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Monde Chretien et Israel - Printemps-Ete 2000

20 Aug 2000
 
  Monde Chrétien et Israël
Revue trimestrielle publiée à Jérusalem
Vol. VIII, No 3 - Printemps/Eté 2000

Monde Chrétien et Israël
Publiée en juillet 2000 par
l'Association de Chrétiens et Juifs en Israël
POB 13092, Jérusalem 91131
Rédacteur: Moshe Aumann
Publiée aussi en anglais, allemand, espagnol, italien et portugais

Sommaire

  • Rédacteur invité : La visite du pape
  • Le décès du Cardinal O'Connor : Un géant moral et spirituel
  • Centre d'études du christianisme à l'Université hébraïque
  • Le premier synode chrétien orthodoxe en Israël
  • Un tabernacle grandeur nature exposé dans le Néguev
  • Nouvelles
  • Aider les chrétiens à découvrir leurs racines
  • Amour, compassion, pardon
  • Programme d'études à Nes Ammim
  • Le bateau de Jésus trouve un abri définitif
  • Exhibitions spéciales aux muséees en Israël
  • Citations
  • Livres
  • En Bref
  • Supplément spécial : Le Pape en Israël
        (Textes et photos)


    Rédacteur invité : La visite du pape

    La perspective du recul ne réduit en rien le sens de la signification historique que revêt la récente visite pontificale en Israël.

    Les images du pèlerinage effectué par le pape Jean-Paul II - notamment sa visite à Yad Vashem et sa prière au Mur occidental - ont adressé au monde entier un message profond mais, sur les juifs d'Israël, elles ont exercé un impact particulier. Les Israéliens ne vivent pas dans un environnement chrétien et n'ont pas de contacts avec des chrétiens modernes. Même lorsqu'ils se rendent à l'étranger, ils rencontrent essentiellement des non-juifs plutôt que des chrétiens.

    Précisément parce que les Israéliens connaissaient fort peu les changements qui se sont produits dans les 35 dernières années, la visite du pape a étonné bon nombre d'entre eux qui ont découvert le fait que l'Eglise catholique, non seulement n'est plus hostile au peuple juif et à son Etat, mais recherche une relation positive et empreinte de respect avec le peuple que Jean-Paul II a qualifié de frères aînés bien-aimés (de l'Eglise) de la première alliance jamais révoquée par Dieu.

    Surtout, la réception officielle et la visite effectuée par le pape pour saluer le président d'Israël ont symbolisé la transformation qu'a subie l'enseignement catholique non seulement à propos du judaïsme et des juifs, mais également à propos du lien entre le peuple juif et le Pays d'Israël.

    En fait, peu de personnalités - s'il en est - ont autant contribué à promouvoir cette évolution que le pape Jean-Paul II en personne. Outre la condamnation de l'antisémitisme, à de nombreuses reprises stigmatisé comme un péché à l'encontre de Dieu et de l'homme , le pape Jean-Paul II a intensifié l'estime que porte l'Eglise au judaïsme et la compréhension qu'elle en a. Mais il fut aussi le premier pontife à manifester qu'il saisissait ce que représente l'Etat d'Israël pour le peuple juif, à prier pour lui (Redemptionis Anno, avril 1984) et à le décrire comme le droit historique du peuple juif (Parade, avril 1994). L'instauration de relations pleines et entières entre le Vatican et Israël, pour lesquelles il a pesé de toute son autorité, fut la confirmation diplomatique de ce changement d'attitude.

    Passé maître dans l'art d'utiliser les symboles, ce pape comprend fort bien la puissance de l'image visuelle. Sa visite historique à la grande synagogue de Rome, en 1986, a montré au monde entier les changements opérés dans l'enseignement catholique concernant le peuple juif - mais ces changements n'ont véritablement été appréhendés par de les masses que lorsqu'elles virent le pape se rendre à la principale maison de prière des juifs romains.

    De même, alors que sa visite en Israël n'était qu'une confirmation de l'incroyable retournement déjà accompli, elle a révélé pour la première fois cette réalité dans toute sa plénitude à de nombreuses personnes - probablement la majorité. En conséquence, en plus de tout le reste, la visite du pape a puissamment contribué à promouvoir l'uvre de réconciliation judéo-chrétienne en Israël ainsi que par le monde.

    Rabbin David Rosen,
    directeur du bureau israélien de l'
    Anti-Defamation League

    président du Conseil international des chrétiens et des juifs


    Le cardinal John O'Connor : Un géant moral et spirituel

    Dans la nuit du 3 mai, le cardinal John O'Connor, archevêque de New York, est décédé dans sa ville, à l'âge de 80 ans. Au service de l'Eglise catholique depuis 55 ans et l'un des principaux architectes de l'évolution des relations entre Israël et le Vatican, la cardinal O'Connor a été qualifié, dans un message de condoléances de M. David Lévy, ministre israélien des Affaires étrangères, de géant moral et spirituel .

    Une contribution historique

    Sa contribution aux relations entre catholiques et juifs est d'ordre historique, a déclaré le rabbin James Rudin, directeur du Comité juif américain pour les affaires interconfessionnelles. Il estimait les juifs et le judaïsme - la religion, le message, les fêtes. 

