créatrice les a mutés tantôt en objet dadmiration, tantôt en objet dannihilation. Après 3 500 ans de persécutions, les juifs ne sont pas seulement toujours présents, ils occupent de nouveau leur terre ancestrale, et fait plus surprenant encore, parviennent à la défendre. Potentiellement, laccomplissement des prophéties bibliques peut conduire à la gloire comme au désastre et ce paradoxe empreint lhistoire juive depuis ses origines. Car si la force peut rendre vulnérable, la vulnérabilité peut aussi étayer la force. De sorte que les catastrophes portent souvent en elles des graines de résurgence, comme si les menaces danéantissement généraient de nouvelles modalités de survie.

Ce schéma, qui sest reproduit sept fois dans lhistoire juive, fournit peut-être la clé du caractère exceptionnel du devenir juif. Les sept périodes ne sont pas arbitraires puisque ce chiffre correspond à cet extrait du Lévitique, XXVI, 18-24: Que si malgré cela vous ne mobéissez pas encore, je redoublerai jusquau septuple le châtiment de vos fautes. Je briserai votre arrogante audace, en faisant votre ciel de fer et votre terre dairain ; et vous vous épuiserez en vains efforts, votre terre refusera son tribut, et ses arbres refuseront leurs fruits. Si vous agissez hostilement à mon égard, si vous persistez à ne point mobéir, je vous frapperai de nouvelles plaies, septuples comme vos fautes. Je lâcherai sur vous les bêtes sauvages, qui vous priveront de vos enfants, qui extermineront votre bétail, qui vous décimeront vous-mêmes, et vos routes deviendront solitaires. Si ces châtiments ne vous ramènent pas à moi et que votre conduite reste hostile à mon égard, moi aussi je me conduirai à votre égard avec hostilité, et je vous frapperai, à mon tour, sept fois pour vos péchés.

Pourquoi ce chiffre sept précisément et pourquoi est-il répété quatre fois ? Révélerait-il une alternance dépoques fastes et de périodes dexil ? Appliquée aux sites bibliques, archéologiques et historiques dIsraël, une telle perspective est paradigmatique dans lhistoire juive, elle constitue un cadre de référence systématique donnant continuité et valeur aux lieux géographiques. Comme cette perspective nenglobe pas les premiers temps de lhistoire juive, les sites de lépoque des patriarches et des matriarches, tels Mamre et la grotte de Makhpela en sont exclus. Cette perspective peut être présentée de la façon suivante :

(1) Lexode dEgypte fournit aux Hébreux loccasion de recevoir les cinq Livres de Moïse le Pentateuque de retourner en terre dIsraël et de voir sépanouir la tradition prophétique. Suivant les premiers pas de la conquête en terre dIsraël sous la conduite de Josué, le premier site visité sera Tel Jéricho. Cest à la lisière de la cité, à Gilgal, que les Israélites, fils desclaves, campèrent pour célébrer leur première Pâque en terre promise. Cest là, selon la légende, que Josué composa le Aleinou, prière où est formulé le dessein suprême du peuple juif : transmettre au monde le message de la présence divine, accomplir linjonction divine de création dune société fondée sur les valeurs morales du monothéisme. Aucun peuple na exprimé, aucune conquête na inspiré un tel élan spirituel. La prise de Jéricho représente donc, non la force physique du peuple juif, mais son dessein créatif et sa vision rédemptrice.

Le même message est réitéré lorsque les Israélites arrivent à Sichem (la moderne Naplouse) que surplombe les monts jumeaux dEbal et de Gerizim. A lépoque des Juges, les luttes du peuple juif contre les Cananéens et les Philistins avaient essentiellement pour but la survie physique (cest notamment le cas de lhistoire de la prophétesse Debora dans la région de Hatsor) et la réaction à la menace dassimilation (Samson à Beit Shemesh et Gaza, Ruth et Noémi à Bethléem).

Limportance de Silo comme lieu de culte (lArche de lAlliance demeura sur ce site pendant trois siècles et demi) et lavènement de Samuel, le plus grand prophète de son temps, coïncident avec la recrudescence des hostilités contre les forces philistines. Cette époque culmine avec le couronnement du roi Saül.

Sous le règne de David, son successeur, les tribus unifiées infligent à leurs ennemis des défaites décisives et font de Jérusalem leur capitale. Le mont Moria, où Abraham avait conduit son fils Isaac près dun millénaire plus tôt, est acheté et sanctifié. Avec un prophète, un prêtre et un roi, la scène est désormais prête pour un formidable développement. La construction du Premier Temple par Salomon représente lacmé de lhistoire juive : un symbole de paix, de réconciliation et de présence divine.

