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Le Pays de la Promesse: L'alliance d'Abraham - La promesse divine

1 Mar 2005

 

INTRODUCTIONL'ALLIANCE D'ABRAHAM - LA PROMESSE DIVINELES TENEBRES DE L'EXIL | LE RETOUR A SIONLE RETOUR | L'ETAT D'ISRAEL
 
     
L'alliance d'Abraham - La promesse divine
 
 

Duby Tal et Moni Haramati / Albatross
 

Abraham, le père d'Israël, fut le premier à diffuser l'idée du monothéisme - la croyance en un Dieu unique. Dieu lui ordonna de quitter son lieu de naissance pour se rendre ... au pays que je t'indiquerai.
(Genèse XII, 1)
Ce lien entre le peuple d'Israël et sa terre fut réaffirmé aux générations suivantes, à son fils Isaac et à son petit-fils Jacob: Le pays que j'ai accordé à Abraham et Isaac, je te l'accorde, et à ta postérité après toi.
(Genèse XXXV, 12)

La migration d'Abraham dans le Pays d'Israël fut le début d'un long périple que le peuple d'Israël effectua avant de s'installer finalement sur sa terre. Ce voyage comporta un long et pénible exil en Egypte, suivi d'un exode miraculeux, pour culminer avec le don de la Torah (Loi divine). Par la suite, les Hébreux s'installèrent dans le Pays d'Israël où David devint roi ; son fils, le roi Salomon, y établit un puissant royaume et fit construire le Premier Temple. Le périple se poursuivit avec l'exil en Babylonie, le retour et l'édification du Deuxième Temple - dont la destruction allait marquer le début de l'exil le plus long et le plus amer. Au cours des 2 000 années suivantes, le peuple juif subit de terribles persécutions avant de pouvoir finalement revenir chez lui et créer l'Etat d'Israël.

vers les XVIIe-XVIe siècles av. Abraham, Isaac, et Jacob s'installent dans le Pays d'Israël ; la famine contraint les Hébreux à émigrer en Egypte
vers le XIIIe siècle av. Exode d'Egypte ; 
Les Dix commandements et le don de la Torah au Sinaï ;
Les Hébreux entrent en Terre promise
1020 av. Saül devient le premier roi d'Israël
1000 av. Le roi David fait de Jérusalem la capitale de son royaume
960 av. Construction du Premier Temple par le roi Salomon
586 av. Les Babyloniens détruisent le Premier Temple et Jérusalem; la plupart des Hébreux son exilés en Babylonie
538-515 av. De nombreux Hébreux retournent dans le pays ;
Construction du Deuxième Temple
70 Destruction du Deuxième Temple et Jérusalem par les Romains ; exil des juifs


 
 

 


Caveau de Makhpélah, Hébron
Office de presse du Gouvernement / M.Milner
 
 

Ministre des Affaires Etrangères
 
 

S. Shefi
 

S. Shefi


Office de presse du Gouvernement / D.Horowitz
 
 

Fragments d'une grande stèle gravée en ancien araméen, vers le IXe siècle avant l'ère chrétienne. Découverte par des archéologues à l'emplacement de la ville biblique de Dan (dans le nord d'Israël), cette stèle contient le texte non biblique le plus ancien mentionnant la Maison de David.
Avec l'autorisation de l'Hebrew Union College
 
 
 

Grenade en ivoire de la taille d'un pouce - lié au Premier Temple de Jérusalem.
Musée Israël, Jérusalem
 
 

Reconstruction de la maison d'Ahiel, demeure israélite typique de l'époque de Salomon.
Avec l'autorisation de Yad Itzhak
Ben-Zvi

 

De l'Egypte au Pays d'Israël

InAu cours d'une terrible et interminable famine, Dieu ordonna à Jacob de quitter le Pays pour se rendre en Egypte avec sa famille. Il y vécut pendant dix-sept années, mais sa nostalgie du retour ne s'atténua pas un instant. Avant sa mort, il rassembla ses fils pour leur donner sa bénédiction. Il leur enjoignit alors de rapporter son corps dans le Pays et de l'enterrer au Caveau de Makhpélah qu'Abraham avait acquis et où ... furent enterrés Abraham et Sarah son épouse ; là furent enterrés Isaac et Rébecca son épouse et là j'ai enterré Léa (Genèse XLIX, 31).

