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La camera- une source de fierte

1 Apr 2000
 ISRAEL MAGAZINE-ON-WEB: Avril 2000
 
     
La caméra, une source de fierté
 
 

 

 

 

 

Vera Etzion

 

 

 

 

 

 

 

 

Vera Etzion
 

A Jérusalem, un centre de communications novateur favorise l'intégration sociale et l'épanouissement individuel.

Simon Griver

Le Centre communautaire Cagan de Jérusalem, spécialisé dans les communications, est unique en son genre. Il réunit des personnes de tous les milieux pour les aider à exploiter leurs capacités et à surmonter leurs problèmes personnels.

Situé dans un quartier connu pour son niveau de vie peu élevé, le Centre a pour vocation première l'intégration. Offrant un avenir plus attrayant aux 1 500 personnes qui s'y rendent chaque semaine, ses activités inventives de vidéo et de photographie attirent des participants de Jérusalem et de sa banlieue.

Il existe plusieurs centres de communications dans le pays, explique Jochaï Rottenberg, le directeur du Centre Cagan. Mais nous sommes le seul centre doté d'une philosophie éducative visant à stimuler les personnes, en particulier celles qui se tiennent elles-mêmes en piètre estime. Les frictions résultant de la réunion de personnes issues de différents milieux les incitent à extérioriser leurs sentiments et les aident à s'accepter les uns les autres.

Mais, alors que le Centre Cagan comble le fossé séparant des personnes différentes, il a remporté son succès le plus marquant en aidant les personnes à surmonter des complexes et à donner toute leur mesure.

Yossi Fackenheim, âgé de 19 ans, fréquente le centre depuis six ans et participe à un atelier de photographie et de réalisation de vidéos. Il déclare apprécier tous les aspects du projet, depuis l'écriture et la photographie jusqu'à l'interprétation et la réalisation.

A ce jour, mon travail le plus important a été un documentaire sur ma mère qui était en train de mourir de la maladie d'Alzheimer, rapporte-t-il. Après bien des souffrances, elle est décédée au début de l'année. Faire un film sur ce sujet m'a aidé à affronter ma propre douleur. C'était une thérapie.

Après avoir terminé son service militaire en 1991, le commandant Rottenberg du corps d'Education et de l'unité de santé mentale prit en charge le Centre Cagan. Fondé en 1968 par la municipalité de Jérusalem et la section de la WIZO - l'organisation mondiale des femmes sionistes - l'institution fonctionnait comme un centre communautaire ordinaire jusqu'à l'arrivée de M. Rottenberg. Il a ajouté cet aspect unique en son genre : la photographie et la vidéo et, plus récemment, une station de radio et des activités sur Internet.

Guittit Perlmutter, responsable du cours de réalisation de vidéo depuis six ans, souligne que

son atelier a pour objectif principal d'amuser les participants. Mais en outre, la réalisation d'un film fait partie du processus conduisant ces adolescents à l'âge adulte, précise-t-elle. Ce travail en commun leur permet de mieux se connaître eux-mêmes, leur apprend la responsabilité, la prise de décision et la vie en société.

Hila Perlmutter, âgée de 18 ans (sans lien de parenté avec Guittit), habite à proximité du Centre qu'elle a commencé à fréquenter il y a trois ans. J'ai fait des films sur des motos, sur mes convictions philosophiques et sur les fêtes nationales, explique-t-elle. J'adore photographier, jouer et diriger. J'ai énormément appris sur mes sentiments. Réaliser des films vous donne un pouvoir considérable. Vous pouvez déformer, modifier et censurer ce que disent les gens. Mais c'est important d'essayer de filmer la vérité. Hila, qui avait autrefois envisagé d'abandonner l'école, espère aujourd'hui poursuivre des études de cinéma. Ce résultat, souligne M. Rottenberg, prouve que des activités encourageant la créativité comme la réalisation de films sont susceptibles d'influencer des adolescents à la dérive.

M. Rottenberg est particulièrement fier des occasions que le Centre Cagan donne à certains habitants - des enfants comme des adultes - atteints de handicaps.

Pour Avner Moskovitch, âgé de 40 ans, qui est conditionneur dans une usine de textiles de Jérusalem, la séance au Centre Cagan est le moment clé de la semaine. Nous tournons un film sur ma vie, raconte-t-il. Nous sommes retournés dans le quartier du marché de Mahané Yehouda où j'ai grandi pour filmer des scènes de mon enfance. Nous avons filmé les escaliers où mon père m'a poussé lorsque j'étais enfant. Cela m'aide à pardonner à mon père pour les traitements qu'il m'a fait subir quand j'étais petit.

Les participants du Centre produisent des programmes locaux pour la station de télévision par câble de Jérusalem, et une annexe a ouvert ses portes dans un autre quartier de Jérusalem avec pour spécialité des activités journalistiques incluant la réalisation d'un journal.

En dernière analyse, nous aidons les gens à se retrouver, conclut M. Rottenberg.

Malheureusement, c'est quelque chose que les écoles et les autres structures plus classiques ne peuvent en général pas permettre.

 
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