    Dans son message de condoléances, le président d'Israël, M. Ezer Weizman, écrit :

    Nous pleurons le cardinal O'Connor comme un véritable ami d'Israël et du peuple juif. Il a uvré inlassablement au rapprochement entre juifs et catholiques et à l'instauration de relations pleines et entières entre Israël et le Saint-Siège. D'une remarquable stature morale, défenseur de l'entente interconfessionnelle dans le monde, sa perte sera durement ressentie.

    Voici le texte complet du message du ministre des Affaires étrangères, M. Lévy :

    Le cardinal John O'Connor, homme de religion et de moralité, véritable ami du peuple juif et de l'Etat d'Israël, est décédé.

    Depuis plusieurs années, le cardinal O'Connor a exploité ses remarquables qualités pour réaliser l'impératif moral de l'histoire et tirer la leçon des tragiques événements du XXe siècle en Europe. Il a uvré inlassablement au rapprochement entre le peuple juif et l'Eglise catholique. Il a apporté une importante contribution à la réconciliation entre le Saint-Siège et l'Etat d'Israël.

    Le peuple juif et l'Etat d'Israël ont perdu un ami qui était un géant spirituel et moral, et partagent la douleur des catholiques dans le monde entier.


    Services pascals dans la Vieille Ville de Jérusalem


    Au cours d'une messe de la Semaine sainte célébrée devant la basilique du Saint-Sépulcre, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le métropolite grec orthodoxe Vassilios bénit la foule en l'aspergeant d'eau bénite avec un bouquet de fleurs



    Du nouveau à l'Université hébraïque : Un centre d'études du christianisme

    Un Centre d'études du christianisme, le premier du genre dans une université israélienne, a été inauguré au début du mois de mars dernier à l'Université hébraïque de Jérusalem. Le centre a été créé grâce à la générosité de Hubert et Aldegonde Brenninkmeijer-Werhahn, une famille catholique de Belgique.

    Dans ce Centre, la recherche portera essentiellement sur le christianisme depuis ses débuts, notamment ses composantes juives et son évolution dans les mondes oriental et occidental. L'accent sera mis sur des thèmes liés au christianisme en Terre sainte et au Moyen Orient, ainsi que sur les relations entre le christianisme et le judaïsme au cours des siècles.

    Enseigner à des prêtres

    Deux mois auparavant, l'Université hébraïque avait organisé un colloque d'une journée pour célébrer le 25e anniversaire d'un cursus dans lequel des intellectuels israéliens de l'université enseignent à de jeunes prêtres issus d'un institut dirigé par le Vatican. Ce cursus a été mis au point par l'Ecole internationale Rothberg de l'Université, en coordination avec l'Institut biblique pontifical.

    Le père Maurice Gilbert, qui a dirigé l'Institut à Rome de 1978 à 1984, puis le cursus de Jérusalem de 1984 à 1992, qualifie le programme d'unique dans la mesure où des prêtres catholiques reçoivent l'enseignement de professeurs juifs dans une institution israélienne. Le cursus a été lancé en 1975 par Mgr Carlo Maria Martini qui a uvré au rapprochement des relations judéo-chrétiennes et est devenu par la suite le cardinal de Milan. Quelque 500 élèves ont déjà suivi ce cursus, précise le père Gilbert.

    Cours d'été

    Cet été, comme les années précédentes, l'Ecole internationale Rothberg de l'Université hébraïque a organisé un programme de cours d'été durant les mois de juin et juillet. Nombre de ces cours présentaient un intérêt particulier pour les chrétiens, par exemple, les découvertes archéologiques du christianisme en Terre sainte ; l'archéologie de Jérusalem ; civilisations religieuses et implications politiques ; questions de droit, de religion et d'éthique selon les points de vue juif, chrétien et musulman ; etc. L'Ecole Rothberg propose aussi des formations de licence, de deuxième et troisième cycle, des stages d'hébreu et des programmes universitaires spéciaux.

    Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à l'Ecole internationale Rothberg, bâtiment Boyar, mont Scopus, 91905, Jérusalem, Israël. Tél. : 972-2-588-2602, Fax : 972-2-582-7078,
    E-mail pour les stages d'été : summer@roth.mscc.huji.ac.il


    Le premier synode chrétien orthodoxe en Israël

    Dans la photo de groupe ci-dessus : Les dirigeants de l'Eglise orthodoxe orientale de Russie, d'Europe de l'Est et des Balkans assistant à leur premier synode organisé en Israël durant la première semaine de janvier. Les dirigeants ont fait le bilan de l'histoire de l'Eglise et discuté de son avenir, mais aucune résolution formelle n'a été adoptée. L'hôte du synode, le patriarche grec orthodoxe Diodoros Ier de Jérusalem a déclaré, à propos de l'actuel processus de paix au Moyen Orient, qu' après bien des aventures douloureuses , Israéliens et Palestiniens sont sur la voie de la réconciliation. La communauté de Diodoros compte environ 250 000 membres répartis entre Israël, les régions palestiniennes et la Jordanie.

    Des observateurs ont souligné que, compte tenu des rivalités qui opposent ces Eglises, la signification de l'événement réside dans le fait même qu'elles se soient réunies pour discuter de leurs problèmes. D'après Theodosios Hanna, l'historien de cette Eglise, le dernier synode organisé à Jérusalem s'était réuni en 1941, sept ans avant l'indépendance de l'Etat d'Israël, mais avait été d'une bien moindre envergure.

