Deux percées technologiques décisives pour la santé et la sécurité des plongeurs.
Daniella Ashkenazy
Les êtres humains ne sont pas conçus pour la vie aquatique. En d'autres termes, la plongée, qu'elle soit exercée en tant que sport ou dans un contexte professionnel, comporte des risques pour la santé, voire pour la vie. Deux nouvelles entreprises, créées par des Israéliens passionnés de plongée, ont décidé de relever le défi et de réduire quelque peu les risques que présente l'environnement marin pour la santé et la sécurité.
Plusieurs années de recherche et de développement ont abouti à l'invention de deux accessoires de plongée. L'un se fixe sur les oreilles pour les protéger d'un dysfonctionnement ou d'une infection, tout en améliorant l'audition sous-marine ; il constitue une importante mesure de sécurité sur les cours d'eau fréquentés par des bateaux se déplaçant à grande vitesse. L'autre sert d' yeux au plongeur, et améliore les conditions de sécurité tout en permettant de repérer rapidement un plongeur en détresse.
Chez l'être humain, ni les oreilles, ni les poumons, ne sont construits pour une immersion prolongée. Lorsque l'eau pénètre dans les cavités internes, l'ouïe s'atrophie, et souvent le système d'équilibre est atteint, ce qui provoque des vertiges, des éblouissements et une perte de la coordination, autant de phénomènes bien plus dangereux lorsqu'ils se produisent sous l'eau.
Les plongeurs se plaignent fréquemment d'une gêne ressentie dans l'oreille. Cette gêne, plus ou moins vive, qui peut même affecter l'ouïe de façon irréparable, résulte de l'incapacité de l'oreille externe et moyenne à égaliser la pression suffisamment vite pendant la descente du plongeur en eau profonde. Pour surmonter cette difficulté, les plongeurs vident leurs oreilles - ils égalisent la pression en se pinçant les narines et en fermant la bouche tout en chassant l'air de leurs poumons dans la cavité buccale et en l'expulsant par les trompes d'Eustache situées dans l'oreille moyenne. Cette technique s'avère cependant d'une efficacité limitée. Au bout de quelques jours de plongée, les trompes d'Eustache sont encombrées de mucus par suite des irritations suscitées par l'eau froide et souvent polluée. D'innombrables plongeurs sont donc contraints de se reposer jusqu'à ce que leurs oreilles récupèrent . Le dysfonctionnement de l'équilibre n'implique pas seulement un arrêt momentané des plongées ; il s'accompagne également de la pénétration par l'eau froide dans les orifices et de leur exposition à des polluants, souvent sources d'infection. Dans les cas extrêmes, les plongeurs risquent une atteinte irréversible de leur ouïe causée par toutes sortes de problèmes, notamment la rupture des tympans et les infections chroniques.
En coopération avec une équipe de professeurs de plongée, de médecins et d'ingénieurs, la société Safe Dive a conçu Proear 2000, qui garde au sec les oreilles du plongeur et contribue à égaliser la pression exercée par l'environnement marin sur l'oreille humaine.
Proear 2000 est un masque de plongée spécial, doté d'une paire d' oreillettes en forme de coupelles hydrodynamiques en silicone et plastique, qui s'ajoutent au masque de plongée ordinaire en silicone. Ces coupelles recouvrent entièrement l'oreille externe, isolant une zone étanche et laissant complètement secs l'oreille externe, le conduit auriculaire et le tympan. Cet accessoire, unique en son genre, protège l'oreille des effets néfastes du froid, des polluants et de la pression de l'eau. Le masque comprend également deux fins tubes de silicone partant du front et rejoignant les oreillettes . Lorsque le plongeur expire par le nez dans son masque, l'air traverse les tubes jusqu'aux coupelles, égalisant les pressions ambiantes entre l'oreille externe et l'oreille moyenne.
La seconde société qui a lancé sur le marché un accessoire apprécié des plongeurs est Aqua Acoustic. Créée en 1996 par Benjamin Kantor, un passionné de plongée, cette nouvelle entreprise a investi 600 000 dollars pour mettre au point un minuscule appareil autoguidé qui augmente la sécurité et réagit efficacement en cas d'urgence.
Jusque dernièrement, seuls les militaires et les grands services commerciaux disposaient d'un équipement de communication permettant aux plongeurs de signaler un état de détresse. Cet équipement, coûteux et encombrant, ne permettait pas de localiser immédiatement le plongeur en difficulté. Trop souvent, les sauveteurs ne retrouvaient que le corps.
La plongée ayant acquis une popularité sans précédent, il devenait impératif de trouver un appareil efficace, autoguidé, relativement peu coûteux et de taille réduite, susceptible de lancer un signal de détresse. La société Aqua Acoustic a relevé le défi.
Le DiveGuard associe une alarme ultrasonique et un système autoguidé dans les deux sens, fonctionnant à la fois comme une liaison de sécurité et un point de repérage en plongée. Le système est constitué par deux appareils spéciaux en forme de manchon, l'un porté par le plongeur immergé et l'autre par un autre plongeur, ou situé à l'endroit du départ. Si le plongeur connaît des difficultés - par exemple, s'il est empêtré dans un filet de pêche ou désorienté par une baisse de l'arrivée d'air - il peut activer l'appareil en mode SOS . Un signal de détresse continu est alors envoyé dans toutes les directions. N'importe quel appareil allumé dans un rayon de 500 mètres peut détecter le signal, et déclencher une sonnerie et des signaux d'alerte lumineux. Le signal, traversant un étroit faisceau conique, permet aux sauveteurs de suivre la direction du rayonnement de l'alarme - au sens propre comme au sens figuré - pour parvenir jusqu'au plongeur en difficulté.
Le DiveGuard fonctionne à une profondeur maximum de 50 mètres. Il peut aussi être amélioré par une minuterie notifiant au plongeur que le temps imparti s'est écoulé, et par un indicateur de profondeur avertissant que la limite autorisée a été franchie. L'inventeur envisage en outre de commercialiser des appareils moins coûteux, constitués uniquement d'émetteurs, qui peuvent être abandonnés comme des balises montrant le chemin emprunté vers tel ou tel but - l'équivalent pour le plongeur des repères de pistes dans une forêt.