Pendant de nombreuses années, Joseph, le fils de Jacob, fut le vice-roi de l'Egypte. En dépit de son rang, il aspira lui aussi à revenir en Terre promise et, avant de mourir, demanda instamment à y être enterré : Joseph dit à ses frères : « Je vais mourir. Sachez que Dieu vous visitera, et vous ramènera de ce pays dans celui qu'il a promis par serment à Abraham, à Isaac et à Jacob. » Et Joseph adjura les enfants d'Israël en disant : « Oui, Dieu vous visitera et alors vous emporterez mes ossements de ce pays » (Genèse L, 24-25).

La mort de Joseph fut suivie par une longue période d'esclavage des Enfants d'Israël par les Egyptiens. Après avoir enduré des siècles de souffrances, le peuple implora sa délivrance. Dieu envoya Moïse pour qu'il organise leur exode d'Egypte et les ramène chez eux : Donc, parle ainsi aux Enfants d'Israël : Je suis l'Eternel ! Je veux vous soustraire aux tribulations de l'Egypte et vous délivrer de sa servitude... Je vous introduirai dans le pays que j'ai solennellement promis à Abraham,
à Isaac et à Jacob ; je vous le donnerai comme possession héréditaire.
(Exode VI, 6-8).

Après un exode miraculeux, Moïse conduisit son peuple à travers le désert et le prépara à recevoir la Torah - fondement des lois et de l'histoire dans le judaïsme - sur le mont Sinaï. Cet événement revêtit une importance considérable non seulement pour le peuple hébreu, mais pour le reste du monde. Ce fut la proclamation d'un nouvel avenir pour l’humanité, fondé sur l'acceptation du monothéisme.

Après un séjour de 40 ans dans le désert, les Enfants d'Israël arrivèrent dans le Pays en tant que nation, comme Dieu le leur avait promis plusieurs siècles auparavant. Sous la direction de Josué, ils se préparèrent à traverser le Jourdain. Les flots bouillonnants semblaient rendre le passage impossible, mais, au commandement de Dieu, Josué ordonna aux prêtres (qui transportaient le Tabernacle contenant les Dix commandements) de pénétrer dans le Jourdain, puis de s'arrêter. Tandis qu'ils marchaient dans le fleuve, les eaux se séparèrent : l'eau coulant du nord vers l'aval s'arrêta, permettant au peuple de traverser, tandis que l'eau du côté sud continuait à couler. Au moment où la dernière personne parvenait de l'autre côté ... les eaux du Jourdain reprirent leur niveau et recommencèrent à couler comme précédemment, à pleins bords (Josué IV, 18). Ainsi, les Enfants d'Israël purent enfin profiter de leur droit à vivre dans le pays qu'ils chérissaient, que Dieu leur avait promis.

L'amour ressenti par le peuple juif pour le Pays d'Israël s'est manifesté au cours des siècle. Le Talmud rapporte que Rabbi Zeira (vers l'année 300 de l'ère chrétienne) quitta sa maison en Babylonie - grand centre d'études juives à l'époque - pour s'installer dans le Pays d'Israël. Lorsqu'il arriva sur les rives du Jourdain, aucune embarcation n'était en vue pour lui faire franchir le fleuve. Il s'empara de la corde du bac tendue dans l'eau et se hissa sur l'autre rive. Un passant lui demanda pourquoi il était pressé au point de ne pouvoir attendre le bac. Rabbi Zeira répondit : « Qui sait si je suis digne de pénétrer dans le pays que Moïse et Aaron n’ont pas pu atteindre ? Si je ne saisis pas la première occasion, peut-être n'en aurai-je pas d'autre. »
(Talmud, Ketoubot 112 a)


David, Salomon et la construction du Premier Temple

Quatre siècles passèrent. Après la mort de Saül, leur premier roi, David, le jeune héros qui, contre toute attente, avait vaincu l'imposant Goliath, devint roi. David gagna bientôt la réputation d'un guerrier courageux, mais il était aussi un homme doux et rempli de sainteté, qui reçut le don de prophétie. Il est l'auteur du Livre des Psaumes, inspiré par l'amour de Dieu qui l'embrasait.