Suivit une période de déclin et de conflits spirituels dont le dénouement, à Tel Dan, souligne le rôle de lidolâtrie et limminence du désastre. La civilisation juive doit lutter simultanément contre la corruption interne, linvasion assyrienne et vraisemblablement aussi contre une tendance répandue à lassimilation. Les brèves périodes de renouveau sous les règnes dEzechias et de Josias et sous lemprise de grands prophètes comme Isaïe ou Jérémie ne peuvent éviter la destruction du Temple par les Babyloniens.

(2) Malgré lexil et la captivité, le peuple juif dirigé par ses prophètes, puis plus tard par ses Sages sépanouit à Babylone. Soixante-dix ans plus tard, les Perses ayant conquis lempire babylonien, les juifs recouvrent leur liberté ; plusieurs milliers dentre eux retournent en Erets-Israël sous la houlette des prophètes Ezra et Néhémie pour reconstruire Jérusalem et le Temple. Mais nombreux furent ceux qui choisirent de rester vivre en exil. Pour éviter le schisme, les membres de la Knesset ha-gedola, la Grande Assemblée, composée des 120 plus grands sages de leur temps, décident de structurer systématiquement la vie et le rituel juifs. En exil, éloignés du Temple, ils instaurent la liturgie et les institutions destinées à fixer le rituel et les pratiques communes à toute la diaspora. Cest à cette époque que le texte biblique fut canonisé .

Les siècles précédant la dynastie hasmonéenne furent une période faste mais le règne des Hasmonéens fut entaché de querelles intestines et de corruption. Sous Hérode le Grand, la cité de Jérusalem et le Temple furent agrandis et embellis. Plus tard, les Romains détruisirent le Deuxième Temple, puis la citadelle de Massada, ultime symbole de la résistance acharnée des juifs au pouvoir romain.

(3) La destruction du Deuxième Temple en 70 et lexil qui sensuivit se traduisirent par la réorganisation du rituel juif quotidien, excluant désormais les offrandes rituelles et les cérémonies au Temple. La pratique religieuse soriente vers des formes spirituelles collectives et individuelles. En dépit de la brutalité des persécutions romaines, la vie juive ne sest pas étiolée. A Yavne, Yohanan Ben Zakaï regroupe les Sages rescapés des persécutions : ensemble ils entreprennent la compilation de la Michna puis du Talmud. Soixante ans plus tard, Simon Bar Kokhba et Rabbi Akiva dirigent une nouvelle révolte juive. Des quartiers généraux de Betar, les juifs se lancent dans une guérilla dévastatrice. Lempereur Hadrien décide alors dachever ce que ses prédécesseurs avaient entamé : tant de juifs sont tués ou pris en esclavage que pour la première fois depuis des siècles les juifs ne constituent plus la majorité de la population du pays.

Le centre de la vie juive se déplace alors vers le Nord, la Galilée, le Golan. A Tsippori (Sepphoris) et à Beit Shearim, Rabbi Yehuda Hanassi dirige la compilation de la Michna.

Cent cinquante ans plus tard, le Talmud de Jérusalem est parachevé à Tibériade. Pendant ce temps, lEmpire byzantin a succédé à lEmpire romain décadent. Malgré les persécutions, les juifs ne se contentent pas de survivre, ils créent des exploitations agricoles, construisent des villages, érigent des synagogues. Ces exemples dune vie juive florissante reflètent aussi la position délicate dans laquelle ils se trouvent : dans leur attachement sans faille au judaïsme, ils luttent pour mener une existence paisible de loyaux sujets de lautorité étrangère pour survivre en tant que juifs. Aux débuts de la conquête musulmane, les juifs furent traités moins sévèrement, parfois même avec magnanimité. Mais ce répit fut de courte durée.

(4) En 1099, les croisés entrent en conquérants à Jérusalem, massacrant indistinctement ses habitants juifs et musulmans. En route pour la Terre sainte, ils avaient déjà détruit des centaines de communautés juives avec une cruauté inouïe. Mais les croisés nétaient pas venus dans lintention de sinstaller en Erets-Israël. Ils étaient là en conquérants. Leurs châteaux sont des fortifications contre la population locale, leurs églises des symboles de la force brutale au service dune domination à vocation religieuse.

En 1187, le kurde Saladin défait les Francs à la bataille décisive des Cornes de Hittin, non loin de Tibériade. Plusieurs autres croisades sont lancées, mais sans succès.

