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ARIEL - Revue israélienne des arts et des lettres - 102
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SOMMAIRE |
LE ROI DAVID |
MONTEFIORE |
ART FOLKLORIQUE |
EGLISE ETHIOPIENNE |
MAYOR |
LLOSA |
OZ |
AMICHAI |
ZACH |
BEN-YEHUDA |
LOTAN |
SYNDROME DE JERUSALEM |
ENFANTS PEIGNENT JERUSALEM
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Péan à Sion Natan Zach
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Au ciel (entre parenthèses) nulle étoile (fermez les
guillemets).
Je ne t'ai pas chanté, Jérusalem, trop de papillotes,
non que j'aie quoi que ce soit contre la religion,
mais la mienne est différente,
qui chante au lieu de prier.
Trop d'hôtels et pas assez de ville
la pierre des murs suinte ici sa lividité.
Dire qu'on te nomme Cité d'or
mais l'or local manque de carats,
coucher bimillénaire,
nuage en saroual, antiquailleries.
Rien d'étonnant qu'on vienne mourir et non vivre ici.
Ils ont bloqué chaque mont, chaque colline,
avec leurs Ramot-Shmamot et autres Pisgot.
La vallée de la Croix, ô prodige !
est montée des abîmes (miracle-maison)
et le mont Scopus, lui, s'est enfoncé
grâce au talent d'un brillant architecte.
Comment te chanterai-je mes péans
sans harpe - d'ailleurs j'ai laissé mes cordes
à Tel-Aviv et à Haïfa face à la baie.
Sur la colline aux Echos,
pas de péan audible mais des coups visibles
pleuvant ici et là du ciel -
il faut dire que nul n'a encore
forgé son épée en soc de charrue.
Yeshivot, minarets, clochers n'aideront nullement
les belliqueux et les démunis.
Certes j'ai appris ici dans les années 50
à aimer ta beauté si peu terrestre, Sion,
mais moi j'ai atteint les 60,
pas l'ère mais la décennie,
et tu as un Yad Vashem et une Grande Synagogue
mais nulle trace de ce qui fut et peut-être
subsiste ici et là,
et qu'en touriste je ne trouve plus aujourd'hui.
Gît donc en paix, ô Sion, sur ta couche,
et souviens-toi que mon copain Amichai,
lui au moins, t'adore ;
et souviens-toi aussi de ceci, ô cité-mère :
nul coeur n'est plus brisé qu'un coeur plein.
Traduit par Colette Salem
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