Grâce à son approche directe, le jumelage des villes a gagné de nombreux amis à Israël tout en élargissant les horizons des personnes concernées
Lili Eylon
Le jumelage des villes - un phénomène mondial - poursuit des objectifs multiples : apprendre à connaître d'autres pays, intensifier les relations sociales, économiques et culturelles, nouer des amitiés et vivre en meilleure entente avec les nations. Ces objectifs sont atteints grâce à des visites de fonctionnaires municipaux, des contacts commerciaux ainsi que des échanges de jeunes, des rencontres sportives, musicales ou autres. L'intensité de ces contacts varie selon les cas, mais ces diverses activités entre deux villes multiplient les occasions de relations personnelles.
Le jumelage a été accueilli avec enthousiasme en Israël : plus de 100 villes et quartiers ont des jumeaux dans le monde. Deux exemples de jumelage, remarquables par l'importance de leur activité, méritent d'être mentionnés : Rishon Lezion, une ville côtière de 175 000 habitants fondée en 1882, et Emek Hefer, une région située au centre du pays, comprenant une cinquantaine de villages et kibboutzim.
Rishon Lezion est jumelée à neuf partenaires - Tientsin (Chine), Lublin (Pologne), Brasov (Roumanie), Prince George's County (Etats-Unis), Debrecen (Hongrie), Münster (Allemagne), Teramo (Italie), Nîmes et Heerenveen (Pays-Bas) - alors qu'Emek Hefer n'en compte que deux : le comté de Sigen-Wittgenstein en Westphalie Nord-Rhénanie et la ville de Farum au Danemark. Même si ces villes liées à Rishon sont très différentes les unes des autres, toutes connaissent bien les défis auxquels est confrontée leur ville jumelle ainsi que ses réalisations, grâce aux contacts personnels établis. En outre, les relations instaurées dans les domaines de l'industrie, du commerce, de la technologie de pointe, l'éducation, l'art, les loisirs et les sports se sont intensifiées.
L'importance des contacts personnels est évidente, notamment aux époques difficiles. Pendant la guerre du Golfe en 1991, une délégation de Münster dirigée par le maire a apporté une aide financière qui a été utilisée pour assurer la protection des écoles de Rishon contre les bombardements aériens irakiens. Münster, avec ses 280 000 habitants, a constitué le premier jumelage de Rishon : les accords entre les deux villes ont été signés il y a 25 ans. Les habitants de la ville allemande ont aussi fait don d'un bosquet d'arbres à Rishon et ont contribué à l'agrandissement d'un monument à la mémoire des soldats tombés originaires de la ville. Des délégations scolaires, des membres de clubs pour les aveugles ou de joueurs d'échecs se rendent visite régulièrement.
Lorsque le maire de Brasov, une ville montagnarde de Roumanie, se mit à la recherche d'une ville jumelle en Israël, il découvrit que son homologue de Rishon était d'origine roumaine - et dès lors, son choix fut fixé. Depuis, la coopération prospère entre les associations des deux villes, et les agences de voyage de Rishon proposent des formules attrayantes pour visiter la ville touristique roumaine. Par ailleurs, la ville de Nîmes et Rishon Lezion ont un dénominateur commun : leurs très fameuses industries vinicoles. Dernièrement en visite à Nîmes, le maire de Rishon a eu l'honneur d'être nommé membre de l'Ordre des Chevaliers du vin de la ville. Les relations avec Tientsin, elles, sont plus intenses dans les domaines du commerce et du tourisme.
Le jumelage de Rishon Lezion avec Lublin, une ville de Pologne comptant 350 000 habitants, revêt une signification particulière. Important centre du judaïsme européen avant la Seconde Guerre mondiale, la totalité de ses habitants juifs fut assassinée par les nazis. La ville héberge aujourd'hui un club d'amitié Lublin-Rishon et des troupes folkloriques donnent des spectacles dans les deux villes.
En 1966, la première délégation allemande est arrivée à Emek Hefer. Depuis lors, les échanges de jeunes ou d'universitaires n'ont pas cessé, les visiteurs passant quelques semaines dans les foyers de leurs hôtes et tissant de solides amitiés. Des délégations de troupes de danse et des artistes se rendent fréquemment dans les deux villes où des expositions sont organisées, autant d'éléments qui favorisent les contacts économiques entre elles.
Le maire de Farum, au Danemark, la seconde des villes jumelées avec Emek Hefer, a l'intention d'envoyer des écoliers de sa ville visiter Israël. L'année dernière, une classe de Farum a passé une semaine chez des habitants de Emek Hefer et, à partir de septembre 2001, environ 600 retraités bénéficieront de dix jours de vacances en Israël dont deux seront passés avec leurs frères et soeurs d'Emek Hefer.