Un tour d’horizon des lois afférant à l’enfance en Israël constitue un bon baromètre de l’attitude du pays envers les droits des enfants. Il n’est guère possible d’énumérer les centaines de lois adoptées par Israël dans ce domaine, mais certaines méritent d’être mentionnées.
La loi sur l’éducation obligatoire, 1949, stipule l’obligation et le droit du mineur à l’éducation (de l’âge de 5 ans à 16 ans). La loi sur l’âge du mariage, 1950, limite l’âge du mariage afin de protéger les mineurs contre une union imposée et empêcher le mariage d’enfants.
La loi sur le travail des jeunes, 1953, fut adoptée pour prévenir le travail des enfants et leur exploitation financière qui risquent de porter préjudice à leur santé, leur éducation ou leur développement normal. Cette loi est conforme à la Convention sur les droits de l’enfant et d’autres conventions plus précises de l’Organisation internationale pour l’emploi.
Les lois sur les témoignages - protection de l’enfance, 1955, constituent une législation progressiste, unique en son genre, même au regard des normes internationales. Adoptées pour réduire le traumatisme des enquêtes de police et des témoignages devant un tribunal, cette loi permet à l’enquêteur (pas un policier) de témoigner à la place du mineur. En outre, sa capacité à témoigner devant un tribunal sera déterminée en fonction des intérêts de l’enfant et pas exclusivement en fonction de l’intérêt de l’enquête.
Outre la législation mentionnée ci-dessus, dans les années 1950, Israël a également codifié ses engagements envers l’enfance qu’il s’agisse des allocations familiales, des allocations de maternité ou des subventions à la naissance. Depuis 1959, les familles reçoivent des allocations familiales mensuelles en fonction du nombre d’enfants.
La loi sur le traitement et la protection de la jeunesse, 1960, crée un mécanisme particulier de protection des mineurs par des tribunaux spéciaux et des préposés à la protection des enfants.
La loi sur le jugement, les sanctions et le traitement des jeunes, 1971, instaure un système de tribunaux distincts, des agents de probation et des centres de réinsertion destinés aux jeunes délinquants.
La loi sur la prévention des mauvais traitements infligés à des mineurs et à des personnes sans défense, 1989, rend obligatoire le signalement aux autorités de toute violence suspectée de la part d’un parent ou autre responsable. Cette loi aggrave également les peines prononcées à l’encontre d’un tuteur ou d’un membre de la famille coupable de mauvais traitement à l’égard d’un enfant.
En août 1991, l’Etat d’Israël est devenu le premier pays à ratifier la convention sur les droits de l’enfant. Quelques années plus tard, une commission publique constituée par le ministre de la Justice fut chargée d’examiner la conformité de la législation d’Israël à cette convention. Cette commission contribua à promouvoir les droits de l’enfant en Israël.
Ces dernières années, la législation israélienne a commencé à reconnaître que les enfants ont des droits et ne sont pas seulement des êtres faisant l’objet d’une protection. Par exemple, le droit d’un mineur à émettre son opinion et à participer aux débats qui affectent sa vie est stipulé dans un amendement à la loi sur le travail des jeunes, en matière de travail dans la publicité et de présentation de mode. Dans ce domaine, il est obligatoire de considérer la situation du mineur comme faisant partie intégrante de toute décision concernant son bien-être. De même, en vertu d’un amendement de 1995 à la loi sur le traitement et la protection de la jeunesse, les mineurs ont le droit de s’opposer à l’hospitalisation forcée pour maladie mentale et sont habilités à être représentés par un avocat.
Reconnaissant que la loi protège la dignité d’une personne qu’il s’agisse d’un adulte ou d’un mineur, la Loi fondamentale: Dignité et liberté de l’homme,1992, a également eu des répercussions importantes sur les droits des enfants. Tels qu’ils sont interprétés par Aharon Barak, le président de la Cour suprême israélienne, ces droits sont accordés aussi bien à un adulte qu’à un mineur2.
La loi sur les droits des élèves, 2000, stipule que «tout élève a le droit à ce que la discipline dans un établissement d’éducation soit appliquée dignement, notamment à ce qu’aucun châtiment corporel ou moyen dégradant ne soit utilisé à son encontre.»
Les enfants accusés ou suspectés d’avoir commis des délits sont eux aussi protégés par la législation. La loi interdit la publication et la divulgation des noms et de détails identifiant les mineurs accusés d’un délit ou d’un crime. Cette loi habilite également les mineurs arrêtés ou inculpés à bénéficier des services d’un avocat.
Les tribunaux assistent le législateur dans le domaine de la protection des droits des enfants et établissent parfois euxmêmes les normes de comportement souhaitables à l’égard des mineurs.