    Les dignitaires de l'Eglise ont été reçus par M. Ehoud Olmert, le maire de Jérusalem, qui a souligné que c'était la première fois que tous les dirigeants de ces Eglises se réunissaient à Jérusalem sous les auspices du maire - ce qui constitue un véritable message politique.


    Un tabernacle grandeur nature exposé dans le Néguev

    Une maquette grandeur nature du tabernacle biblique acheté dernièrement par la Convention des baptistes du Sud installée aux Etats-Unis à ses constructeurs et propriétaires allemands, est actuellement exposée dans le parc Timna, dans le Néguev, un désert situé dans le sud d'Israël : depuis le port d'Eilat, sur la mer Rouge, le trajet ne dure que 20 minutes.

    La maquette, qui mesure près de 23 mètres sur 46 et comprend l'autel, le bain rituel, le Saint des Saints et les autres éléments mentionnés dans le Livre de l'Exode, a été fabriquée en 1986 par le Centre biblique de l'Ecole de vocation théologique de Breckerfeld, en Allemagne, et exposée dans sept villes d'Europe, principalement en Allemagne et en Suisse.

    Elle se dresse désormais à proximité des piliers de Salomon, ces impressionnantes formations de grès brun roux qui ont fait la célébrité du parc Timna et des mines de cuivre dans la région.

    C'est l'endroit idéal pour le tabernacle , explique Michael Lavie, le directeur du parc Timna. C'est l'un des rares sites des tribus nomades que nous pouvons identifier avec certitude - Yotbatha (Yotvata), une contrée abondante en cours d'eau' (Deutéronome 10 :7). Timna contient également les vestiges de mines de cuivre qui étaient probablement en activité à l'époque de l'Exode. Effectivement, les éléments en cuivre composant le tabernacle ont pu être façonnés à partir du minerai exploité ici même !


    Nouvelles

    Un couple chrétien à l'honneur à l'ADL

    Au Nouveau Mexique, le prestigieux prix de l'Education de l'Anti-Defamation League a été décerné, le 5 mars dernier, à John et Susan Sandager, un couple chrétien demeurant à Albuquerque, pour le travail qu'ils ont investi dans la création de Yad BeYad ainsi que pour l'éducation au dialogue prônant l'entente entre juifs et chrétiens qu'ils ont diffusé.

    L'orateur principal de cette cérémonie organisée à l'hôtel Sheraton d'Albuquerque était le journaliste Clarence Page, commentateur de la télévision et de la radio, lauréat du prix Pulitzer, qui a parlé de construire des ponts vers un siècle multi-culturel.

    Yad BeYad (en hébreu, main dans la main ) a été lancée il y a cinq ans par les Sandager pour faire connaître aux chrétiens les souffrances infligées aux juifs, à travers l'histoire, au nom de la religion. Depuis lors, l'organisation s'est considérablement développée et compte désormais plusieurs sections dans le Nouveau Mexique et au Texas. Susan s'est produite aux Etats-Unis et en Israël dans le rôle de Corrie ten Boom, une Hollandaise honorée par la distinction de Juste des nations pour son action durant la Seconde Guerre mondiale.

    Un groupe de chrétiens apporte son aide aux Falash Mura

    L'Association internationale des chrétiens et des juifs qui a participé, l'année dernière, au financement de l'intégration en Israël des juifs de la région éthiopienne de Quara, est disposée à proposer des fonds pour faciliter l'insertion des Falash Mura qui seront autorisés à immigrer en Israël. C'est ce qu'a annoncé, le 11 avril dernier, le rabbin Yechiel Eckstein, fondateur et président de l'Association. (Les Falash Mura sont les descendants de juifs éthiopiens convertis au christianisme).

    Quelque 26 000 personnes espèrent, dit-on, être admises en Israël en vertu de la loi du Retour ou de la loi d'Entrée. Plusieurs familles éthiopiennes vivant aujourd'hui en Israël ont encore des parents Falash Mura en Ethiopie. Les fonds pourraient être utilisés pour la formation professionnelle, des projets d'éducation et l'assistance aux familles dans le besoin.

    Le groupe du rabbin Eckstein recueille des fonds destinés aux projets d'immigration et d'intégration des immigrants d'Ethiopie et de l'ex-Union soviétique. Les donateurs sont principalement des chrétiens fermement convaincus qu'Israël est la patrie du peuple juif.

    Un don d'un million de dollars

    Le 30 mai dernier, le rabbin Eckstein a annoncé que les chrétiens des Etats-Unis avaient fait don d'un million de dollars à titre d'aide d'urgence aux localités situées le long de la frontière nord d'Israël.

    Après qu'Israël se soit dernièrement retiré du Sud-Liban, une zone qui, depuis une vingtaine d'années, servait de tampon entre les terroristes arabes et les villes et villages du nord du pays, les autorités militaires israéliennes ont dû repenser le système de défense dans ce secteur et le réorganiser complètement. En une nuit, plusieurs localités du nord d'Israël sont pratiquement devenues des avant-postes frontaliers, la menace terroriste de nouveau à leurs portes, tandis que Tsahal, l'armée israélienne, travaille fiévreusement à consolider les fortifications dans la région - notamment la construction d'abris, la fourniture d'autobus blindés pour le ramassage scolaire et d'autres mesures destinées à garantir que ces localités ne redeviendront pas aussi vulnérables qu'il y a tout juste une génération.

