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Beit Shearim - La Necropole juive de L-Epoque Romaine

30 x 2001
 SITES ARCHEOLOGIQUES NO. 6
 INTRODUCTION | KATZRIN | JOTAPAT | BEIT SHEARIM | MEGIDDO |
 JERUSALEM - VILLE HAUTE | JERUSALEM MAMELOUKE | NAHAL REFAIM |
 BEIT SHEMESH | HERODION | ARAD
 
     
Beit Shéarim - La nécropole juive de l'époque romaine
 
     

Beit Shéarim, fondée à la fin du Ier siècle avant l'ère chrétienne, durant le règne du roi Hérode, atteignit son apogée à l'époque romaine. En 351, la ville endura des souffrances considérables pendant l'écrasement de la révolte juive contre Gallus César (le dirigeant de l'Orient sous les ordres de l'empereur Constantin II) avant de décliner ; elle fut abandonnée au début de la domination arabe (VIIe siècle).

La ville du sud de la Galilée est mentionnée pour la première fois par Flavius Josèphe (Autobiographie 118-119) sous le nom de Bessara, le centre administratif des domaines de la reine Bérénice dans la vallée de Jezréel au IIe siècle. La localité fut ensuite appelée Beit Shéarim, et une école rabbinique s'y installa. Par la suite, toujours au IIe siècle, la ville devint célèbre lorsque le Sanhédrin (l'organe législatif et le conseil suprême juif après la destruction de Jérusalem en 70 de l'ère chrétienne) y fut transféré et que Rabbi Judah Hanassi y élut domicile. Bien que décédé à Tsippori (Sepphoris) ce rabbin très respecté, connu en particulier pour être le rédacteur de la Michna (recueil de lois orales), est enterré à Beit Shéarim. Aux IIIe et IVe siècles, de nombreux juifs, aussi bien du Pays d'Israël que de la diaspora, furent enterrés dans cette ville et son cimetière devint une nécropole.

Au cours des dix saisons de fouilles menées dans les années 1930 et 1950, dans le secteur urbain de Beit Shéarim et dans son cimetière, plusieurs découvertes ont confirmé l'identité du site et le caractère central de la ville dans l'histoire juive, tel que le mentionnent les sources écrites.

La Ville

Beit Shéarim fut construite au sommet et sur le versant sud d'une colline ; à l'époque romaine, elle s'étendait sur une dizaine d'hectares. Les vestiges d'un certain nombre de grands édifices publics fort bien construits ont été mis à jour. Méritent d'être mentionnées : la basilique, avec sa grande salle de 40 x 14 m, divisée par deux rangées de colonnes, qui servait de lieu de réunion pour délibérer de questions profanes ; et l'ancienne synagogue voisine, mesurant 35 x 15 m.

On pénétrait par le sud - la direction de Jérusalem - dans la salle de prières de la synagogue qui comportait deux rangées de colonnes de chaque côté et une chaire surélevée au fond. Les murs intérieurs étaient recouverts de plâtre et peints ; quelques remerciements adressés à des fonctionnaires ont été retrouvés sur le plâtre.

La Nécropole

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le grand cimetière de Beit Shéarim contenait de nombreuses tombes et catacombes, soit des caveaux familiaux, soit des sépultures publiques. Creusées à flanc de colline, à l'ouest de la ville, certaines tombes sont simples et de taille réduite, mais plusieurs autres sont devenues, avec le temps, des réseaux complexes de catacombes. Il semble que le creusement des grottes funéraires jouait un rôle important dans l'économie de la ville. Au cours des siècles, les grottes furent forcées, endommagées et pillées.

L'accès aux grottes publiques, particulièrement spacieuses et bien conçues, s'effectue par de grandes cours. Leurs façades décoratives en pierre sont de style romain. Les vestibules comportent trois ouvertures dotées de lourdes portes en pierre pivotantes, sculptées à l'imitation des portes en bois avec des panneaux et des clous. Depuis le vestibule, on descend plusieurs marches vers la grotte funéraire qui se compose d'un couloir central et d'un réseau de salles, parfois sur deux étages. L'une des catacombes regroupe 16 salles funéraires de 400 tombes différentes, notamment en forme d'auge, de fosse, des arcosolia et des loculi. Des sarcophages en calcaire local ou en marbre, et quelques-uns en terre ou en plomb, ont été retrouvés dans les grottes ainsi que les parties métalliques de cercueils en bois qui seules ont subsisté.

