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Nahal Refaim - Villages cananeens de l-age du bronze pres de Jerusalem

30 x 2001
 SITES ARCHEOLOGIQUES NO. 6
 INTRODUCTION | KATZRIN | JOTAPAT | BEIT SHEARIM | MEGIDDO |
 JERUSALEM - VILLE HAUTE | JERUSALEM MAMELOUKE | NAHAL REFAIM |
 BEIT SHEMESH | HERODION | ARAD
 
     
Nahal Refaïm - Villages cananéens de l'âge du bronze près de Jérusalem
 
     

Le site se trouve sur le versant sud d'une colline - Guivat Massoua - située près de la rive de Nahal Refaïm (en hébreu, la vallée de Refaïm), à quelque 6 km au sud-ouest de la Vieille Ville de Jérusalem, sur l'ancienne route qui menait de la plaine côtière aux collines de Judée et à Jérusalem.

Les fouilles du site de la vallée de Refaïm ont été menées sporadiquement depuis 1980, mais la plupart des vestiges ont été découverts entre 1987 et 1990, lorsque le Jardin zoologique biblique y fut installé. Deux grands villages, l'un au-dessus de l'autre et datant de différentes époques de l'âge du bronze, furent mis à jour.

Le nom des villages de l'âge du bronze était probablement Manahat. Ce nom est mentionné dans la version des Septante (la traduction en grec de la Bible hébraïque réalisée à Alexandrie, en Egypte, au IIIe siècle avant l'ère chrétienne), dans la liste des villes de la frontière nord de la tribu de Judah (Josué 15 : 59). Un écho de l'ancien nom a été conservé dans le village arabe voisin de Malha et le quartier moderne de Manhat à Jérusalem.

A brève distance de ce site, jaillissait une source, le principal approvisionnement en eau des villages. Une terre fertile, des forêts et des pâturages permirent le peuplement de cette région. Une trentaine de maisons du village, dispersées sur une superficie de près de 5 hectares, ont été mises à jour. Construites sur les terrasses naturelles en pierre qui s'étageaient sur les pentes douces de la colline, elles étaient séparées par des espaces ouverts.

A l'époque des Israélites, une nouvelle localité fut créée au sommet de la colline, au-dessus de l'ancien village. Pour pouvoir cultiver, ses habitants construisirent des terrasses en pierre sur les versants de la colline, et les nombreuses pierres enlevées des champs - et non utilisées pour construire les terrasses - étaient accumulées en hauts tas sur les vestiges des anciens bâtiments. Les maisons du village de l'âge de bronze furent ainsi bien préservées ainsi que les ustensiles utilisés par leurs habitants.

Le premier vilage

 
 

 

 

Un village fut fondée dans la vallée de Refaïm à la fin du premier âge du bronze (2200- 2000 avant l'ère chrétienne). Les maisons, d'un seul étage, comportaient plusieurs pièces de tailles différentes, construites sur des surfaces rocheuses apparentes, parfois à proximité de bas escarpements rocheux. Leurs murs étaient construits en briques cuites sur de basses fondations en pierre et les sols de terre aplanis au niveau de ces pierres. Les toits plats étaient constitués de poutres de bois et de plâtre, soutenues par des poteaux en bois à base de pierre encastrés dans le sol. Dans certaines constructions, des stèles cultuelles, des pierres plates dressées, étaient disposées contre les murs intérieurs des salles.

Dans la partie orientale du village, les vestiges de plusieurs ensembles d'édifices, s'étendant chacun sur une surface de plusieurs centaines de mètres carrés, ont été mis à jour. Chaque ensemble se compose d'un certain nombre de logements de plusieurs pièces. Certaines maisons possédaient des murs mitoyens et d'autres étaient construites autour d'une cour, probablement pour le bétail et les activités domestiques. On suppose que ces ensembles constituent l'aboutissement de différentes phases de construction : tout d'abord, une seule unité était édifiée par le père de famille ; puis d'autres étaient ajoutées pour la famille agrandie. Ces groupes de constructions témoignent d'un peuplement de longue durée, sur plusieurs générations.

Les villageois tiraient leur subsistance de l'agriculture et de l'élevage. Ils cultivaient des céréales, des lentilles, des oliviers et des vignes, sur des petits lopins de terre autour du village et dans la vallée. Le bétail était constitué principalement de moutons et de chèvres, emmenés paître dans les collines avoisinantes, la chasse aux animaux sauvages complétant le régime alimentaire du village.

