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Une Rue Chic

1 Sep 2001
 ISRAEL MAGAZINE-ON-WEB: Septembre 2001
 
     
Une Rue Chic
 
 

 

 

 


Avec l'autorisation de la banque Mizrahi

 

 

 


 

Plus de 90 ans après sa construction, le boulevard Rothschild demeure l'une des rues les plus élégantes de Tel Aviv.

Simon Griver

Le boulevard Rothschild - l'une des artères résidentielles les plus anciennes et les plus chères de Tel Aviv - fut construit le long du lit à sec d'une rivière se dirigeant vers l'est puis vers le nord pour, dans le dernier tronçon, déboucher sur le bâtiment de l'Habimah, le théâtre national d'Israël achevé en 1935. La rue reçut le nom du baron Edmond de Rothschild, le philanthrope juif français qui parraina de nombreuses localités dans le Pays d'Israël, au début du XXe siècle. D'une longueur d'environ 1,5 kilomètre, elle traverse le cur du quartier financier de Tel Aviv et abrite les sièges sociaux de plusieurs banques du pays, des fonds de capital-risque et des cabinets d'avocats.

Les premières maisons du boulevard furent achevées en 1910 ; la partie la plus intéressante de la rue demeure le tronçon le plus ancien situé à l'ouest et commençant à l'intérieur des terres, presque à un kilomètre de la côte méditerranéenne. La guide Shoulamit Vydrich, qui a consacré à cette artère un livre intitulé Boulevard, le qualifie de tronçon « le plus éclectique ».

« Non seulement on trouve toutes sortes de styles de construction, » explique-t-elle, « mais les bâtiments eux-mêmes présentent souvent divers types de plans. L'un de mes préférés est le numéro 13. »

Au numéro 13 du boulevard Rothschild, se dresse le siège de la banque Mizrahi, l'une des plus grandes banques d'Israël, qui a superbement restauré un hôtel particulier aux proportions parfaites, dessiné à l'origine dans le style « Betsalel », associant des motifs moyen-orientaux et européens. Juste en face, au numéro 16, un bâtiment austère, ressemblant à une forteresse, était autrefois le domicile et le bureau de Méir Dizengoff, le premier maire de la ville. En 1948, la Knesset, le parlement d'Israël, s'y réunit pour ses premières séances ; aujourd'hui, le bâtiment est désigné sous le nom de Salle de l'Indépendance, l'ancienne Chambre des députés étant ouverte au public et les deuxième et troisième étages étant transformés en musée de la Bible. Au numéro 23, dans un bâtiment plus décoré, avec des volets verts de style méditerranéen-français, habitait Eliahou Golomb, le commandant de l'organisation clandestine de défense d'avant l'indépendance (Haganah). Aujourd'hui, cette maison héberge un musée consacré à l'histoire de la Haganah. Dispersés entre ces bâtiments, se dressent des tours modernes en verre, soulignant le caractère éclectique du quartier.

Mme Vydrich déplore le fait que certains bâtiments de la rue, parmi les plus beaux, aient été démolis au nom du progrès. « Au numéro 28, se trouvait une belle maison aux motifs orientaux construite en 1910 par la famille Alfassi qui avait immigré du Maroc. » Au numéro 46, une demeure construite en 1922 par des immigrants juifs allemands, a été sauvée in extremis. En 1948, elle était promise à la démolition mais, à la dernière minute, l'ambassadeur soviétique demanda à loger son ambassade dans cette bâtisse dotée de minuscules balcons décoratifs, d'un toit en bois incliné comme une pagode et d'un minaret. Dernièrement rénové, le bâtiment abrite aujourd'hui le siège israélien de Sotheby's, la société internationale de vente aux enchères.

Vers l'est, la rue devient plus élégante, avec ses trottoirs ombragés par de hauts arbres luxuriants et ses immeubles bas dans le style du Bauhaus. Lorsque l'artère tourne vers le nord-ouest, traversant la très chic rue Shenkin, des styles encore plus austères dominent avec, ici et là, un soupçon de la splendeur orientale. Au numéro 96, le siège de l'un des fonds de capital-risque les plus importants d'Israël associe l'architecture européenne traditionnelle à une cour en verre ultra-moderne. Dans le bloc le plus récent de la rue, au numéro 120, le prix d'un appartement de trois pièces dans un immeuble recouvert en pierre de Jérusalem s'élève à environ 430 000 dollars.

« Malgré son élégance, » observe Mme Vydrich, « de nombreux édifices du boulevard ont grandement besoin d'être remis à neuf. La municipalité finance actuellement pour un coût de plusieurs millions de dollars la rénovation de la promenade centrale qui comprendra une piste cyclable et de beaux jardins publics, tandis que des hommes d'affaires et des sociétés entreprennent le ravalement de plusieurs dizaines de bâtiments. »

 
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