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Les eglises byzantines du Neguev |
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SITES ARCHEOLOGIQUES NO. 5
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INTRODUCTION |
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EGLISE NEA |
KATHISMA |
EGLISES DU NEGUEV
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Les églises byzantines du Néguev
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Au premier siècle avant l'ère chrétienne, les Nabatéens (des négociants nomades du nord de l'Arabie) fondèrent, dans l'actuel royaume de Jordanie, un royaume ayant pour capitale Petra. Ils accumulèrent une grande richesse grâce à leur commerce de parfums et d'épices de prix, qu'ils transportaient par caravanes de chameaux de l'Afrique orientale et d'Arabie jusqu'au port de Gaza, au sud de la Méditerranée. Pour assurer la sécurité sur leurs routes commerciales, les Nabatéens construisirent des relais aux intersections des principaux axes - à Kournoub (Mampsis), Shivta et Avdat.
Dans l'inhospitalier désert du Néguev, les Nabatéens développèrent, sur les collines, une agriculture en terrasses, et mirent au point un ingénieux système pour recueillir la moindre goutte d'eau ; pour récupérer l'eau des crues, ils construisirent des barrages dans les vallées ; pour recueillir l'eau de pluie, ils creusèrent des citernes dans le roc. Leurs relais devinrent des villes.
En l'année 106, le royaume nabatéen fut conquis par les Romains qui l'annexèrent à leur empire.
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Kournoub
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Kournoub est située à une quarantaine de kilomètres à l'est de Béer Shéva, au-dessus du Nahal Mamshit. Les Romains la fortifièrent pour en faire un élément du limes, le réseau de forts délimitant et protégeant la frontière orientale de l'empire. Aux époques romaine et byzantine, Kournoub était une ville florissante. Dans la seconde moitié du IVe siècle, deux églises y furent construites. La ville fut abandonnée à l'époque de la conquête arabe (au milieu du VIIe siècle).
L'église orientale fut édifiée à l'endroit le plus élevé de la ville. Elle fait partie d'un ensemble d'une superficie de 55 m x 25, constitué de dépendances et d'un petit bain. Devant l'église, un atrium (cour) entouré de portiques (nef latérale couverte), était doté, en sous-sol d'une citerne recouverte d'arches. L'église, mesurant 25,5 m x 15, comprenait deux rangées de colonnes, une bama (estrade surélevée) et une abside. Le sol de l'église était pavé de mosaïques aux dessins géométriques et en grandes croix ; celui des nefs latérales était recouvert de dalles de pierre. Une petite salle, avec des fonts baptismaux sur son sol, a été retrouvée au sud de l'église. Les fondations d'une tour de quatre pièces - probablement un clocher d'après le cadran solaire retrouvé - ont été mises à jour près de l'entrée de l'église.
Située dans la partie ouest de la ville, l'église occidentale, de dimensions plus restreintes, mais plus travaillée, présentait un plan similaire. Le sol de mosaïque était divisé en médaillons octogonaux agrémentés d'oiseaux et de paniers de fruits, et deux paons faisaient face à la tribune surélevée. Deux inscriptions mentionnent le nom du bâtisseur, un certain Nilus, ainsi que les noms de deux des bedeaux de l'église.
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Shivta
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Shivta est située à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest de Béer Shéva. Quelques édifices datent de l'époque romaine, mais la plupart furent construits à l'époque byzantine, lorsque les habitants se consacrèrent à une agriculture intensive. Au IVe siècle, deux églises y furent construites (au nord et au sud) ; par la suite, aux Ve et VIe siècles, lorsque la ville s'étendit, l'église du centre fut ajoutée. Shivta semble avoir été abandonnée pendant la période islamique (IXe-Xe siècle).