Durant les premières années de son règne, David fit de Jérusalem la capitale de son royaume (vers l'an 1000 avant l'ère chrétienne) - le centre spirituel et politique du peuple d'Israël. Bien que David désirât ardemment construire le Temple de sainteté, Dieu lui déclara que ce mérite reviendrait à son fils. David procéda néanmoins à tous les préparatifs de la construction afin de pouvoir au moins participer à cette entreprise. Il acquit d'abord le site du Temple : Et Aravna dit : « Pourquoi le roi mon maître vient-il chez son serviteur ? » David répondit : « Pour acheter ton aire et y bâtir un autel au Seigneur » (II Samuel XXIV, 21-22).

Puis il entreprit d'autres préparatifs : David ordonna... d'extraire des pierres de taille en vue de la construction du Temple de Dieu. David prépara, en outre, du fer en quantité pour les clous, les battants des portes et pour les crampons, et une telle provision de cuivre qu'on ne pouvait le peser, ainsi que des cèdres sans nombre... Car David se disait : « ... la maison qu'il s'agit d'ériger pour l'Eternel doit s'élever majestueusement pour devenir un objet de gloire et d'honneur dans tous les pays ; je veux donc tout préparer pour lui. » Aussi David, avant de mourir, fit-il de grands préparatifs (I Chroniques XXII, 2-5).

Après la mort de David, son fils Salomon monta sur le trône. Le roi Salomon eut recours à son immense sagesse pour gouverner son peuple dans le bien et dans la justice, ainsi que pour conseiller les autres nations : Dieu avait donné à Salomon un très haut degré de sagesse et d'intelligence... Il était le plus sage des hommes... sa renommée s'étendit chez tous les peuples voisins... on venait de partout pour se rendre compte de la sagesse de Salomon... La reine de Saba, ... fut transportée d'admiration (I Rois V, 9-14 ; X, 1-5). Le roi Salomon est considéré par la tradition comme l'auteur de trois livres bibliques d'inspiration divine : les Proverbes, l'Ecclésiaste et le Cantique des Cantiques.

Le roi Salomon suivit la voie de son père David et développa son royaume, tant sur le plan politique que sur le plan économique. Grâce à son amour de la paix et à son immense sagesse, Salomon fut considéré comme digne de construire le Temple, siège de la Présence divine dans le Pays d'Israël. Son inauguration fut l'occasion d'une grande celebration publique. Le Temple devint le centre spirituel de la nation durant les quatre siècles suivants, conformément à la prophétie d'Ezéchiel : Vous demeurerez dans le pays que j'ai donné à vos pères, vous serez pour moi un peuple, et moi, je serai pour vous un Dieu (Ezéchiel XXXVI, 28).

 
 

Musée Israël, Jérusalem
 
Que l'Eternel te bénisse et te protège !
Que l'Eternel fasse rayonner sa face sur toi et te soit bienveillant !
Que l'Eternel dirige son regard vers toi et t'accorde la paix !

(Nombres VI, 24-26)

L'un des deux petits rouleaux en argent datant de la fin du règne de Salomon (vers le VIIe siècle av.) sur lequel est gravée la bénédiction sacerdotale biblique.


