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Immigrants originaires d’Ethiopie (Photo Office de presse du gouvernement / Nathan Alpert) |
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«L’Etat d’Israël sera ouvert à l’immigration juive et au rassemblement des exilés»
Les conceptions exposées dans la Déclaration d’indépendance constituent le fondement du caractère d’Israël, les principes qui gouvernent l’Etat et les libertés accordées à tous ses citoyens. La Déclaration explique clairement ses intentions de constituer le manifeste d’un Etat démocratique doté de toutes les libertés fondamentales permettant à ce type de gouvernement de prospérer. Ces points de vue ont été progressivement codifiés dans les Lois fondamentales dont la compilation annonce la constitution prévue par les rédacteurs de la Déclaration. Entre-temps, outre les Lois fondamentales, Israël a élaboré une série de normes juridiques et de politiques sociales destinées à mettre en application les principes exprimés dans sa Déclaration.
Après leur expulsion du Pays d’Israël, il y a environ 2000 ans, les juifs furent dispersés dans d’autres régions, principalement l’Europe, l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient. Bien que les juifs aient, par moments, prospéré dans les pays où ils résidaient, ils subirent aussi des périodes de graves discriminations, de pogroms et d’expulsions totales ou partielles. Le rêve de revenir dans leur patrie ancestrale et l’idée d’un «rassemblement des exilés» ultérieur furent cependant conservés intacts par la nation juive, au cours des siècles. Le mouvement sioniste, fondé à la fin du XIXe siècle, transforma cette aspiration en un objectif politique concret: la renaissance de la souveraineté juive; l’Etat d’Israël l’inséra dans sa loi, accordant la nationalité à tout juif désireux de s’installer dans le pays.
Au cours de la décennie qui suivit l’indépendance d’Israël, proclamée en 1948, environ 687 000 juifs, dont plus de 300 000 réfugiés des pays arabes, immigrèrent en Israël. Bon nombre étaient des rescapés de la Shoah des pays européens. Ils rejoignirent les vagues antérieures d’immigrants, composées principalement de Russes et de Polonais arrivés durant les premières décennies du siècle. Ces premiers immigrants avaient déjà posé les bases d’une infrastructure économique et sociale complète, développé l’agriculture, créé des kibboutzim et des moshavim (formes d’habitat rural communautaire et coopératif uniques en leur genre), et fourni la main-d’oeuvre qui construisit les logements et les routes du pays. Les immigrants d’Europe occidentale et centrale arrivés dans les années 1930, dotés d’une instruction, de savoir-faire et d’expérience, élevèrent le niveau de l’activité, améliorèrent les équipements urbains et ruraux et intensifièrent la vie culturelle de la population juive déjà installée.
Au cours des années,Israël a continué à recevoir des immigrants en nombres plus ou moins importants, venant des pays libres du monde occidental ainsi que de régions en détresse. Depuis 1989, plus d’un million d’immigrants originaires de l’ex-Union soviétique sont arrivés en Israël. Nombre d’entre eux exerçaient des professions libérales, étaient des scientifiques de renom et des artistes et musiciens appréciés dont les compétences et les talents contribuent considérablement à la vie économique, scientifique, universitaire et culturelle d’Israël.
Au cours des années 1980 et 1990, deux grands ponts aériens ont acheminé dans le pays l’ancienne communauté juive d’Ethiopie qui, pense-t-on, se trouvait là depuis l’époque du roi Salomon. L’Etat s’efforce de faciliter la transition de ces 50 000 immigrants passés d’un environnement rural africain à une société occidentale industrialisée. Au cours des années, Israël a créé des services et des organismes chargés de faciliter l’intégration des divers groupes d’immigrants dans la société israélienne. Alors que certains immigrants se sont aisément adaptés d’eux-mêmes au climat social et politique particulier d’Israël, d’autres dépendent encore de l’assistance sociale accordée par l’Etat. De nombreuses organisations privées bénévoles contribuent également à répondre aux besoins des diverses populations d’immigrants et des minorités. | |
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Célébration de la fête juive de Simhat Torah (Photo: Office de presse du gouvernement / Amos Ben Gershom) |
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Une famille juive célébrant la fête de la mimouna (Photo: Office de presse du gouvernement / Amos Ben Gershom) |
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«Il développera le pays au bénéfice de tous ses habitants»
Israël abrite une population extrêmement diversifiée, d’horizons ethniques, religieux, culturels et sociaux très nombreux. Sur les quelque 6,6 millions d’habitants, 77% sont des juifs, 19% sont des Arabes (principalement musulmans) et les 4% restants se composent de Druses, Circassiens et autres minorités non classées selon la religion. Contrairement à d’autres sociétés où les nouveaux immigrants sont intégrés dans un «melting-pot», un creuset culturel prédominant, Israël peut être décrit comme une mosaïque de groupes, chacun contribuant à sa propre identité culturelle, à l’ethnicité et au caractère linguistique de l’ensemble du tissu social. Les langues officielles d’Israël sont l’hébreu et l’arabe. L’anglais est très utilisé, et d’autres langues - notamment le russe, l’espagnol, le français, le yiddish et l’amharique - sont parlées par différents groupes ethniques et religieux qui représentent des pans importants de la société israélienne tout en maintenant leur propre contexte culturel.
