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Bouquets odorant

1 Jun 2001
 ISRAEL MAGAZINE-ON-WEB: Juin 2001
 
     
Bouquets odorant
 
 

 

 

 

 

Avec l'autorisation de l'Université hébraïque de Jérusalem
  Des scientifiques ont réussi à créer de nouvelles variétés de fleurs aux couleurs et aux parfums plus attrayants ; ils ont également amélioré le bouquet des vins.

Judy Siegel-Itzkovich

Les roses sont rouges, les violettes sont bleues, mais lorsque les chercheurs s'en chargent, elles peuvent changer d'odeur et de teinte.

Lorsque Chaïm Weizmann, le premier président d'Israël, organisa la première réception du tout nouvel Etat, il fallut faire venir les fleurs par avion depuis la Hollande. Aujourd'hui, les fleurs représentent une part non négligeable de l'agriculture israélienne, les exportations atteignant plus d'un milliard et demi de tiges pour un montant d'environ 250 millions de dollars. Les fleurs sont exportées principalement vers l'Europe-les Pays-Bas, l'Allemagne, la France, la Scandinavie et les pays d'Europe de l'Est-mais également vers les Etats-Unis. Le marché local est estimé à quelque 500 millions de fleurs vendues chaque année.

David Weiss, maître de conférences en horticulture à l'Université hébraïque, est le coordinateur d'un projet destiné à rehausser la couleur et l'odeur des fleurs. Son équipe comprend des scientifiques de la faculté d'agriculture, d'engrais et d'écologie de l'Université hébraïque à Rehovot qui travaillent avec leurs collègues du département de la recherche du ministère de l'Agriculture à Beit Dagan. Cette faculté d'agriculture a participé à la mise au point d'environ 40% des variétés de fleurs cultivées en Israël. M. Weiss explique que la plupart des nouvelles espèces de fleurs actuellement cultivées selon des techniques traditionnelles ont peu ou pas d'odeur. En utilisant les techniques mises au point dans le cadre du projet du Génome humain, son équipe a isolé et déchiffré la composition des gènes et des protéines contenus dans les pétales des roses et des oeillets. Au cours d'une expérience, les chercheurs ont prélevé le gène d'une petite plante particulièrement odorante qui pousse en Californie et ont réussi à l'introduire dans un plant d'oeillet. Ses fleurs exhalent désormais le même arôme que ses soeurs californiennes.

Mais le parfum n'est pas l'unique charme des fleurs. Le professeur Alexander Vainstein, de l'Université hébraïque, a réussi à produire génétiquement de nouvelles teintes d'oeillets, notamment vert pâle et crème. Les travaux avancent également sur l'amélioration des couleurs des roses et des gypsophiles. Les chercheurs affirment que, dans un avenir prévisible, il sera possible de créer des fleurs à la demande-pour les assortir à la couleur d'une robe, des yeux ou d'un meuble, ou pour leur faire exhaler le parfum préféré du client.

 
 
Avec l'autorisation de l'Université hébraïque de Jérusalem
  Entre-temps, Oded Shoseyov et le professeur Ben-Ami Bravdo, tous deux de la faculté d'agriculture, ont inventé un processus breveté qui enrichi l'arôme du vin. Leur équipe a réussi à isoler le gène responsable de la production d'une certaine enzyme appelée beta glucoserase. Ce gène a été introduit dans des levures de vin qui ont ensuite dégagé l'enzyme pendant la vinification. Ces enzymes décomposent les constituants de l'arôme, donnant au vin un bouquet et un goût nettement supérieurs. Grâce à ces efforts, de simples vins peuvent être transformés en variétés de qualité à l'arôme amélioré , explique M. Shoseyov qui appartient à la huitième génération d'une famille de vignerons de Rehovot. Il espère lui-même qu'à l'avenir il sera aussi possible d'introduire le gène dans des fruits et légumes pour rehausser leur goût.
 
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