Les horreurs perpétrées par les croisés avaient quasiment annihilé le peuple juif. Non seulement des cités entières furent anéanties, mais également le pivot du judaïsme létude et la littérature rabbinique fut réduit en cendres. Et pourtant Maïmonide (Rambam, 1135-1204) fut le plus grand philosophe et médecin juif de son temps. Sa codification de la loi juive (la Halakha) facilita laccès de ses contemporains aux préceptes de la religion juive. Selon la tradition, son tombeau se trouve à Tibériade. Nahmanide (1194-1270), auteur de nombreux ouvrages philosophiques qui contribuèrent à la préservation de la vie juive et à lessor de la pensée juive au XIIIe siècle, rétablit une présence juive à Jérusalem. Mais quelques décennies plus tard les menaces se multiplient pour le peuple juif : soulèvements anti-juifs en Espagne, expulsion des juifs dAngleterre en 1290 puis de France à compter de 1306 et jusquau XVe siècle, campagnes anti-juives en Allemagne, nouveau pouvoir musulman sur le Moyen-Orient qui règne à partir de lEgypte, celui des Mameluks.

Esclaves convertis à lorigine, les Mameluks semparent du pouvoir vers le milieu du XIIIe siècle. Ils stoppent les invasions mongoles en Asie Mineure, chassent définitivement les croisés, et par la même occasion, persécutent les juifs. On peut encore voir en Israël des constructions typiques de leur architecture, principalement à Ramle, la capitale de la province.

Menés par Soliman le Magnifique, le bâtisseur entre autres des fortifications denceinte de Jérusalem, les Turcs défirent les Mameluks en 1517.

(5) Lexpulsion des juifs dEspagne en 1492 eut dimportantes répercussions sur les communautés juives de lEmpire ottoman, des Pays-Bas et dEurope orientale, et jusquen terre dIsraël. Les Ottomans accueillirent favorablement les réfugiés juifs espagnols fuyant les persécutions. Avides de cet accueil salvateur, nombreux furent ceux qui retournèrent sur la terre de leurs ancêtres alors sous hégémonie turque. A Safed et Hebron surtout, ils introduisent la mystique juive, la kabbale. Vers le milieu du XVIe siècle, Safed en devint le foyer principal. Le mouvement, qui traite de la question cruciale de savoir où se situe Dieu quand son peuple souffre, va modifier la pensée et la vie juives. Les kabbalistes émettent lhypothèse que le peuple juif est semblable aux offrandes sacrificielles apportées par les fidèles au Temple, les korbanot, dont le rôle est dexpier et de réparer les péchés du monde. Par la souffrance, le monde peut retrouver son intégralité. La souffrance nest ni inutile ni vaine : elle est une étape sur la voie de la rédemption. Lépreuve réelle de la foi, cest la souffrance ; elle annonce la venue du Messie. En saméliorant, il est possible daltérer lordre du monde. La persécution nest pas arbitraire : elle sinscrit dans le projet divin et les juifs sont la manifestation de la lumière divine. Par la prière et le chant on peut sanctifier le nom de Dieu.

Apparu en Espagne au XIIe siècle, le Zohar (Livre de la Splendeur) est fondé sur loeuvre de Shimon Bar Yohaï, sage du IIe siècle enterré à Méron. En décodant les secrets du Zohar, les kabbalistes de Safed croient se trouver à la veille dun bouleversement exceptionnel. En enseignant la kabbale, ils parviendraient à réparer le monde, à le purifier des forces du mal, à paver la voie de la rédemption finale. Si la souffrance des juifs est une épreuve, leur retour en terre dIsraël est toutefois une preuve de rédemption.

Simultanément, et toujours à Safed, Yossef Caro rédige une nouvelle codification de la loi juive, le Choulhan Aroukh, version plus claire et plus systématique de travaux antérieurs. Enfin, les rabbins de Safed proposent de rétablir le Sanhédrin, une des institutions avec la monarchie et le Temple qui devraient précéder ou accompagner la venue du Messie. Personne navait osé jusque là faire une pareille suggestion depuis labolition du Sanhédrin et de la fonction de Nassi (patriarcat) par les Byzantins au Ve siècle. Bien que cette proposition ait été rejetée par dautres instances, elle montre toutefois à quel point les rabbins de Safed étaient convaincus de se trouver à lorée dune extraordinaire métamorphose du monde.

(6) Un siècle plus tard, les communautés juives dEurope subirent une série de pogroms, en Ukraine surtout. Dans une vague de ferveur religieuse apparurent de faux messies, tel Sabbataï Tsevi. La débâcle qui sensuivit ouvrit la voie au mouvement hassidique fondé par le rabbin Israël Ben Eliezer, le Baal Shem Tov. Ces petits groupes articulés en communautés et dirigés par des dirigeants spirituels charismatiques protégèrent par leur message despoir et de foi le monde juif du risque dannihilation physique et spirituelle que provoquaient les persécutions et lassimilation. A partir du XIXe siècle, des mouvements sionistes, à vocation religieuse ou profane, envisagent le retour en terre dIsraël comme une autre forme de salut.