    L'annonce du don des amis chrétiens d'Israël aux Etats-Unis, par l'intermédiaire de l'Association internationale des chrétiens et des juifs, a été chaleureusement accueillie par le premier ministre Ehoud Barak et par la population locale.

    Ponts pour la paix développe son Centre d'entraide

    Béni qui a pour appui le Dieu de Jacob Il fait valoir le droit des opprimés et donne du pain à ceux qui ont faim. (Psaumes 146 : 5,7)

    Le Centre d'entraide de Ponts pour la paix à Jérusalem continue, plus que jamais, à développer ses projets, distribuant des vivres et des services aux personnes démunies, nouveaux immigrants ou Israéliens de longue date. En 1999, l'organisation a atteint un nouveau record.

    Durant l'année en cours, Ponts pour la paix  a distribué 280 058 kg de nourriture - soit 28% de plus que l'année précédente. Plus de 8 000 personnes reçoivent ainsi une aide directe ou par l'intermédiaire des 57 agences de la Banque de vivres ; 22 nouvelles agences ont été créées l'année dernière.

    La plus grande banque de vivres en Israël

    La banque de vivres de Ponts pour la paix , la première en Israël, est aussi la plus importante. Le Centre d'entraide est situé à Jérusalem, mais des livraisons sont organisées dans l'ensemble du pays. Selon les propres mots de Clarence Wagner, le directeur international de l'organisation, les programmes nous permettent d'aider à nourrir ceux qui ont faim en Israël, comme l'ordonne Jésus dans Matthieu 25 de nourrir le moindre de ses frères.

    Il est prévu d'étendre les activités de Ponts pour la paix grâce à l'acquisition d'un nouveau local de 2 200 mètres carrés comprenant des bureaux et des entrepôts. Un don complémentaire de 25 000 dollars canadiens (17 500 dollars US) offerts par Club 700 au Canada, facilitera, espère-t-on, le financement de ce projet d'expansion.

    Fondée en 1976, l'organisation chrétienne  Ponts pour la paix est installée à Jérusalem et se consacre à l'édification de relations sincères entre les communautés juives et chrétiennes, tout en encourageant un intérêt plus soutenu pour le pays et le peuple d'Israël. Grâce à des projets en Israël et dans le monde entier, les chrétiens ont l'occasion, comme le stipule la déclaration de principe de l'organisation, d'exprimer en actes, devant Dieu, la responsabilité biblique d'être fidèle à Israël et à la communauté juive.


    Aider les chrétiens à découvrir leurs racines
    Un point de vue personnel

    Yitzchak (Ed) Snitkoff

    Quel travail étrange pour un juif ?

    J'admets l'existence d'un dilemme concernant ma fonction de guide pour les touristes chrétiens en Israël. Mon travail consiste à présenter de façon vivante l'histoire des débuts du christianisme en réconciliant l'archéologie, l'histoire, la foi et les textes. Par ailleurs, je suis un juif croyant, pratiquant, qui n'accepte pas le christianisme au même titre que ma foi personnelle. Comment puis-je donc travailler avec des chrétiens et donner un contenu spirituel à leur visite ?

    Eh bien, je retourne aux racines. Cela peut sembler une simplification abusive, mais c'est ce que je fais. En circulant à travers le pays avec des chrétiens, je me replace dans le contexte de l'antiquité juive, à l'époque où les premiers chrétiens et le judaïsme rabbinique naissant étaient des frères étroitement liés - chacun revendiquant son lien unique à la Torah et à l'Alliance conclue avec Abraham. Bref, je remonte 2 000 ans dans l'histoire pour arriver au cur même de tout ce dont il est question.

    Des croyances analogues

    A Capharnaüm par exemple, les ruines d'une synagogue se dressent en face du premier site du culte chrétien, la maison de Simon, dit Pierre. Là, je raconte une histoire tirée des anciennes sources juives à propos de Rabbi Eliézer ben Hyrcanos (l'un des rabbins les plus importants du deuxième siècle) qui, soupçonné par les Romains de christianiser, fut appréhendé. Pourquoi fut-il arrêté ? Parce qu'un jour, au marché de Tsippori (Séphoris), il rencontra Jacob de Sikhnin, connu pour ses croyances chrétiennes qui lui rapporta une parole de la Torah au nom de Jésus. Lorsque le Rabbi répondit à Jacob qu'il appréciait cette interprétation, il fut entendu et rapidement arrêté.

    Imaginons une époque où les interprétations chrétiennes pouvaient encore être considérées comme faisant partie du corpus de la pensée juive. Quelle sorte de débats se déroulaient à Capharnaüm, le samedi matin, entre les juifs qui se rendaient à la synagogue et ceux qui se rendaient dans la maison de Pierre ? Que se disaient-ils dans leur langue maternelle araméenne ou hébraïque ? Se saluaient-ils le vendredi soir en se disant Passez un bon Shabbat ! ? Passaient-ils les fêtes ensemble ? Etudiaient-ils ensemble ?

    Lorsque nous pénétrons jusqu'au cur juif de la foi chrétienne, nous pouvons comprendre que le rapport entre christianisme et judaïsme ne se pose pas en termes de rivalité mais en termes de fraternité.