Par suite de l’immigration en masse intervenue après la création de l’Etat et au cours des décennies qui suivirent, la structure sociale d’Israël s’est considérablement modifiée. Le regroupement social qui en résulta au sein des juifs, lesquels constituaient la majeure partie de la population, comprenait deux composantes principales: une majorité constituée de la communauté séfarade établie, des pionniers ashkénazes de longue date et des rescapés de la Shoah; et une minorité d’immigrants juifs venus des pays islamiques d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient.
Les deux groupes coexistèrent au début sans entretenir beaucoup de contacts sociaux et culturels. Contrairement à la majorité de la communauté séfarade, les juifs ashkénazes s’impliquèrent très tôt dans la vie publique et occupèrent nombre de postes de commande dans les ministères et institutions gouvernementales. Avec le temps, cependant, la population séfarade devint plus engagée politiquement et participa progressivement à la direction politique d’Israël. S’il demeure encore quelques disparités entre les deux groupes, les dénominateurs communs de la religion, de l’histoire juive et de la cohésion nationale ont, dans l’ensemble, réussi à surmonter les barrières entre les deux populations.
A ces tensions culturelles s’ajoutent celles qu’entraînèrent les divers mouvements du judaïsme, chaque mouvement demeurant ferme sur ses positions quant à sa propre pratique du judaïsme en tant que croyance religieuse et conviction nationale, notamment quant au rôle que doit jouer le judaïsme dans la configuration de l’Etat.
De même, la société juive en Israël est constituée de juifs observants et non observants, depuis les ultra-orthodoxes qui vivent en communautés séparées jusqu’à ceux qui se considèrent comme des laïcs. Cette distinction n'est cependant pas tranchée. De nombreux juifs, qui ne se considèrent pas comme orthodoxes suivent, à divers degrés, les lois et coutumes juives traditionnelles. Israël étant conçu comme un Etat juif, le Shabbat (samedi) et toutes les fêtes juives sont des jours fériés plus ou moins observés par l’ensemble de la population juive.
Alors que les juifs constituent la majorité de la population, environ 1,5 million de personnes, soit 23%de la population sont des non-juifs.
Bien que la majorité des non-juifs d’Israël soient définis collectivement comme des citoyens arabes, les non-juifs comprennent aussi un certain nombre de groupes principalement arabophones dotés chacun de caractéristiques distinctes. | |
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Jeunes filles bédouines devant un ordinateur distribué dans le cadre de l’opération «Un ordinateur pour chaque enfant» (Photo: Office de presse du gouvernement / Amos Ben Gershom) |
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Danseurs druses (Photo: Office de presse du gouvernement / Amos Ben Gershom) |
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Les Arabes musulmans, près d’un million de personnes, pour la plupart sunnites, résident dans leur majorité dans de petites villes et des villages, plus de la moitié d’entre eux dans le nord du pays. Les Arabes bédouins, également musulmans (leur nombre est estimé à quelque 170 000 personnes) appartiennent à une trentaine de tribus dont la majorité est dispersée sur une région étendue dans le sud du pays. Autrefois bergers nomades, les Bédouins passent actuellement d’une structure sociale tribale à une société sédentaire et entrent progressivement sur le marché du travail d’Israël.
Les Arabes chrétiens, au nombre d’environ 113 000, vivent principalement dans les régions urbaines. Bien que répartis en plusieurs cultes, ils appartiennent en majorité aux Eglises grecque catholique, grecque orthodoxe et catholique romaine.
