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Fiers de Leurs Origines

1 Feb 2001
 ISRAEL MAGAZINE-ON-WEB: Février 2001
 
     
Fiers de Leurs Origines
 
 

 

 

 

Avec l'autorisation du Centre du patrimoine juif de Cochin
 

La communauté juive de Cochin présente son patrimoine au Moshav Nevatim.

Janet M. Moshé

D'après la légende, à l'époque du roi Salomon, le commerce était florissant entre la côte indienne de Malabar et le Pays d'Israël. Les flottes du roi rentraient, paraît-il, au port de Jaffa, chargées de teck, d'ivoire et de paons qu'on trouve encore aujourd'hui dans le sud de l'Inde. Mais la preuve concrète des contacts entre les juifs et l'Inde n'est apportée qu'environ deux millénaires plus tard sous la forme de plaques de bronze, datant du Xe siècle, sur lesquelles sont gravés les droits octroyés à un dirigeant juif. A cette époque, une communauté juive s'était installée dans la ville de Cochin, dans l'Etat de Kerala situé au sud-ouest de l'Inde.

Bien que la communauté juive du sud de l'Inde ait été autrefois influente, elle n'a cessé de décliner pour atteindre moins de 3 000 membres lorsque, dans les années 1950, bon nombre d'entre eux décidèrent d'immigrer en Israël. Le judaïsme occupait une place centrale dans leur vie, et on peut aujourd'hui apprécier à sa juste valeur la riche histoire de cette communauté au Centre du patrimoine juif de Cochin du Moshav Nevatim, un village coopératif agricole situé au sud de Béer Shéva.

Nevatim, où vivent quelque 600 juifs originaires de l'Inde, constitue le centre spirituel de cette communauté. A leur arrivée en Israël, dans les années 1950, les anciens négociants de Cochin se reconvertirent dans l'agriculture, développant avec succès une prospère entreprise de fleurs de serres cultivées dans le moshav et exportées vers l'Europe. .

Sont aujourd'hui exposés au Centre du patrimoine juif de Cochin des vêtements colorés et richement brodés ainsi que des objets de culte ornés d'or et d'argent. Les superbes tenues portées par les mariés de la communauté sont fièrement mises en valeur dans le musée. La vie quotidienne est illustrée par des ustensiles de cuisine et des objets ménagers.

Lorsque le musée était en construction, au début des années 1970, les quelques juifs demeurant à Cochin adressèrent une lettre exprimant leur inquiétude pour l'avenir de la synagogue historique de leur ville. En réponse, la communauté en Israël se chargea de démonter précautionneusement l'intérieur de la synagogue de Cochin pour l'acheminer à Nevatim où il fut reconstitué. La synagogue fait aujourd'hui partie de la visite du musée. L'intérieur, richement décoré, abrite une arche traditionnelle et une bima, ou table de lecture, datant du XVIe siècle.

Itsiq Elia, arrivé avec ses parents en Israël en 1954, à l'âge de dix ans, faisait partie des 27 familles qui s'installèrent à Nevatim. Il est important pour nous de transmettre notre patrimoine à nos descendants, explique M. Elia, le directeur bénévole du Centre du patrimoine juif. Cependant, en plus de nos enfants, nous estimons que les riches traditions de notre communauté présentent aussi un intérêt pour de nombreux juifs. Il ajoute que des chambres d'hôte sont actuellement en construction, à proximité des maisons de plusieurs familles du moshav qui préparent de délicats mets indiens à l'intention des touristes.

Le musée et la synagogue présentent certes un aperçu intéressant de la vie de la communauté juive de Cochin, mais le Centre est loin d'être terminé : afin de recréer la luxuriante végétation caractéristique du sud-ouest de l'Inde, des arbres tropicaux seront plantés pour constituer des lagunes ombragées, et la rue des juifs , en cours de planification, reliera le musée et la synagogue. A Cochin, la rue des juifs, où se dressait jadis la synagogue et où les juifs possédaient bon nombre des maisons, magasins et entreprises, était le centre du quartier. Les bâtiments du musée et de la synagogue à Nevatim seront eux aussi réaménagés pour mettre en lumière les techniques de plâtrage uniques en leur genre et les toits de tuiles rouges propres à la communauté.

Je me revois encore, jeune garçon, arrosant cette terre desséchée , raconte M. Elia.

Désormais, nous pouvons contribuer à faire connaître le Néguev, et à encourager les Israéliens et les touristes à s'y rendre.

 
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