Destruction et exil

En 597 avant l'ère chrétienne, Nabuchodonosor, roi de Babylonie, dirigea ses armées dans le Pays d'Israël. Il pilla le trésor du Temple et le palais royal, envoyant les dépouilles, et quelque 10 000 captifs - dont des sages, des princes et des guerriers - en Babylonie. Ses soldats démolirent plusieurs villes avant de rentrer dans leur pays, laissant derrière eux une terre dépeuplée et ravagée comme l'avait prophétisé Jérémie, quelques années auparavant : L'Eternel dit... « Je réduirai Jérusalem en monceaux de ruines... et je réduirai les villes de Juda en solitudes inhabitées... Je les disperserai parmi des peuples qui leur étaient inconnus à eux et à leurs ancêtres, et je déchaînerai contre eux le glaive jusqu'à leur anéantissement » (Jérémie IX, 10-15).

Quelque neuf ans plus tard, dans la neuvième année du règne de Sédécias, dernier roi de la dynastie de David, Nabuchodonosor revint. Le 10 du mois hébraïque de Tevet, il commença le siège des murailles entourant Jérusalem et attendit l'épuisement des maigres réserves de pain et d'eau de la ville. Au cours des trois années suivantes, la famine coûta la vie à plusieurs milliers d'habitants de Jérusalem. Sachant que leurs opposants n'avaient plus la force de combattre, les Babyloniens percèrent une brèche dans les murailles. Après quatre semaines de résistance de la part des combattants juifs, le commandant babylonien Nebuzaradan pénétra dans le Temple et massacra les prêtres, ainsi que ceux qui tentaient de les protéger. Le 9 Av (586 avant l'ère chrétienne), les Babyloniens rasèrent les murailles de la ville et incendièrent le Temple. Jérusalem fut réduite à des monceaux de ruines - comme Jérémie l'avait annoncé..

La plupart des habitants furent exilés en Babylonie ; seuls les plus pauvres furent laissés pour compte. Les Lévites, qui avaient été les choristes dans l'enceinte du Temple, épanchèrent leur âme dans des psaumes élégiaques : Sur les rives des fleuves de Babylone, là nous nous assîmes et nous pleurâmes au souvenir de Sion (Psaumes CXXXVII, 1). Accablés de chagrin, les habitants prêtèrent un serment solennel : Si je t'oublie jamais, Jérusalem, que ma droite me refuse son service ! Que ma langue s'attache à mon palais si je ne me souviens toujours de toi, si je ne place Jérusalem au sommet de toutes mes joies (Psaumes CXXXVII, 5-6).

Les exilés ne cessèrent jamais de languir leur patrie ancestrale. Chaque fois qu'ils se réunissaient pour prier, ils se tournaient vers Jérusalem. Ils instituèrent également, chaque année, quatre journées de deuil et de jeûne: la première, durant le mois de Tevet, le jour anniversaire du début du siège de Jérusalem ; la deuxième en Tammouz, lorsqu'une brèche fut pratiquée dans les murailles de la ville ; la troisième en Av, date de la destruction du Temple ; et la quatrième en Tishrei, lorsque fut assassiné Guédaliah ben Ahikham, nommé gouverneur de la communauté par Nebuzaradan, ce qui mit fin à l'autonomie juive.

Le plus important de ces jeûnes est celui de Tisha beAv (le neuvième jour du mois d'Av) devenu le principal jour de deuil du peuple juif. Cependant, les paroles du prophète Jérémie retentissaient à leurs oreilles : Voici ce que dit l'Eternel : « Quand Babylone sera au terme de soixante-dix ans pleinement révolus, je prendrai soin de vous et j'accomplirai en votre faveur ma bienveillante promesse de vous ramener en ces lieux » (Jérémie XXIX, 10).


L'exil babylonien

Les exilés ne cessèrent jamais de languir leur patrie ancestrale. Chaque fois qu'ils se réunissaient pour prier, ils se tournaient vers Jérusalem. Ils instituèrent également, chaque année, quatre journées de deuil et de jeûne: la première, durant le mois de Tevet, le jour anniversaire du début du siège de Jérusalem ; la deuxième en Tammouz, lorsqu'une brèche fut pratiquée dans les murailles de la ville ; la troisième en Av, date de la destruction du Temple ; et la quatrième en Tishrei, lorsque fut assassiné Guédaliah ben Ahikham, nommé gouverneur de la communauté par Nebuzaradan, ce qui mit fin à l'autonomie juive.