(7) De nos jours, la Shoah va précipiter la création de lEtat dIsraël, car cest seulement en contrecoup de cette tragédie sans pareille que les nations se montrèrent prêtes à cautionner létablissement dun État juif. Si quelque six millions de Juifs ont épousé des Gentils depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, plusieurs milliers de leurs coreligionnaires sont devenus observants. A lheure actuelle, près de la moitié de la population juive vit en Israël sous la menace darmes nucléaires, chimiques et biologiques proférées par des pays musulmans.

En dernière analyse cependant, la politique ne peut transcender lhistoire : le peuple juif a atteint les étapes finales dun méta-processus dintégration dans le monde. Si Israël est attaqué et sembrase, le monde entier sera probablement attiré dans ce tourbillon destructeur. Au moment de la création de lEtat dIsraël, nombreux furent ceux qui y virent le signe avant-coureur de la Rédemption. Cest peut-être pourquoi des voix sélevèrent alors pour demander linstauration du Sanhédrin. Lidée fut rejetée, mais le fait que la proposition fut émise est significative, car elle navait jamais été envisagée depuis lépoque des kabbalistes de Safed. Le retour des Juifs sur leur Terre inspira cette grande vision.

Le processus de retour physique vers la Terre et spirituel vers ce qui est essentiel à lexistence juive est au coeur dune mutation qui fournit un fil directeur pour appréhender lhistoire juive. Sous-jacente à lhistoire juive, se trouvent la croyance en la perfectibilité de lhomme et de son environnement et un attachement sans limite à une vision, la conviction dun dessein et dune mission, qui puise son origine dans la Bible. On ne peut réduire lhistoire juive à une série de réussites individuelles, aussi impressionnante soit-elle, mais à un acharnement à préserver lidentité juive. Sans un ensemble de croyances et de pratiques, le judaïsme naurait pas survécu. Ce nest donc pas seulement les juifs qui ont fait lhistoire juive mais la Bible, les documents écrits, les marques de lhistoire qui authentifient le passé et assurent la continuité des générations futures.

Le rêve du retour et de la reconstruction de la Terre dIsraël, le regroupement historique des juifs, ces thèmes essentiels tout au long de leur histoire font partie dun processus de rédemption qui voit les antiques prophéties se réaliser. Tel est le destin des juifs.

Par-delà les difficultés ponctuelles, on ne peut quêtre stupéfait par tout ce qui a été accompli. Mais ce nest pas sur le plan des réalisations pratiques et des innovations technologiques que lhistoire juive est exceptionnelle. La renaissance dIsraël est à la fois transcendante et immanente. Pour les Juifs, le concept de sainteté transformer le monde en son essence spirituelle nest pas un idéal abstrait qui saccomplira dans le monde futur ; il sagit dune réalité quotidienne, qui se manifeste dans chaque acte conscient. Au-delà de la foi partagée, ce qui a soutenu les juifs et le judaïsme cest lenseignement de sa pratique aux enfants, et le soutien dune structure familiale vigoureuse. Un univers aux proportions messianiques peut être créé par les actes les plus simples, les plus triviaux. La mission dintroduire la sainteté dans le monde nincombe pas quaux juifs ; cependant, la manière dy parvenir leur revient. En cela leur histoire est exceptionnelle.

Le peuple juif a gardé la conviction que son histoire a un sens, enchâssé dans la Bible, commenté dans le Talmud, inspiré par une vision prophétique, et réitéré dans la pratique quotidienne. Ce nest pas seulement le monothéisme qui importe ; il exige un cadre de vie, un univers centré sur Dieu. Ce système fait converger vers lhomme la responsabilité divine : puisque nous sommes dotés du libre arbitre, cest nous pas Dieu qui créons la sainteté. Nous avons les moyens datteindre létat suprême de lexistence humaine : la transformation radicale du monde physique en univers spirituel.

La création en 1948 dun État juif indépendant fut le point de départ dun processus de rassemblement dont les échos résonnent dans les aspirations les plus profondes du peuple juif au cours de son histoire. Le déroulement du plan divin explique lintégration dun devenir national spécifique dans un cadre universel. Dans cette perspective, peut-être peut-on expliquer non seulement le comment mais aussi le  pourquoi  de la survie du peuple juif. Pour le meilleur et pour le pire, lEtat dIsraël a redéfini les termes de lexistence juive, voire celle de toute lhumanité.

Traduit par Michel Sharon

 
 
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