    Les premiers croyants étaient des juifs

    A Nazareth, je comprends la basilique de l'Annonciation pas à cause d'une foi dans le christianisme, mais par le fait que je parviens à percevoir la croyance en la rédemption du monde qui sous-tend la conception de l'édifice. Cette basilique glorifie une femme juive dont le fils juif était considéré par certains juifs comme le Messie. Je ne suis pas d'accord avec leur conclusion, mais je mentionne leur désir de voir arriver la délivrance et la fin de la souffrance dans le monde. On doit rappeler que les premiers croyants qui fréquentaient ce lieu étaient en fait des juifs qui croyaient en un judaïsme très proche de celui de leurs compatriotes galiléens qui ont produit le judaïsme rabbinique que nous observons aujourd'hui.

    Ainsi, tout en dépouillant le judaïsme et le christianisme de 2 000 ans de charges de toutes sortes (ordinairement négatives quant au regard porté l'un sur l'autre), nous retournons au marché de Tisppori retrouver Jacob de Sikhnin et Rabbi Eliézer, qui tentent de trouver des moyens de s'accepter l'un l'autre. Finalement, bien sûr, ils décident de se séparer et partent chacun de leur côté, mais ce moment unique dans l'histoire peut et doit être saisi pour comprendre ce qui nous lie sur le plan spirituel.

    Yitzchak (Ed) Snitkoff est un guide touristique agréé, opérant à partir de l'hôtel du Kibboutz Lavi, situé entre Nazareth et le lac de Tibériade. Il y dirige le Centre d'éducation Lavi. On peut prendre contact avec lui à l'adresse électronique suivante : lavi@lavi.co.il


    "Sur le chemin de la liberté : Le Livre de l'Exode dans les traditions juive et chrétienne" (IV)

    Amour, compassion, pardon

    (Voici le quatrième et dernier extrait que nous publions, du livre de Göran Larsson, Bound for Freedom).

    D'aucuns ont sombre dans le péché, et Dieu menace de les détruire. En même temps, Dieu partage ses plans avec un serviteur humain.

    (a) Noé. Le mal dans l'humanité a atteint de telles proportions que Dieu, ayant décidé de tout recommencer, déclare à Noé :  Tout ce qui est sur la terre mourra. Mais j'établirai mon alliance avec toi ; et tu pénétreras dans l'arche, toi et tes fils, et ta femme et les femmes de tes fils avec toi. (Genèse 6 : 17-18). Le drame se poursuit : Noé obéit ; tout ce que Dieu lui avait prescrit, il l'exécuta. (Genèse 6 : 22, 7 :5) Dans l'Epître aux Hébreux, Noé figure parmi les modèles de la foi : Grâce à sa foi, Noé alerté par Dieu à propos d'événements encore à venir, respecta l'avertissement et construisit une arche pour sauver sa famille . (Héb. 11 : 7).

    Une bonté relative

    La tradition exégétique juive s'interroge cependant sur certains aspects du comportement de Noé. Avant tout, il semble indifférent à la destruction du monde. Nous n'entendons pas la moindre objection ou protestation de sa part. Il obéit silencieusement à Dieu afin de sauver sa famille

    Même en prenant parti pour Noé - et les raisons ne manquent pas pour ce faire - il est évident qu'il n'est bon que de façon relative, comparé au personnage suivant confronté à un enjeu similaire.

    (b) Abraham. Que demande-t-il lorsque Dieu décide de détruire Sodome et Gomorrhe (Genèse 18 :16 sq.) ? Le texte dit : Alors, Abraham s'avança et dit : Anéantirais-tu, d'un même coup, l'innocent avec le coupable ? Peut-être y a-t-il cinquante justes dans cette ville : les feras-tu périr aussi, et ne pardonneras-tu pas à la contrée en faveur des cinquante justes qui s'y trouvent ? Loin de toi d'agir ainsi'! Et Abraham continue à plaider pour que les méchants soient épargnés. Il argumente, parlemente et implore pour changer les projets de Dieu. Abraham prend la défense des habitants de Sodome et Gomorrhe et fait tout son possible pour éviter la catastrophe qui les détruira tous....

    Aptitude à répondre

    A la différence de Noé, Abraham fait preuve de son sens des responsabilités et de sa capacité à répondre à Dieu, parfois par la négative. La rencontre avec Dieu peut susciter la prière Puisses-Tu faire que cela ne soit pas ! Telle est le sens même de l'intercession d'Abraham. A cet égard, la requête d'Abraham en faveur de Sodome et Gomorrhe constitue un bon exemple de responsabilité, de sollicitude et d'amour. Pourtant, comme le montre la comparaison avec un autre serviteur de Dieu, l'exemple d'Abraham lui-même peut être surpassé.

    (c) Moïse. Il existe au moins trois différences principales entre Abraham et Moïse. En premier lieu, quant à l'objet de leurs sollicitations. Abraham intervient en faveur des justes, Moïse en faveur des coupables. Abraham est préoccupé par les fidèles, Moïse par ceux qui ont trébuché Abraham en appelle à la justice divine, alors que Moïse implore sa pitié...

    Ce qui conduit à la deuxième différence : Abraham s'arrête à dix, tandis que Moïse est de toute évidence disposé à parlementer jusqu'au dernier. Quoi qu'il en soit, Moïse intercède pour son peuple sans la moindre restriction. L'histoire de Sodome et Gomorrhe se termine par une destruction ; celle du Veau d'or aboutit à une conclusion radicalement différente....