L'église située au sud fut construite au milieu des édifices de la période romaine, près des citernes. Faute de place, elle ne comportait qu'une seule abside flanquée d'une pièce de chaque côté. Au VIe siècle, ces pièces furent transformées en deux petites absides latérales ornées de peintures murales représentant, entre autres, Moïse et Elie ainsi que la Transfiguration du Christ. Pendant la dernière phase, plusieurs pièces furent ajoutées au nord de la basilique, notamment des chapelles, un grand baptistère aux fonts baptismaux en forme de croix et un autre, taillé dans le roc, de dimensions plus réduites, à l'intention des petits enfants. Une inscription retrouvée sur un linteau atteste que la construction de ces annexes datent du début du Ve siècle, et une autre, gravée dans le sol, mentionne l'année 640.
L'église située au nord faisait partie d'un grand monastère constitué de plusieurs cours et d'une quarantaine de pièces, à l'extrémité nord de la ville. L'unique accès à cette église traversait un atrium particulièrement spacieux (21 m x 15) s'ouvrant sur la citerne creusée en contrebas dans le roc. Entre l'atrium et l'église, un narthex (vestibule) menait à la triple entrée de la basilique d'une superficie de 12 mètres sur 10, divisée par deux rangées de six colonnes en une travée principale et deux nefs. Comme dans l'église du sud, l'abside centrale d'origine flanquée de salles fut remplacée, au VIe siècle, par une triple abside. Les niches percées dans les murs des absides latérales contenaient probablement des reliquaires. Le sol, comme la partie inférieure des murs, étaient recouverts de dalles de marbre.
Une chapelle, bordée d'une abside sur son côté est, fut construite au sud de la basilique. Le sol est pavé de mosaïques aux dessins géométriques, et une inscription mentionne sa construction à l'époque de l'évêque Thomas, dans la cinquième année de l'indiction (517).
Le baptistère, avec ses grands fonts baptismaux taillés dans la pierre, est situé sous la chapelle. Il était également utilisé comme cimetière, et contient de nombreuses tombes portant les noms de moines et de prêtres ainsi que des dates comprises entre 612 et 679.
L'église centrale fut construite au cur du nouveau quartier résidentiel (Ve-VIe siècle) de la partie nord de Shivta. Son atrium, petit et étroit, donnait accès à une basilique d'une superficie de 18 mètres sur 14. Deux rangées de quatre colonnes s'alignaient sur la longueur, et trois absides bordaient son côté est.
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Avdat
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Avdat est située sur une crête au centre des montagnes du Néguev. Au milieu du IIIe siècle, elle fut repeuplée et devint un important avant-poste romain, doté d'un quartier résidentiel s'étendant au sud-est de l'acropole.
Au VIe siècle, à l'époque de la domination byzantine, Avdat comptait une population de 3 000 habitants. De nouveaux produits agricoles étaient cultivés dans les vallées environnant la ville, et un certain nombre de pressoirs à vin ont été mis à jour, témoignant d'une importante activité viticole. Une citadelle ainsi qu'un monastère comprenant deux églises ont été construits sur l'acropole. La ville fut détruite, probablement par un tremblement de terre, et abandonnée au VIIe siècle.
L'accès à l'église située au nord et construite dans le style d'une basilique à abside unique, s'effectuait par un atrium doté d'une citerne. A l'arrière, vers l'ouest, on trouvait des fonts baptismaux en forme de croix et un autre plus petit pour les enfants.
L'église située au sud, plus importante, comportait trois absides sur le côté est. Dans le sol, des reliquaires contiennent les restes de saints locaux. Sous la salle de prière de l'église, se trouvent les tombes de dignitaires du clergé et les inscriptions gravées sur les pierres tombales datent de 542 à 618. L'une de ces inscriptions donne le nom de l'église : le Martyre de Saint-Théodore, connu également grâce à d'autres inscriptions, qui fut abbé du monastère d'Avdat et est enterré dans cette église.
Les trois sites ont été restaurés après les fouilles, et sont ouverts au public.
Les fouilles effectuées à Kournoub et à Avdat ont été dirigées par A. Neguev de l'Université hébraïque de Jérusalem et de l'Autorité des parcs nationaux ; à Shivta, les fouilles remontent aux années 1930. Le déblaiement et la restauration ont été effectuées par A. Aviyonah, pour le compte de l'Autorité des parcs nationaux.
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