Le plus important de ces jeûnes est celui de Tisha beAv (le neuvième jour du mois d'Av) devenu le principal jour de deuil du peuple juif. Cependant, les paroles du prophète Jérémie retentissaient à leurs oreilles : Voici ce que dit l'Eternel : « Quand Babylone sera au terme de soixante-dix ans pleinement révolus, je prendrai soin de vous et j'accomplirai en votre faveur ma bienveillante promesse de vous ramener en ces lieux » (Jérémie XXIX, 10).


Le Deuxième Temple

 
 

Maquette du Deuxième Temple
Ministre des Affaires Etrangères

 

 


Fragments en plâtre datant de l'époque du Deuxième Temple, découverts dans la Vieille Ville de Jérusalem, sur lesquels est représentée une menorah (chandelier) à sept branches.
Société d'Exploration d'Israël

 

En 539 avant l'ère chrétienne, l'armée de Cyrus, roi de Perse, conquit la Babylonie. Conscient du lien instauré par Dieu entre le peuple et le Pays d'Israël, Cyrus publia une proclamation exhortant les exilés juifs à retourner dans leur patrie ancestrale et à reconstruire le Temple. Il enjoignit à ses sujets de subventionner les juifs pauvres afin qu'ils puissent rejoindre leurs frères et soeurs retournés dans leur pays ; il prit également les ustensiles sacrés pillés par les Babyloniens et les remit aux dirigeants des exilés qui repartaient.

La proclamation royale incita nombre de juifs à revenir dans le Pays, mais bien plus nombreux furent ceux qui décidèrent de rester en exil, tout en accordant un généreux soutien à ceux qui partaient. L'année suivante, les exilés de retour consacrèrent un autel sur le site du Temple et, avec l'autorisation du roi, posèrent la première pierre, collectèrent des fonds et commencèrent à reconstruire le Temple. En dépit de divers contretemps, le Deuxième Temple fut achevé durant la sixième année du règne de Darius (515 av.), beau-fils de Cyrus, et inauguré en grande pompe et dans la joie.

A l'époque du Deuxième Temple, on assista à un retour à l'observance religieuse et à l'étude de la Torah, encouragé par la constitution de la Knesset haguedolah (Grande assemblée de 120 membres), l'autorité religieuse suprême dans le Pays. En outre, les murailles de Jérusalem furent reconstruites et l'activité économique - commerce, agriculture et construction - s'intensifia ; les pèlerins purent à nouveau se rendre à Jérusalem pour les trois fêtes principales : Pessah (Pâque),
Shavouot (Pentecôte) et Soukkot (Tabernacles) : Je suis dans la joie quand on me dit : « Nous irons dans la maison de l'Eternel. » Nos pieds s'arrêtent dans tes portiques, ô Jérusalem... c'est là que montent les tribus en pèlerinage... pour célébrer le nom du Seigneur (Psaumes CXXII, 1-4).

Le retour dans la patrie n'entraîna cependant pas un recouvrement de souveraineté. L'époque du Deuxième Temple connut des luttes politiques et militaires pour l'indépendance qui, la plupart du temps, échappaient au peuple. Sauf durant le règne de la dynastie asmonéenne, pendant moins d'un siècle, le pays demeura sous domination étrangère, soumis successivement aux Perses, aux Lagides d'Egypte, aux Séleucides de Syrie et, pour finir, aux Romains.


Le long et amer exil

 
 

Massada, le dernier avant-poste juif vaincu par l'armée romaine en 73 de l'ère chrétienne
R. Nowitz

 

En 66 de l'ère chrétienne, l'empereur romain Néron envoya ses légions sous le commandement de Vespasien dans le Pays d'Israël où le peuple s'était révolté contre ses conquérants. Vespasien ravagea le pays et dévasta ses villes, massacrant la plupart des habitants et vendant en esclavage les survivants. Il se dirigea ensuite vers Jérusalem, dernier espoir et refuge du peuple. Après la mort de Néron, Vespasien retourna à Rome où il devint empereur, laissant son fils Titus commander les légions assiégeant Jérusalem.