    En troisième lieu, Moïse plaide non seulement en faveur de personnes nullement innocentes, mais il va bien plus loin, ce qui le rend unique parmi les prophètes d'Israël (cf. Deutéronome, 18 : 18 ; 34 :10). Il est prêt à se compter lui-même parmi les coupables et à unir sa destinée à la leur : Alors Moïse retourna vers le Seigneur et dit : "Hélas, Ce peuple est coupable d'un grand péché. Ils se sont fait un dieu d'or ; et pourtant, si tu voulais pardonner à leur faute ! Sinon efface-moi du livre que tu as écrit". (Exode 32 :31-32).

    Moïse ne peut accepter d'être épargné alors que son peuple périt. Il refuse la proposition de Dieu : Donc, cesse de me solliciter, laisse s'allumer contre eux ma colère et que je les anéantisse, tandis que je ferai de toi un grand peuple ! (Exode 32 :10) Moïse ne souhaite pas devenir l'ancêtre d'un nouvel Israël remplaçant l'ancien, coupable d'apostasie, pas plus qu'il ne tente de dissimuler ou de minimiser la faute du peuple. Il sait cependant, qu'il y a des raisons d'épargner le peuple... Moïse soutient que l'apostasie du peuple ne peut abolir les promesses du Seigneur. L'alliance est plus forte que la faute des hommes ! ...

    Aucune théologie de substitution

    Noé, Abraham et Moïse devraient servir de miroir. Sommes-nous comme Noé, préoccupés seulement par le sort de nos proches ? Sommes-nous davantage comme Abraham qui prie d'abord pour ceux qui partagent notre foi ? Où sommes-nous disposés à être un Moïse pour nos voisins, quels qu'ils soient, particulièrement ceux qui sont loin de Dieu ?

    Moïse a été mis à l'épreuve et a triomphé en refusant d'accepter une théologie de substitution , d'après laquelle Israël serait effacé du Livre à cause de sa faute. Il est triste de constater que, d'une façon générale, le christianisme n'a pas surmonté cette épreuve. Très rapidement, l'Eglise s'est proclamée le nouvel Israël ou même le véritable Israël qui a remplacé l'ancien . Les chrétiens ont cherché - et trouvé - des passages de la Bible à l'appui de cette attitude arrogante et triomphaliste.

    Imaginons un instant un autre scénario. Imaginons les chrétiens cherchant dans les textes saints des arguments pour prouver que Dieu est resté fidèle aux Enfants d'Israël et à l'éternelle alliance conclue avec eux. Imaginons les chrétiens manifestant leur amour pour eux, un amour semblable à celui que Moïse ressentait pour son peuple, ce peuple qui nous a transmis la révélation de Dieu - notre frère aîné dans la foi ! Cette attitude aurait véritablement convenu à notre christianisme qui se proclame la religion de l'amour.


    Programme d'études à Nes Ammim

    Les dirigeants de Nes Ammim, un village chrétien situé en Galilée occidentale ont fait savoir qu'ils recherchent les services d'un pasteur ou théologien chrétien pour lui confier la coordination d'un programme d'études dans le village, pour une période d'au moins deux ans.

    Comme il s'agit de la langue officielle à Nes Ammim, une bonne maîtrise de l'anglais écrit et parlé s'impose, tout comme une expérience dans le travail pédagogique ou avec des fidèles en tant que théologien. Le candidat doit également bien connaître un ou plusieurs des sujets suivants : la Shoah, le judaïsme, la christologie post-Shoah. Les responsables de Nes Ammim précisent que des dispositions ont été prises pour les membres de la famille, notamment la possibilité d'un emploi à temps partiel pour l'épouse et des solutions pour la scolarité des enfants.

    A Nes Ammim, le travail, il faut le souligner, est bénévole. Les familles reçoivent un petit logement, de l'argent de poche, la sécurité sociale, une assurance maladie, les repas dans la salle à manger communautaire ou bien, une somme pour la nourriture.

    Ce village a pour objectif fondamental de promouvoir le dialogue judéo-chrétien et de prendre un nouveau départ dans la relation avec le peuple juif. L'accent est mis, en permanence, sur le respect, l'ouverture et l'écoute, dans la recherche commune d'une meilleure compréhension mutuelle entre les deux communautés.

    Pour tout renseignement et pour une candidature, s'adresser au révérend Andreas Grefen, Village de Nes Ammim, DN Galil Maaravi 25225, Israël. Tél. : 972-4-995-0062 ; Fax : 972-4-995-0067 ; e-mail : studypr1@nesammim.com

    Séder de Pâque orthodoxe dans une pension chrétienne

    Et voici du nouveau :

    Un séder orthodoxe strictement cacher (cérémonie traditionnelle et repas de fête organisé la veille de Pessah) a été organisé cette année au village chrétien de Nes Ammim, situé en Galilée occidentale.

    D'après John Singleton, le directeur de la pension de Nes Ammim, quelque 130 personnes, principalement des juifs religieux anglophones, assistaient à ce séder dirigé par un rabbin séfarade orthodoxe de Jérusalem. La nourriture, a précisé M. Singleton, était contrôlée par les rabbins du conseil religieux régional.

    Nes Ammim est un moshav agricole (village coopératif) dont les habitants sont des chrétiens, principalement originaires d'Europe. La plupart viennent étudier Israël et les relations entre juifs et chrétiens, pour un an ou deux.