Les Druses, quelque 106 000 arabophones vivant dans 22 villages du nord d’Israël, constituent une communauté culturelle, sociale et religieuse distincte. La religion druze n’est pas accessible aux étrangers, mais l’un des aspects connus de sa philosophie est la notion de taqiyya prônant la loyauté totale de ses adhérents au gouvernement du pays dans lequel ils résident.
Les Circassiens,au nombre d’environ 3 000, regroupés dans deux villages du nord du pays, sont des musulmans sunnites, bien qu’ils ne partagent ni l’origine arabe ni le contexte culturel de l’ensemble de la communauté islamique. Tout en préservant une identité ethnique distincte, ils participent à la vie économique et nationale d’Israël, sans s’assimiler ni à la société juive ni à la communauté musulmane.
La grande majorité de la population chrétienne en Israël est arabe, mais 23 000 de ses membres ne le sont pas; bon nombre sont arrivés en Israël avec des conjoints juifs au cours des vagues d’immigration des années 1980 et 1990, originaires principalement de l’ex-Union soviétique et d’Ethiopie. Quant aux Arabes chrétiens, leur profil démographique diffère de celui de la population musulmane et ressemble davantage à celui de la population juive. La majorité des chrétiens vit dans des régions urbaines et la communauté chrétienne se caractérise par un haut niveau d’éducation, notamment la jeune génération. La majorité des hommes ont un emploi et un tiers des femmes font partie de la main d’oeuvre civile, bon nombre à l’université,dans les professions libérales et les métiers techniques.
En dépit des différences, des disparités économiques et d’une vie politique souvent passionnée, la société israélienne s’avère équilibrée et stable. Le fait que les tensions socioéconomiques, et parfois politiques, entre les différents groupes, se maintiennent à un niveau moyen voire bas, s’explique probablement par les systèmes judiciaire et politique du pays qui maintiennent une stricte égalité juridique et civile dans le cadre d’un Etat démocratique. Le système de représentation proportionnelle des partis permet aux nombreux courants de la population d’être représentés dans les instances démocratiques d’Israël. | |
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«Il sera fondé sur les principes de liberté, de justice et de paix enseignés par les prophètes d’Israël; il assurera une complète égalité de droits sociaux et politiques à tous ses citoyens, sans distinction de croyance, de race ou de sexe.»
Tous les habitants bénéficient d’une législation sociale très développée. Israël a aussi produit des décisions de justice et l’une des législations les plus progressistes du monde occidental, incluant les droits des homosexuels et des lesbiennes, et la répression des pratiques discriminatoires et du harcèlement sexuel sur le lieu du travail. Les institutions et organismes d’Israël veillent à préserver la liberté d’expression de tous les citoyens.
De même, les médias d’Israël disposent d’une liberté absolue et fonctionnent comme une instance de surveillance du gouvernement. Israël compte également de nombreuses associations à but non lucratif et organisations non gouvernementales ayant pour vocation d’éviter les atteintes aux droits de l’homme. La promulgation de la Loi fondamentale Dignité et liberté de l’homme et l’interprétation qui en a été faite par les tribunaux, ont transformé plusieurs mesures sociales communément admises en une loi établie. | |
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Le Mur occidental, l’un des lieux juifs les plus saints, situé en contrebas du Dôme du Rocher, un lieu saint pour les musulmans (Photo: Ministère des Affaires étrangères) |
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La basilique du Saint-Sépulcre à Jérusalem(Photo: Ministère des Affaires étrangères) |
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«Il garantira la pleine liberté de conscience, de culte,d’éducation et de culture; il assurera la sauvegarde des lieux saints et des sanctuaires de toutes les religions»
Parmi les nombreuses libertés garanties par la Déclaration d’indépendance, la liberté de pratiquer sa propre religion et d’agir selon sa conscience constituent deux des fondements les plus précieux d’une démocratie. Ayant subi trop souvent l’intolérance des dirigeants des pays où il se trouvait, le peuple juif comprend, naturellement, l’importance de ces libertés individuelles.
La Déclaration d’indépendance proclame la liberté de religion pour tous les habitants de l’Etat. En conséquence, chaque communauté religieuse est libre, en vertu de la loi et dans les faits, de pratiquer sa religion, de célébrer ses fêtes, d’observer un jour de repos hebdomadaire et de gérer ses affaires intérieures. Chacune dispose de son propre conseil religieux et de ses tribunaux religieux, reconnus par la loi et par la justice, pour toutes les questions religieuses,et celles relatives au statut personnel comme le mariage et le divorce. Chacune possède ses propres lieux de culte, ses propres rituels traditionnels et ses caractéristiques architecturales particulières développées au cours des siècles.