La poterie fabriquée et utilisée dans le village était constituée d'argile grossière, bien cuite. Le grès, principal matériau utilisé par les potiers du village, se trouvait en abondance dans la roche calcaire. Il était mélangé à du sable extrait d'étroites et profondes grottes en calcaire dur se trouvant dans les limites du village. Les récipients produits étaient principalement de grandes jarres de stockage en forme de fût, des marmites, des tasses et des bols.

La découverte de ce village du début de l'âge du bronze dans la vallée de Refaïm présente une importance décisive pour l'étude des modèles de peuplement de la fin du IIIe millénaire avant l'ère chrétienne. Jusqu'à présent, les chercheurs pensaient que de grandes villes, comme Arad et Megiddo, avait été détruites par des tribus nomades à la fin du IIIe millénaire et que, pendant plusieurs centaines d'années, il n'avait subsisté aucun peuplement permanent en Canaan. Avec la mise à jour des vestiges d'autres villages de la fin du IIIe millénaire, semblables à celui de la vallée de Refaïm, il est désormais prouvé qu'une culture villageoise se substitua à l'urbaine et que ces localités rurales furent créées par la population qui avait abandonné les villes fortifiées.

Le village ultérieur

 
 

 

 

 

 

Roues de Potiers en pierre
 

Pendant l'âge du bronze moyen (1750-1550 avant l'ère chrétienne), un nouveau village cananéen fut créé dans la vallée de Refaïm, la plupart des maisons étant construites sur celles du village précédent. Les murs furent entièrement dressés en pierres locales déposées en couches dans le sens de la longueur et soudées par un mortier d'argile, de paille et de graviers. Ces murs solides ont été préservés jusqu'à une hauteur de 2 mètres. La plupart des sols étaient constitués par des surfaces rocheuses nivelées avec de la terre là où c'était nécessaire ; certains sols étaient faits de dalles de pierre. Les habitations furent à nouveau construites individuellement en fonction de la taille de la famille et de la topographie. Des escaliers de pierre reliaient les pièces de différents niveaux et donnaient accès aux étages supérieurs.

La vie quotidienne dans ce village cananéen de la vallée de Refaïm est illustrée par les objets découverts dans les maisons abandonnées : nombreuses meules en pierre pour préparer la nourriture, fours de cuisson et même un silo en pierre pour entreposer le grain. Les céréales cultivées étaient récoltées avec des faucilles en bois dans lesquelles étaient insérées des lames en silex. Des haches, couteaux, alènes et aiguilles de bronze étaient également très utilisés dans le village.

Le temple. Dans la partie sud-ouest du village et à l'écart des maisons, se dressait un édifice rectangulaire de 10 x 6 mètres, aux murs épais soigneusement construits, qui semble avoir servi de temple. L'entrée était orientée vers l'est et deux murs à courts pilastres prolongeaient la façade. L'espace intérieur du temple, pavé de dalles de pierres, était aménagé en une étroite entrée séparée d'une grande salle carrée. Le temple était situé au centre d'une cour (temenos) entourée d'une clôture de pierre. Une petite pièce carrée attenante au temple servait à entreposer des petits récipients votifs en argile et divers objets de culte retrouvés au cours des fouilles.

Le village cananéen était situé dans un secteur dépendant de la cité de Jérusalem, la principale ville de ce pays montagneux, appelée Shalem dans la Bible (Genèse 33 : 18) et Oursalim dans des sources royales égyptiennes de cette époque. Au cours du XVIIIe siècle avant l'ère chrétienne, Jérusalem fut fortifiée par une impressionnante muraille dont les vestiges sont actuellement mis à jour. Le village découvert dans la vallée de Refaïm faisait partie d'un réseau de localités rurales semblables se trouvant à proximité ; c'était un temps de paix et les villageois devinrent prospères, vendant leurs surplus agricoles sur les marchés de Jérusalem.

Les vestiges des maisons de ce village cananéen ont été préservés dans l'enceinte du Jardin zoologique biblique de Jérusalem.


Les fouilles ont été conduites de 1987 à 1990 par E. Eisenberg au nom de la Direction des antiquités d'Israël

 
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