    Le bateau de Jésus trouve un abri définitif

    Deux mille ans après sa construction, et 14 ans après sa découverte au fond du lac de Tibériade, le bateau de Jésus est désormais exposé de façon permanente dans le Centre Yigal Allon du Kibboutz Guinossar, situé sur les rives du lac, rapporte le Jerusalem Post (voir également Monde chrétien et Israël, vol. V, N 2, page 6, et vol. II, No 2, page 5).

    Au cours d'une manuvre complexe, une grue a soulevé le bateau de pêche d'une longueur de près de 8 mètres et l'a extrait de la solution chimique dans laquelle il trempait depuis sa découverte, en 1986, pour le déposer dans une annexe du Centre Yigal Allon. Désormais bien accessible au public, expliquent les responsables du kibboutz, le bateau pourra être vu par un nombre de visiteurs beaucoup plus important qu'auparavant.

    Le 12 mai dernier, une délégation catholique romaine a quitté le port de Haïfa pour un voyage symbolique des peuples de la mer , emportant avec eux une maquette du bateau de Jésus pour être offerte au pape Jean-Paul II.


    Le musée des pays de la Bible présente l'art chrétien

    M. Matan Vilnaï, le ministre de la Science, de la Culture et du Sport, et M. Ehoud Olmert, le maire de Jérusalem, ont accueilli un nombre considérable de dirigeants de communautés, de personnalités politiques, de dignitaires religieux et de membres des médias à l'occasion de l'ouverture d'une exposition sur les débuts de l'art chrétien organisée au musée des pays de la Bible à Jérusalem. Cette exposition, intitulée Images d'inspiration : l'Ancien Testament dans l'art chrétien primitif, présente une importante collection d'uvres d'art chrétien anciennes représentant des thèmes bibliques connus comme Adam et Eve, Abraham et Isaac, Noé et son arche, Daniel dans la fosse aux lions, etc.

    Sont exposés des objets d'un grand raffinement prêtés par les musées nationaux du Louvre, de Berlin, Cologne, Florence et Naples, ainsi que par l'Office des Antiquités d'Israël, le musée maritime de Haïfa, le musée Eretz Israël et des collections privées.

    L'exposition sera ouverte au public durant toute l'année du millénaire, jusqu'au 6 janvier 2001.

    Au musée Israël

    Par ailleurs, une exposition intitulée Berceau du christianisme a ouvert ses portes en face du musée des pays de la Bible - au musée Israël. Décrite comme un voyage visuel à travers l'histoire du christianisme, faisant revivre l'époque de Jésus de Nazareth et des débuts de l'Eglise, cette exposition est restée ouverte durant le mois de juillet 2000.


    Citations

    Association en faveur de l'environnement

    Dans la Terre sainte... sur une superficie très restreinte, on trouve une extraordinaire variété de paysages et de constructions, de faune et de flore. Etroitement associé à la vie et à l'évolution des trois grandes religions monothéistes, le pays, beau en lui-même, revêt une dimension particulière... En tant qu'héritiers d'une ancienne tradition d'intendance, nous ne pouvons accepter la dégradation croissante de notre environnement et son impact sur la santé des êtres humains et leurs moyens d'existence. En tant que juifs, chrétiens et musulmans, c'est pour nous un devoir sacré de reconnaître la responsabilité dont Dieu nous a chargés et de prendre des mesures pour empêcher la détérioration de l'environnement. Nous devons réaffirmer les traditions dont nous avons héritées.

    Extrait de la charte rédigée par l'Association interconfessionnelle pour la protection de l'environnement en Terre sainte, mai 2000

    Deux yeux - pour vraiment voir

    Comme toujours, je suis revenu d'Israël animé d'un regain d'intérêt pour son peuple et ce pays. Mais cette fois, je suis rentré très inquiet ; les dirigeants chrétiens du pays pourront-ils contribuer à amener la paix ? Ou seront-ils politiquement alignés au point d'avoir perdu leur voix ? Je souhaite qu'ils adoptent tous l'attitude du pasteur allemand Propst de l'Eglise luthérienne du Sauveur dans la Vieille Ville de Jérusalem. Il nous a dit qu'il faut utiliser les deux yeux pour véritablement voir Israël, parce qu'à chaque histoire négative correspond au moins une histoire positive et un enseignement.

    Extrait d'un article de David Blewett, président de la Conférence nationale du leadership chrétien pour Israël, paru dans le journal de Detroit Jewish News, après un voyage d'études en Israël effectué par l'auteur

    Evangélistes et Evangéliques

    Les chrétiens croyant en la Bible sont, en tant que groupe, désignés sous le terme d'évangéliques et non d'évangélistes. Un évangéliste peut être - et est habituellement - un évangélique. Mais les évangéliques ne sont pas automatiquement des évangélistes, terme réservé à certains ministres du culte ordonnés - par exemple, Billy Graham - pour prêcher l'Evangile et gagner des convertis au christianisme.... Nous autres évangéliques souhaitons instaurer une meilleure compréhension de nos deux communautés, et non pas effrayer la communauté juive en lui donnant à penser que nous entreprenons tous de les convertir.

