Par ailleurs, Israël s’est signalé par sa capacité à préserver son caractère démocratique sous le feu. Se trouvant placée de manière presque ininterrompue sous la contrainte, la crainte, les menaces continuelles et les actes de violence, la démocratie israélienne a évolué de façon à demeurer intacte dans des conditions quasiment impossibles. En dépit des agressions physiques et autres contre l’Etat, constituant une véritable remise en cause de sa nature démocratique, Israël a préservé les normes démocratiques les plus élevées. Ce succès s’explique par l’engagement de ses dirigeants et de ses citoyens à conserver un mode de vie démocratique et par leur attachement aux valeurs et aux idées qui caractérisent la vie dans une société démocratique.
L’indice mesure également la perception par les Israéliens de la constitution démocratique de l’Etat et la satisfaction qu’ils en retirent. Le fait que la dernière étude ait enregistré un déclin de la satisfaction dans ce domaine peut être interprété comme une indication positive du désir du public de lutter pour une démocratie plus développée et plus progressiste. A cet égard, le classement d’Israël en termes de satisfaction de l’opinion publique quant au fonctionnement de la démocratie est à peu près identique à celui de l’Espagne, de la Suède, de la Bulgarie et de la Pologne. La sensibilité accrue de la société israélienne aux aspects essentiels de la démocratie comme l’égalité et la justice sociale, les libertés individuelles, les droits de l’homme et la liberté d’expression, témoigne probablement d’un affinement de l’attitude israélienne, ce qui contribue à façonner la perception par la société du niveau de démocratie dans le pays. Cette tendance se révèle dans la vigilance et la sollicitude croissantes de l’opinion publique à propos du statut des minorités, notamment le secteur arabe et les éléments les plus faibles de la société. Les personnes interrogées ont exprimé davantage d’inquiétude que dans l’étude précédente, non seulement en ce qui concerne le statut de la minorité arabe, mais également à propos des disparités sociales et économiques entre les divers groupes et classes dans l’ensemble de la population.
Un sondage d’opinion a également été réalisé parmi les jeunes, en partie pour appréhender ce qu’on peut attendre de la prochaine génération. Fait encourageant, le sondage révèle que la jeunesse israélienne est plus satisfaite que la population adulte des institutions politiques de la nation et du fonctionnement de la démocratie en Israël. La jeune génération manifeste aussi un sens plus aigu des libertés et des tendances antidémocratiques,comme les restrictions imposées à la liberté d’expression. En conséquence, la démocratie peut être considérée de plus en plus comme un mode de vie essentiel et précieux pour Israël, qui sera vraisemblablement préservée à l’avenir.
Le professeur Asher Arian, un membre éminent de l’Institut de la démocratie israélienne de Jérusalem, est le directeur du projet sur la politique de sécurité nationale et l’opinion publique au Centre Jaffee d’études stratégiques de l’université de Tel Aviv. Il est professeur à la City University of New York Graduate Center et professeur de sciences politiques à l’université de Haïfa. Il est également l’auteur d’ouvrages sur la politique et la démocratie.
L’Institut de la démocratie israélienne est un institut de recherche indépendant, non affilié à un parti, créé en vue de renforcer les institutions démocratiques d’Israël et de façonner ses valeurs encore en formation..