Le quartier Mishkenot Shaananim à Jérusalem offre un environnement
idéal pour la créativité et la rencontre des esprits.
Janet Mendelsohn Moshé
Le quartier Mishkenot Shaananim (en hébreu, « demeure paisible
») fut créé en 1857 pour apporter une réponse
au surpeuplement, à la pauvreté et aux maladies de la Vieille
Ville de Jérusalem. Un moulin à vent, imposant mais sobre,
y fut construit afin de fournir du travail aux nouveaux habitants. Bien
que n'ayant jamais été rentable du fait de la faiblesse des
vents, ce moulin marque incontestablement le paysage de la ville moderne
de Jérusalem.
Après la réunification de la ville, en 1967, les maisons
tout en longueur, les ruelles pavées et l'architecture du XIXe siècle
de Mishkenot Shaananim - situé sur la ligne de front durant les
19 années précédentes - furent rénovées.
Avec le quartier voisin de Yemin Moshé, cette partie pittoresque
de la capitale attira rapidement les artistes inspirés par le panorama
des murailles de la Vieille Ville. Quelques demeures anciennes furent transformées
en une pension de famille où la Fondation de Jérusalem a
invité de nombreuses célébrités : écrivains,
artistes et musiciens, entre autres, le romancier Herman Wouk, le violoniste
Isaac Stern et le chef d'orchestre Zubin Mehta. L'écrivain Saul
Bellow y a passé plusieurs semaines à écrire son roman
Retour à Jérusalem qui lui a valu le prix Pulitzer. A proximité,
le Centre de musique de Jérusalem a accueilli des musiciens connus
dans le monde entier comme les regrettés Pablo Casals et Arthur
Rubinstein. Deux studios d'art ont attiré des peintres comme Marc
Chagall et le célèbre sculpteur Alexandre Calder. A l'intérieur
du moulin, une petite exposition décrit la vie de Sir Moses Montefiore,
le philanthrope britannique qui finança
les premières constructions de ce quartier et contribua à
sa mise en valeur.
Après une interruption de deux ans, la pension de Mishkenot Shaananim
vient de faire peau neuve et a rouvert en juin 2001. Malgré la diminution
des ressources, son directeur Michael Shiloh accueille toujours les visiteurs
à bras ouverts. « En mai 2001, le Festival d'Israël a
reçu des artistes du monde entier », précise-t-il.
« Et en juillet, nous avons hébergé quelques-uns des
participants au festival international du film à Jérusalem
».
L'adjonction la plus récente à la pension est le nouveau
Centre de conférences Konrad Adenauer qui comprend un auditorium
d'une capacité d'accueil de 170 personnes ainsi que des salles de
cours et une bibliothèque. Adenauer, le premier chancelier de la
République fédérale d'Allemagne, entama le difficile
processus de réconciliation entre son pays et l'Etat d'Israël.
En 1964, la Fondation Konrad Adenauer fut créée en Allemagne
de l'Ouest pour encourager la bonne entente par-delà les frontières
nationales et culturelles ainsi que pour financer des projets internationaux
prônant la démocratie et le développement.
Depuis deux décennies, la Fondation Adenauer multiplie ses activités
en Israël. « Le Centre Konrad Adenauer a pour vocation de promouvoir
l'entente et de rechercher des dénominateurs communs au sein de
divers groupes de populations », explique M. Shiloh. « Il s'agit
de favoriser et d'intensifier les relations entre Israël et l'Allemagne
et, si possible, de contribuer à la paix au Moyen-Orient. »
Après une longue carrière au ministère des Affaires
étrangères, M. Shiloh se passionne pour la direction du Centre
de Jérusalem. « Un débat intitulé "L'expérience
religieuse" a été dernièrement organisé ici,
» souligne-t-il. « Ce dialogue a permis d'examiner les relations
réciproques entre les différentes cultures et religions.
Des programmes sont déjà élaborés pour l'année
prochaine, notamment une conférence internationale qui aura pour
thème : La ville méditerranéenne : réseaux,
communications, identités. »