LogoAlt
 
MFAFR     2000_2009     2002     Jan     Savoir Lire les Signes

Savoir Lire les Signes

1 x 2002
 ISRAEL MAGAZINE-ON-WEB: Janvier 2002
 
     
Savoir Lire les Signes
 
 

 

 

 

Les dentistes apprennent à repérer un enfant victime de violences d'après des indices sur la tête, le visage et le cou de leurs jeunes patients.

Judy Siegel-Itzkovitch

En 1989, une loi a été votée obligeant le personnel des services sociaux et médicaux à établir un rapport s'ils soupçonnent qu'un enfant traité par eux a été victime de violences. Ils encourent une peine de six mois de prison s'ils omettent de signaler un cas. Cependant, au cours des 12 années écoulées, le nombre des rapports est peu élevé. Quant aux dentistes, ils n'en ont pas rédigé un seul. Aucun professionnel n'a été poursuivi pour ne pas avoir dressé de rapport, bien qu'on connaisse chaque année environ 32 000 cas d'enfants victimes de brutalités et qu'on soupçonne qu'il en existe dix fois plus.

Hanita Zimrin, la présidente d'Eli (une Association israélienne pour la prévention des actes de violence à l'encontre des enfants), a récemment affirmé que les cas de voies de fait physiques à l'encontre des enfants avaient augmenté de 84% depuis le début de la vague de violence palestinienne, il y a environ 16 mois. Elle a expliqué que la grave récession économique et le chômage qui en a résulté, ainsi que les tensions dues à la situation sécuritaire ont accru la violence envers les enfants. Les professions médicales doivent impérativement surveiller les signes d'outrages.

On espère que le nouveau projet conjoint adopté à l'initiative des dentistes et du ministère de la Santé changera ce triste état des choses. L'initiative, baptisée PANDA (Prevent Abuse and Neglect through Dental Awareness), a été mise au point, il y a sept ans, par un dentiste américain. Le mouvement fonctionne déjà dans 46 Etats des Etats-Unis ainsi qu'au Canada, en Roumanie, au Pérou et à Guam.

Le fondateur de l'organisation PANDA est le docteur Lynn Douglas Mouden qui a exercé pendant 16 ans à titre privé et huit ans en tant que maître de conférences à la faculté dentaire de l'Université du Missouri. Depuis 1994, le docteur Mouden, aujourd'hui directrice du bureau de santé buccale de l'Arkansas et porte- parole nationale de l'Association des dentistes d'Amérique, a donné plus de 250 conférences dans le monde sur la façon d'identifier la violence physique en observant la bouche et la tête d'un enfant.

L'orthodontiste Haïm Galon, ancien secrétaire de l'Association des dentistes d'Israël a assisté à l'une de ces conférences. « J'avais appris pour la première fois que les dentistes ont la possibilité de reconnaître les signes de violences exercées à l'encontre des jeunes patients en assistant à une conférence sur la dentisterie médico-légale lors d'un congrès organisé à Prague, il y a 16 ans. Je me suis vraiment intéressé au sujet. On nous a dit que, dans le monde, environ 65% des violences physiques à l'encontre des enfants apparaissaient sur la tête et le cou. » Ensuite, en 1994, le docteur Galon a participé à un congrès de l'Association des dentistes américains se tenant à la Nouvelle-Orléans où il a entendu une conférence du docteur Mouden. Ils ont discuté après la conférence et sont restés en contact. Dernièrement, le docteur Mouden a donné une conférence sur le campus de Guivat Ram à l'Université hébraïque devant 120 dentistes, chirurgiens, hygiénistes dentaires, fonctionnaires et travailleurs sociaux.

Le docteur Shlomo Zusman qui dirige la section dentaire du ministère de la Santé coordonne les adhésions à PANDA-Israël et fournit l'information sur l'association. Il explique qu'avec ses collègues il uvre non seulement pour intensifier la prise de conscience du problème, mais également pour introduire le sujet dans le programme des deux facultés dentaires, à Jérusalem et à Tel Aviv. « J'exerce la profession de dentiste depuis de nombreuses années, mais je reconnais n'avoir jamais détecté d'enfants victimes de violences. Je suis sûr qu'il y en a eu, mais je n'avais pas été formé pour les repérer », explique-t-il. Nirit Pessah, la directrice des services sociaux et de la santé générale au ministère, ajoute que PANDA-Israël conseille les dentistes sur les personnes à consulter avant de déposer une plainte. Les dentistes peuvent non seulement ne pas être conscients des signes cliniques de brutalités, explique-t-elle, mais en outre, ils risquent de trouver gênant d'alerter les autorités pour des cas de violences exercées par les parents de leurs patients privés.

PANDA a réalisé une vidéo de 30 minutes présentant des exemples de voies de fait à l'encontre d'enfants. Le plus souvent, les blessures sont infligées par un instrument, un ustensile de cuisine, les mains, les doigts, des liquides brûlants ou des substances caustiques. La violence peut aboutir à des contusions ou des lacérations de la langue, de l'intérieur de la joue, du palais ou d'autres parties de la bouche ; dents brisées, déplacées, décolorées ou manquantes ; fractures de l'os facial ou de la mâchoire ; brûlures, etc. En outre, des signes de gonorrhée ou de syphilis dans la bouche peuvent révéler des abus sexuels.

Des dents négligées peuvent constituer un signe de violence physique, ajoute le docteur Galon. « Si un enfant a une kyrielle de cavités, de caries infectées et souffre, il peut s'agir de négligence. Les soins dentaires ne sont pas inclus dans le panier des services de santé, mais même si les parents ne peuvent payer des soins dentaires à leurs enfants, il existe un certain nombre de cliniques dentaires gratuites et de programmes spéciaux pour les nécessiteux. On peut éviter, avant qu'il ne soit trop tard, que des enfants qui ont subi des violences par le passé, souffrent d'autres maux à l'avenir. C'est parfois une question de vie ou de mort. »

 
E-mail to a friend
Print the article
Add to my bookmarks
Also available in
  English
  Spanish
   
 
   
 
     Hebrew     
 
Copyright ©2004 The State of Israel. All rights reserved   Terms of use   Use of cookies