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Tiberiade- l-eglise a l-ancre

2 Mar 2000

 SITES ARCHEOLOGIQUES NO. 5

 INTRODUCTION | SAINT-JEAN-D'ACRE | BETHSAIDA | TABGHA | BARQUE
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Tibériade: l'église a l'ancre

 
 

 

 

 

 

 

 

 


 

La ville de Tibériade se trouve sur la rive occidentale du lac de Tibériade. Au sixième siècle, à l'acmé de son expansion, l'empereur byzantin Justinien fit construire une enceinte autour de la cité, qui escaladait les pentes escarpées orientées vers l'ouest et englobait le point culminant, le mont Bérénice. C'est là que des vestiges d'une église byzantine contenant des objets cultuels rares ont été découverts en 1990-93. L'église, située à l'intérieur de la muraille d'enceinte de la ville, offre un panorama à couper le souffle sur tout le lac de Tibériade, ses rives et les montagnes au loin.

Ce complexe ecclésiastique mesure 48 mètres sur 28 mètres et inclut une cour (atrium), une basilique, une église à triple abside et de nombreuses pièces autour de ces bâtiments. Les murs sont en blocs de basalte carrés chaulés de blanc, et le sol est pavé de mosaïques multicolores.

La cour (atrium) est inhabituellement vaste. Flanquée de bas-côtés reposant sur des piliers carrés, elle était pavée de mosaïques aux motifs noir et blanc. Au-dessous se trouvait une vaste citerne, dont le plafond était soutenu par une volée d'arcs. L'eau de pluie était collectée des toits et de la cour et drainée vers la citerne par des tuyaux d'écoulement.

Le long de la salle de prières de l'église, deux rangées de colonnes supportaient le toit. Deux rangées de bancs de pierre semi-circulaires étaient placés le long de l'abside centrale proche du mur oriental. Le sol de l'église était pavé en partie de mosaïques colorées, représentant des raisins, des grenades ou des oiseaux, et en partie de carreaux de marbre aux formes géométriques.

Au centre de la scène (bama), on a mis au jour le fondement d'une pierre d'autel, avec au-dessous d'elle une plaque de marbre couvrant une cavité contenant une pierre de basalte soigneusement taillée, de 55x35x11 cm. La partie inférieure de la pierre est grossièrement travaillée en forme de cone, ce qui tend à prouver qu'elle se trouvait à l'origine dans le sol. Au centre de cette pierre, une perforation biconique indique à l'évidence qu'il s'agit d'une ancre, version réduite de celles qui devaient être utilisées par les bateaux voguant sur le lac de Tibériade. Elle fut placée ici et sans doute vénérée dans le contexte des activités de Jésus sur ce côté du lac.

Entourant la cour et l'église, de nombreuses pièces, au sol de mosaïque, servaient probablement aux membres du clergé qui assuraient l'entretien de l'église et s'occupaient des nombreux visiteurs.

L'édifice fut endommagé par le tremblement de terre de 749. Il fut rénové à plus petite échelle, avec quelques caractéristiques architecturales islamiques, comme des arcs brisés, soutenus par des couples de colonnes. Fait rare, cette église resta utilisée, avec des modifications mineures, durant toute la période de la domination musulmane. Les Croisés renforcèrent la structure de l'église par des contreforts extérieurs, ajoutant en outre un clocher à sa façade.

L'édifice fut détruit lors de la conquête de Tibériade par les musulmans, en 1187. Ses vestiges, visibles avant le début des fouilles, sont restés relativement bien conservés grâce à la difficulté d'accès et à la distance les séparant de la ville de Tibériade.

Les fouilles ont été dirigées par Y. Hirschfeld pour le compte de la Direction des antiquités d'Israël.

 

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