La Cour suprême d’Israël décrit ainsi le droit à ces libertés: «Toute personne en Israël bénéficie de la liberté de conscience, de conviction, de religion et de culte. Cette liberté est garantie à toute personne dans un régime démocratique éclairé et, par conséquent, est garantie à chacun en Israël. C’est l’un des principes fondamentaux sur lesquels repose l’Etat d’Israël. Cette liberté se fonde en partie sur l’article 83 de l’ordonnance édictée par le Conseil de la Palestine en 1922, et est en partie l’un de ces droits fondamentaux «non écrit», mais provenant directement de la nature de notre Etat démocratique aspirant à la paix1.»
«En vertu des lois et conformément à la Déclaration d’indépendance, toute loi et tout pouvoir sera interprété comme reconnaissant la liberté de conscience, de conviction, de religion et de culte2.»
Israël protège la liberté des juifs comme des non-juifs d’adopter la pratique religieuse ou le culte de leur choix. De même, dans la plupart des cas, les institutions de l’Etat reconnaissent les préceptes religieux, comme l’interdiction de travailler les jours de repos, et n’obligent pas les juifs ou les non-juifs à enfreindre ces préceptes.
Chaque lieu saint et sanctuaire est administré par sa propre autorité religieuse, et la liberté d’accès et de culte est assurée par la loi. Par exemple, le Kotel, le Mur occidental, dernier vestige du mur de soutènement du Second Temple à Jérusalem, est géré par l’Etat d’Israël, alors que le Dôme du Rocher et la mosquée al-Aqsa situés sur le mont du Temple même, au-dessus du Kotel, sont placés sous l’autorité du Waqf jordanien. Les autorités chrétiennes administrent et entretiennent la Via Dolorosa, le Cénacle, le Saint-Sépulcre et d’autres églises, notamment la basilique de l’Annonciation à Nazareth. Les lieux saints et sanctuaires druses, bahaïs, samaritains et karaïtes, entre autres, sont également protégés. Israël ayant pour objectif déclaré de servir,en premier lieu,de patrie au peuple juif, le rôle que doit jouer la religion dans l’élaboration de la politique et des lois de l’Etat a fait l’objet de nombreux débats. En tant que démocratie, Israël est attaché à la défense des libertés fondamentales garanties par un tel système politique; en tant qu’Etat doté d’un patrimoine juif, il s’efforce de maintenir cette caractéristique unique en son genre en puisant profondément aux sources juives.
Bien qu’Israël ne reconnaisse pas une religion unique, il n’existe pas de nette séparation entre la religion et l’Etat. L’une des principales sources de friction dans la société israélienne réside dans la dissension entre les secteurs orthodoxes et laïcs en ce qui concerne l’imposition à tous les juifs des normes et restrictions religieuses, quel que soit leur niveau de pratique religieuse. Des sujets tels que les critères de définition du juif habilité à recevoir la nationalité en vertu de la loi du Retour, l’application exclusive de la loi religieuse en matière de statut personnel et le financement des écoles religieuses par des fonds publiques, ne sont que quelques exemples d’implications de la religion dans les affaires de l’Etat d’Israël.
Compte tenu de la nature particulière du système politique d’Israël, aucun parti n’a jamais obtenu une majorité de sièges à la Knesset, rendant ainsi obligatoire la constitution de gouvernements de coalition. En conséquence, les partis religieux posent pour condition à leur entrée au gouvernement toutes sortes de politiques ou de législations fondées sur la religion. Ce type d’intervention crée des tensions entre les secteurs laïcs et religieux de la société.
Le caractère apparemment dichotomique d’un Etat juif démocratique n’est dissipé que progressivement par l’interprétation des Lois fondamentales par les tribunaux, ainsi que par les demandes des partis politiques laïcs de modifier le statu quo accepté par Israël au cours des décennies écoulées sur les questions de la religion et de l’Etat.
1. Juge Landau en H.C.243/62 Filming Studios in Israel Ltd. V. Guery et al., 16 P. D. 2407. 2. Juge Zamir en H.C.7128/96, Mouvement des fidèles du mont du Temple et al. contre Gouvernement d’Israël et al., 97(1) Takdin-Elyon 480.
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