Les murs des salles étaient décorés de sculptures, peintures et gravures, donnant des exemples de l'art populaire juif de l'époque et des influences hellénistiques. Certaines représentations sont, de toute évidence, juives comme la menorah à sept branches (le chandelier), l'arche de la Torah (parfois dans une niche), le loulav (feuille de palmier), l'étrog (cédrat), le chofar (corne de bélier) et la pelle à encens. Mais on trouve aussi des motifs géométriques, des silhouettes humaines ou animales, des représentations de bateaux et des thèmes architecturaux comme une porte voûtée ou une colonne à chapiteau.

De nombreuses inscriptions gravées ou peintes sur les murs et sur des plaques en pierre mentionnent des rabbins célèbres, des dirigeants de la communauté, des marchands et des fonctionnaires de la ville et du pays. Les inscriptions mentionnant des communautés juives éloignées en Syrie, au Liban, en Egypte, en Babylonie et même dans le sud de l'Arabie, d'où l'on faisait venir les corps pour les inhumer, présentent un intérêt particulier.

La plupart des inscriptions sont en hébreu et en grec, quelques-unes sont en araméen. Le texte est, en général, bref : le nom du défunt et chalom (paix) ou haval (hélas !). Les inscriptions longues fournissent des informations sur le défunt, par exemple sa généalogie, son métier et son lieu d'origine à l'étranger.

Inscriptions hébraïques typiques :

Ici repose Youdan, fils de Lévi, dans la paix éternelle. Puisse sa sépulture reposer en paix. De Youdan, fils de Lévi

Cet endroit appartient à des prêtres. Hélas !

Une inscription araméenne typique :

Celui qui est enterré ici est Shimon, le fils de Yohanan, et un serment, quiconque ouvrira [sa tombe] connaîtra une mauvaise fin

Inscriptions grecques typiques :

Nous [sommes les fils] de Leontios de Palmyre, le banquier

Le tombeau d'Aidesios, le chef du conseil des anciens d'Antioche

Voici la tombe de Leontios, l'orfèvre, père du rabbin Paregorios et de Julianos, le palatin

Benjamin, le fils de Julius, le marchand de tissus, fils de l'excellent Makrobios

Deux ensembles funéraires élaborés, retrouvés sur le versant nord de la ville, présentent un intérêt particulier. Au-dessus des grottes, des structures semi-circulaires empruntant la forme de petits théâtres et contenant des bancs, accueillaient probablement les familles et les amis venus écouter sermons et prières, les jours anniversaires de la mort d'un proche.

L'ensemble de grottes N 14 appartenait probablement à la famille de Rabbi Judah Hanassi.

Des inscriptions en hébreu mentionnant Rabbi Shimon, Rabbi Gamliel et Rabbi Hanania, les fils et l'élève de Rabbi Judah Hanassi, ont été retrouvées sur les murs :

Simon mon fils, puisse-t-il être hakham (président du Sanhedrin), Gamliel mon fils patriarche, Hanania bar Hama présidera le grand tribunal

L'ensemble funéraire le plus important (n 20) comprend un couloir central d'environ 50 mètres de long d'où partent d'innombrables salles. Quelque 130 sarcophages de terre décorés selon une version locale du style mortuaire romain ont été retrouvés, ainsi qu'un sarcophage de marbre orné de scènes mythologiques, qui a été brisé et utilisé ultérieurement pour produire de la chaux. La plupart des décorations de ces sarcophages sont d'origine étrangère - têtes de taureaux, aigles, deux lions se faisant face - mais on trouve également des symboles juifs comme la ménorah. Sur les murs de la grotte et sur les sarcophages, une vingtaine d'inscriptions hébraïques ont été retrouvées, mentionnant des rabbins, des personnalités et les membres de leurs familles :

Voici le caveau de Rabbi Hillel [Halil], le fils de Rabbi Lévi, qui a creusé cette grotte

Voici le caveau de Kyra Mega, l'épouse de Rabbi Joshua, fils de Lévi, Chalom


Les fouilles, entreprises par B. Mazar, ont été par la suite dirigées par N. Avigad pour le compte de la Société d'exploration d'Israël et l'Université hébraïque de Jérusalem

 
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