    Extrait d'une lettre adressée par Clarence H. Wagner, Jr., le directeur international de Ponts pour la Paix au rédacteur en chef du Jerusalem Post

    Jérusalem

    La centralité de Jérusalem pour le cur et l'âme du peuple juif est manifeste dans le psaume 137 : 5, 6. Jérusalem incarne l'aspiration du peuple juif à se reconnaître dans une ville qui fait partie de son héritage historique. Pendant leur dispersion au sein des nations, il y eut toujours dans le cur de tout juif un ardent désir de revenir à Sion et notamment à la cité de la paix. Aucune ville ne suscite autant d'émotion et de nostalgie chez un juif que Jérusalem. C'est la raison pour laquelle toute idée de division de cette ville bien-aimée est absolument incompréhensible.

    Ray Sanders, directeur des Amis chrétiens d'Israël, écrivant dans la publication For Zion's Sake, premier trimestre 2000


    Livres

    Pas de liberté illimitée

    Sur le chemin de la liberté : le Livre de l'Exode dans les traditions juive et chrétienne , de Göran Larsson, Editions Hendrickson ; comprenant des notes, un glossaire, une bibliographie, un index par sujet et un index des citations bibliques ; 334 p., 24,95 dollars

    Dans ce numéro, nous avons publié le dernier des quatre extraits de ce livre passionnant et stimulant. Mettant en évidence l'histoire de l'interprétation théologique et explorant ces deux traditions, Göran Larsson souligne que le véritable acte de libération s'est produit au Sinaï avec le don de la Torah. Il n'est pas de liberté sans limites, conclue-t-il. Larsson , écrit la revue Publishers Weekly, présente un commentaire narratif de l'Exode d'une originalité frappante.... [et] ouvre le monde de l'Exode aux lecteurs contemporains. L'auteur, directeur au Centre d'études et de recherche biblique de Jérusalem et professeur associé à l'Université de Californie à San Diego, a reçu en 1990, le prix humanitaire Raoul Wallenberg pour les efforts investis en vue d'une meilleure compréhension et un plus grand respect entre juifs et chrétiens.

    Rivaux pour l'amour de Dieu ?

    Dieu n'a-t-il qu'une seule bénédiction ? Le judaïsme, une source de compréhension de soi pour les chrétiens , Mary C. Boys, Paulist Press, Mahwah, New Jersey, Etats-Unis, 2000, 448 p., 29,95 dollars

    La plupart des chrétiens n'ont pas encore eu accès aux spectaculaires changements qu'a subis la pensée théologique à propos du judaïsme. Ce livre convaincant traduit l'érudition universitaire sous une forme narrative accessible. Tout d'abord, il met les chrétiens au défi de réexaminer leur croyance traditionnelle selon laquelle le christianisme a réalisé le judaïsme et l'a donc remplacé. Il passe également en revue les préjugés anti-juifs dans l'histoire, la littérature et la liturgie - sans toutefois réduire de telles attitudes à une haine simpliste. Aujourd'hui, suggère l'auteur, les chrétiens disposent de façons plus sensibles et plus positives d'aborder les juifs.


    En Bref

    La première équipe interconfessionnelle officielle

    Le secrétaire de cabinet Isaac Herzog a été désigné officiellement pour diriger la première équipe de liaison interconfessionnelle en Israël. Il travaillera avec les diverses organisations intérieures déjà engagées dans l'action interconfessionnelle et avec des instances étrangères, notamment le Saint-Siège.

    Une station-service byzantine

    Les archéologues ont exhumé un monastère byzantin inconnu auparavant, situé sur les pentes orientales du mont Scopus à Jérusalem. On pense qu'il servait d'étape ultime aux pèlerins de Jéricho montant vers la Ville sainte. L'ensemble comprend une église et un réfectoire, tous deux aux sols de mosaïques colorées, des écuries, des bains et des fonts baptismaux, ainsi qu'un ingénieux système de canalisations - une sorte de station service pour les pèlerins pour reprendre l'expression de Jon Seligman, l'archéologue responsable de la région de Jérusalem pour le compte de l'Office des Antiquités. Construit au VIe siècle, durant les beaux jours de l'empire byzantin, le monastère semble avoir été en activité jusqu'au VIIIe siècle : autre preuve que le christianisme prospérait à Jérusalem et dans les environs bien après le déclin de l'empire byzantin.

    Programmes pour groupes

    Des groupes de visiteurs intéressés à enrichir leurs expériences éducatives en Israël peuvent désormais bénéficier des ressources et équipements du Conseil de coordination interconfessionnelle en Israël (CCII) ainsi que de son Centre de l'éducation à Jérusalem (E-mail : iccijeru@icci.co.il). Travaillant en coopération avec le ministère du Tourisme, le CCII organise des conférences, des tables rondes, des séminaires et des dialogues à Jérusalem et dans la région de la Galilée. Les programmes sont dirigés par d'éminentes personnalités religieuses et universitaires juives, chrétiennes et musulmanes d'Israël.

    Venir à Sion en l'an 2000 ?

    Etes-vous de ceux qui sont capables d'effectuer l'extraordinaire voyage en Terre sainte au moment où nous inaugurons le nouveau millénaire ? Le site de l'Agence de voyage virtuel en Terre sainte sur Internet ( 

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    Voir aussi
       les communautés chrétiennes d'israël
       visite en israël - la terre sainte - de sa sainteté le pape jean-paul ii: sites d'intérêt particulier
       sites archéologiques d'israël
       jérusalem - l'architecture chrétienne à travers les ages
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