Une solution israélo-égyptienne à la famine en Afrique : l'introduction de cultures nouvelles.
Simon Griver
IPALAC, sigle anglais du Programme international de promotion des cultures en zones arides, a pour visée de soulager la famine dans les régions de l'Afrique sub-saharienne en y implantant des cultures à succès dans d'autres pays du tiers-monde.
Le transfert des cultures fait partie intégrante de l'histoire de l'humanité, explique le professeur Dov Pasternak, coordonnateur scientifique d'IPALAC. Ainsi le café, qui est l'une des cultures les plus rentables d'Amérique Latine, est originaire d'Afrique, tandis que le manioc, denrée de base en Afrique, vient du continent américain. Le blé, que l'on associe à l'Amérique du Nord, vient en fait d'Asie ; les agrumes, si populaires dans le bassin méditerranéen, sont originaires d'Extrême-Orient ; quant à la pomme de terre, denrée de base européenne, elle vient d'Amérique.
Rien n'empêche donc l'Afrique sub-saharienne et d'autres pays où sévit régulièrement la famine, de profiter de cultures florissantes dans d'autres régions, à condition de les transplanter correctement , ajoute le professeur Pasternak.
Basé à l'Université Ben-Gurion du Néguev, à Beershéva, IPALAC, établi conjointement par l'UNESCO, le ministère finlandais des Affaires étrangères et MASHAV, le Centre de coopération internationale du ministère israélien des Affaires étrangères, s'inscrit dans les efforts entrepris par l'Université Ben-Gurion pour lutter contre la désertification et mettre en place une agriculture rentable dans les régions arides et semi-arides du monde. Israël en général et la région du Néguev, en particulier, sont des exemples parmi les plus célèbres au monde de fertilisation et de rentabilité agricole en zones arides et semi-arides.
IPALAC a déjà mis en uvre deux projets en Afrique : la culture de mûriers pour la production de la soie et de palmiers-dattiers pour celle des dattes.
Un projet d'introduction d'une variété de mûrier tolérant la sécheresse au Ghana, au Nigéria et en Ouganda, a été mené par IPALAC en collaboration étroite avec l'Egypte qui a mis en place avec succès une ferme d'élevage du ver à soie près de Louxor. Une session d'études sur la soie a été organisée par IPALAC et par l'Agence égyptienne de reboisement en juillet 1999 au Caire, permettant ainsi au programme israélien de profiter de l'expérience accumulée par l'Egypte dans le domaine de la culture des mûriers.
Nous avons remporté un grand succès en Haute-Egypte avec nos mûriers , a affirmé M. Mamdouh Riad Tadros, sous-secrétaire d'Etat égyptien au reboisement, au cours d'une récente visite en Israël où il s'est rendu pour célèbrer le 20ème anniversaire de la coopération agricole israélo-égyptienne. Nous nous employons à présent avec les Israéliens à reproduire ce modèle réussi dans d'autres pays africains.
Autre projet d'envergure d'IPALAC : l'introduction de palmiers-dattiers en Afrique occidentale. Avec l'aide de fonds de la FAO, des palmiers ont été plantés avec succès en Mauritanie, au Sénégal, au Niger, au Mali, au Cameroun et au Tchad.
Nous estimons à 500 $ par an le rapport au fermier de dix palmiers, précise le professeur Pasternak, une jolie somme d'argent pour les habitants de ces pays.
La stratégie israélo-égyptienne s'inscrit dans la politique de promotion de la coopération scientifique entre les deux pays, qui lie des instituts de recherche nationaux et internationaux à des ONG et d'autres organisations dans le but de développer, d'évaluer et d'appliquer les projets, sur place et à l'étranger. Cette visée, conjuguée à l'organisation de congrès internationaux, entre dans les objectifs d'IPALAC.
Pour l'heure, IPALAC cible les pays d'Afrique occidentale. Ses interventions futures se feront au profit du développement agricole d'autres régions du monde.