Pendant un moment, le peuple combattit vaillamment et parvint à repousser les Romains qui tentaient d'entamer les murailles de la ville. La famine cependant devint rapidement une menace sérieuse pour sa survie. Le 17 Tammouz, les soldats de Titus réussirent à percer une brèche dans la muraille ; trois semaines plus tard, le 9 Av, Titus les conduisit dans l'enceinte du Temple et, en quelques heures, l'édifice fut englouti dans les flammes. Les habitants juifs de Jérusalem ne purent supporter le spectacle de leur Temple en flammes et plusieurs choisirent de sauter dans la fournaise ou de se jeter sur leurs propres épées. Les Romains massacrèrent la population, ne montrant aucune pitié pour les femmes, les enfants ou les vieillards. Ensuite, ils brûlèrent la ville tout entière.

A partir de ce jour, le peuple juif entreprit un long et pénible voyage vers l'exil qui dura près de deux mille ans - exil caractérisé par la misère, les persécutions et les accusations de crime rituel, aucun pays ne procurant un abri durable. Pourtant, tout au long de la diaspora, les générations de juifs n'oublièrent jamais Jérusalem. Trois fois par jour, ils se tournaient vers la ville sainte pour prier : Puissent nos yeux contempler votre retour à Sion. En même temps, une minorité demeura dans le Pays d'Israël, préservant l'étincelle juive dans l'antique patrie et attendant patiemment le retour des exilés.

 
 
Il est puissant,
Il construira bientôt Sa demeure.
Promptement, promptement, de nos jours, bientôt.
Construis-la Seigneur, construis-la Seigneur, construis sand tarder Ta demeure.
 
(Extrait de la Hagada de Pâque)
 

Après la destruction du Deuxième Temple, les survivants furent inconsolables. Leur profond deuil était visible dans l'ensemble du pays : Lorsque le Temple fut détruit pour la seconde fois, un grand nombre d'habitants en Israël devinrent des ascètes, s'engageant à ne pas manger de viande et à ne pas boire de vin. Rabbi Yochoua... leur dit : « Mes fils, pourquoi ne mangezvous pas de viande et ne buvez-vous pas de vin ? » Ils répondirent : « Mangerons-nous de la viande qui était apportée en offrande sur l'autel, maintenant que cet autel a disparu ? Boirons-nous du vin qui était versé en libation sur l'autel, mais ne l'est plus désormais ? » Rabbi Yochoua soutint que, par souci de cohérence, ils devraient aussi se priver de pain, de fruits et même d'eau, autant d'aliments qui étaient offerts au Temple.

« Mes fils, écoutez-moi, dit-il. Il est impossible de ne pas du tout porter le deuil, parce que le malheur est arrivé. Il est tout aussi impossible de trop porter le deuil, parce qu'il est interdit d'imposer à la communauté une épreuve que la majorité ne peut endurer. » Les sages ont alors décrété qu'il fallait conserver un souvenir de la destruction du Temple à chaque événement et pour toute activité qui sont une cause de joie. Lorsque qu'un juif construit une maison, il s'abstient de peindre un pan de mur d'environ 30 cm sur 30, en face de l'entrée, afin que sa joie dans son foyer ne soit pas complète et que quiconque pénètre chez lui se souvienne de la destruction. Il existe d'autres coutumes évoquant le Temple, par exemple, on dépose des cendres sur la tête d'un nouveau marié, en signe de deuil, le jour de sa plus grande joie, et il brise un verre sous le dais nuptial, en récitant : Si je t'oublie jamais, Jérusalem, que ma droite me refuse son service ! Que ma langue s'attache à mon palais si je ne me souviens toujours de toi, si je ne place Jérusalem au sommet de toutes mes joies (Psaumes CXXXVII, 5-6) - les paroles mêmes par lesquelles les exilés s’engagèrent à rester fidèles à Jérusalem, après la première destruction (Talmud de Babylone, traité Baba Batra 60 b).

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