Un nouveau musée utilisant une technologie de pointe permet aux visiteurs de pénétrer dans le Temple d'Hérode.
Janet Mendelsohn Moshé
Le Centre Davidson d'exposition et de reconstruction virtuelle situé dans le Parc archéologique de Jérusalem a dernièrement ouvert ses portes au public, à l'endroit même où des fouilles sont organisées, à proximité de la muraille sud de la Vieille Ville. Ce Centre constitue une extension du Parc, l'un des sites historiques les plus remarquables d'Israël. Ses visiteurs peuvent observer d'importantes découvertes archéologiques couvrant plusieurs milliers d'années ; le Centre met en évidence les principales caractéristiques de ce parc à l'occasion d'expositions, par des illustrations et des présentations multimédias.
A l'entrée de l'exposition, les visiteurs sont invités à regarder un film sur le Parc, présentant les archéologues qui ont participé aux fouilles. Le secteur actuellement creusé par Eilat Mazar, la petite-fille du professeur Benjamin Mazar qui y travaillait à la fin des années soixante, revêt un intérêt particulier. Les découvertes d'Eilat Mazar remontent à l'époque du roi Salomon.
L'exposition présente ensuite des vestiges de l'époque romaine (de 63 avant l'ère chrétienne à l'an 4). Dans une pièce voisine, un film décrit un jeune juif de Galilée se rendant à Jérusalem pour offrir un sacrifice à l'époque du Temple. Nous voudrions que nos visiteurs découvrent ce qu'un pèlerin pouvait ressentir, il y a deux mille ans, en se rendant au Temple, explique Sara Malka, la directrice du Centre des visiteurs. Dans ce film, nous le voyons acheter un jeune agneau, puis monter vers le superbe Temple construit par le roi Hérode.
Le film, d'une durée de 10 minutes, réalisé en haute définition avec l'aide d'un ordinateur, semble bien plus réaliste que la plupart des graphiques conçus par les moyens informatiques les plus avancés. La compilation du film, ainsi que la visite virtuelle du mont du Temple (également disponible sur le site www.archpark.org.il), ont demandé deux années d'efforts. Des archéologues du pays ont travaillé avec des informaticiens de l'Université de Californie à Los Angeles ; les séquences informatisées pourront être mises à jour lorsque les archéologues feront une autre découverte digne d'intérêt.
Mme Malka explique que si les découvertes de l'époque du premier Temple (vers 960 à 586 avant l'ère chrétienne) avaient été suffisamment nombreuses, le film aurait commencé à cette date. Cependant, comme la plupart des découvertes de ce secteur remontent à l'époque romaine, les fouilles et le Centre des visiteurs se consacrent à cette tranche d'histoire. A l'avenir, nous espérons ajouter d'autres périodes intéressantes, précise Mme Malka.
Comme nous disposons déjà de vestiges suffisants de la période omeyyade (661-750), nous nous y sommes déjà attelés.
En saillie sur le mur situé près de l'angle sud-ouest du mont du Temple, se trouve l'arche de Robinson, du nom du théologien américain Edward Robinson qui, le premier, l'identifia en 1839. Pendant plus d'un siècle, on pensait que l'arche de Robinson faisait partie d'un ensemble d'arches identiques soutenant une passerelle reliant la ville haute au mont du Temple. Les fouilles archéologiques menées de 1968 à 1977 sous la direction de Benjamin Mazar ont démontré la fausseté de cette théorie. On a trouvé la preuve qu'en fait l'arche enjambait la rue pavée et on estime, aujourd'hui, qu'avec une série de voûtes plus petites, elle soutenait un gigantesque escalier reliant la rue au mont du Temple. Des vestiges de quelques marches en pierre d'origine ont été retrouvés parmi les pierres tombées sur la rue pavée.
L'archéologue Méir Ben-Dov se rappelle que l'astronaute américain Neil Armstrong lui demanda un jour de citer un quartier de Jérusalem où Jésus aurait pu avoir marché, il y a
2 000 ans. Sans hésitation, Ben-Dov désigna le monumental escalier à flanc de montagne et dit à Armstrong : En entrant dans le Temple et en en sortant, Jésus a pu poser le pied ici. Armstrong répondit qu'il était tout aussi ravi de se trouver sur cet escalier qu'il l'avait été en effectuant le premier pas sur la lune.